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1130 médecins, infirmières, urgentistes, aides-soignants en colère contre la politique de restriction en France – Comité des familles

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1130 médecins, infirmières, urgentistes, aides-soignants en colère contre la politique de restriction en France

1130 médecins, infirmières, urgentistes, aides-soignants en colère contre la politique de restriction en France

doctor-563428_1920.jpg1130 médecins, infirmières, urgentistes, aides-soignants en colère contre la politique de restriction en France

Sandra : Au feu les pompiers, y’a l’hôpital qui brûle ! Vous trouvez que j’exagère ? Mohamed, te souviens-tu de Cyrille VENET, un des médecins signataires de la lettre ouverte envoyée à la ministre de la Santé pour dénoncer les conditions difficiles de travail dans le milieu hospitalier public, qui avait participé par téléphone à l’émission Vivre avec le VIH.

Mohamed : Oui, je me souviens.

Sandra : Christian, tu étais là aussi.

Christian : Oui, tout à fait.

Sandra : Je l’ai rencontré samedi 17 février à Paris, au Sénat. Avec d’autres professionnels de la santé, ils avaient conviés la presse à leur réunion. Je vous propose d’écouter Cyrille Venet et Christophe Prudhomme, et on réagit après.

Début de l’enregistrement.

Cyrille Venet : Bonjour à tous, je suis le docteur Venet, anesthésiste en Isère. Je m’exprime au nom des 1130 signataires maintenant de cette lettre ouverte qui commence à être bien connue à Madame la ministère de la santé. Nous sommes réunis dans ce lieu symbolique qui est le palais du Luxembourg pendant 2 heures afin de discuter de la suite à donner à notre initiative de la lettre ouverte puisque nous n’avons depuis 5 mois pas été reçu. Cette lettre date du 18 septembre. Les annonces qui ont été faites récemment par monsieur Le Premier ministre ne répondent pas du tout, bien au contraire, à nos préoccupations. Au contraire, nous avons discuté aujourd’hui que nous voyons des risques d’aggravation de la situation dans ce qui est proposé. Nous sommes dans une politique de restriction complète. A l’heure où le ministère prétend vouloir débattre nous ne comprenons pas que nous ne soyons pas reçus. Nous exigeons de l’être. Nous allons continuer de l’exiger, d’amplifier nos signatures de médecins et s’il le faut, nous irons directement devant le ministère, en délégation ou en manifestation selon comment les choses vont se dérouler.

Ce que nous réclamons, c’est l’arrêt de ce qui est en cours. L’arrêt des fermetures de lits. Nous demandons un moratoire sur les réformes en cours puisque contrairement à ce qui est, un effet de communication, de dire que nous allons vers une modification, un changement. Nous avons analysé qu’il s’agissait d’une continuation complète de ce que nous connaissons déjà et que le rouleau compresseur continue d’avancer sans dévier de sa route. L’hôpital fait encore son travail. Il est certainement dans une position extrêmement inquiétante qui nécessite d’arrêter ce qui est en cours. Il s’agit d’ouvrir la discussion. Comment la ministre fait pour ne pas nous recevoir ?

Christophe Prudhomme : On a 120 000 lits fermés en 20 ans et si on manque de lits aujourd’hui, c’est parce qu’on a fermé 120 000 lits en 20 ans. Aujourd’hui, ce qui a été dit tout à l’heure, c’est qu’effectivement, on a des patients qui attendent sur des brancards, en particulier des personnes âgées qui viennent des EHPAD parce qu’il n’y a pas suffisamment de personnel dans les EHPAD en particulier, les infirmières et les médecins pour prescrire et pour que les personnes puissent rester dans leur lit, dans les EHPAD et ne pas venir sur des brancards aux urgences. Et aujourd’hui, c’est quotidiennement qu’environ 200 à 300 personnes âgées dorment sur brancards dans les services d’urgence en France. C’est clair, c’est toutes les nuits. Ce que nous a annoncé Le Premier ministre et la ministre c’est qu’effectivement, comme le disait Cyrille, ce qui est en cours à l’heure actuelle va se poursuivre. On va continuer à fermer des lits, continuer à fermer des services d’urgence et les hôpitaux de proximité et on va continuer à nous demander de faire des plans d’économies. Nous, ce que nous disons aujourd’hui, vous voyez, on ne demande pas la lune, on demande un moratoire. On arrête de fermer des lits, on arrête les plans d’économies, on se met autour de la table avec ceux qui a priori sont les mieux à même de dire ce dont ils ont besoin, les personnels hospitaliers, et parmi les personnels hospitaliers, ce qui est nouveau dans le mouvement, c’est qu’il y a des médecins. Des médecins qui sont nombreux. On en représente aujourd’hui 1200. Il y a un certain nombre de responsables, chef de pôle, président de CME qui ont démissionné. On n’a pas le chiffre mais on avait l’exemple de l’hôpital de Blois, il y a d’autres exemples. Le système est en train de craquer de partout. Donc il y a un manque de dialogue social et on est étranglé financièrement et on a un management qui est issu de l’entreprise qui nous tue, qui tue les collègues avec la multiplication des suicides. Il n’y a pas que les médecins, il y a les infirmières, il y a les internes, les aides-soignants. Donc la situation aujourd’hui psychologiques du personnel de santé, c’est la colère et la souffrance. Vous savez que, quand on est obligé nous-même, on est là pour soulager la souffrance de nos patients et on souffre nous-même. C’est impossible. Il y a eu hier une réunion de l’association Jean Louis Mégnien, ce professeur de médecine qui s’est suicidé à l’hôpital George Pompidou, c’est assez emblématique. Il y a de multiples réunions, multiples mobilisations aujourd’hui. Ce qui est nouveau, c’est qu’il y a des médecins en nombre. Il y a des professeurs mais il y a aussi, et ça, c’est tout à fait nouveau, nous, on s’appelle les médecins de base. On est sur le terrain au quotidien. Pour la première fois, on relève la tête, on a peu de responsabilité dans l’institution. Mais aujourd’hui, on veut être entendu parce qu’on veut avoir les moyens de travailler correctement pour soigner correctement nos patients qui aujourd’hui, on le voit bien, vous savez, ce que vous avez relaté dans la presse récemment, cette dame de 88 ans qu’on a mis dehors des urgences de St Malo sans chaussure, c’est inadmissible ! Inadmissible ! Inhumain et inadmissible. Et ça, on ne veut pas que ça se reproduise. Hors, c’est le quotidien de nombreux hôpitaux.

Sandra : Vous avez parlé d’un rassemblement au ministère de la santé, vous lui donnez combien de temps pour vous répondre ?

Cyrille Venet : Je n’ai pas fixé d’ultimatum mais c’est dans les jours ou le semaines qui viennent.

Fin de l’enregistrement.

Sandra : Cyrille Venet et Christophe Prudhomme au micro de l’émission Vivre avec le VIH. J’ai eu le plaisir de les voir samedi 17 février à Paris au Sénat. Là, l’émission, on l’a diffuse au mois de mars, peut-être qu’il y a du nouveau. Donc tant mieux si Agnès Buzyn a répondu mais en tout cas, voilà ce qu’il en était fin février. Ca fait depuis septembre que cette pétition a vu le jour et toujours pas de réponse. Qu’en pensez-vous dans l’équipe ? Vous pouvez tous réagir, Mohamed, Christian, Laurent David, vous avez la parole.

Mohamed : Moi, je sais que c’est un malaise qui est assez profond. Quand on voit comme ça que le personnel soignant est débordé, qu’il y a un malaise chez les urgentistes et chez les médecins. J’espère que prochainement, la situation va s’améliorer, si la ministre le veut bien. J’espère qu’elle va comprendre et faire un geste humanitaire dans ce sens.

Sandra : Est-ce que vous avez eu l’occasion d’aller récemment à l’hôpital et de constater qu’il y a des dégradations au niveau de l’offre de santé en France ?

Mohamed : Sur certains secteurs de province, je sais qu’ils ont quand même des problèmes. En région parisienne, moins. Mais en province, ils ont de gros problèmes, surtout aux urgences. De mettre une femme, comme ils disent, à la rue, sans pantoufle, ça doit être monnaie courante.

Laurent David : Je pense qu’il y a un certain déni de cette souffrance du personnel. Je pense que le gouvernement ferme un peu les yeux là-dessus parce qu’ils sont très embarrassants. Ca va quand même jusqu’au suicide. On entend dans la voix des intervenants quand même une grande inquiétude parce que je pense qu’il y a des perspectives politiques qui ne sont pas entendables. On préfère fermer les yeux et faire comme si tout allait bien en quelques sortes. Mais bon, j’espère que ça va avancer. Ca fait des années que c’est comme ça. Je pense qu’effectivement comme ça une volonté de faire des économies mais avec moins de personnes, tout en assurant une prise en charge des patients optimale, je ne sais pas comment on peut faire avec ça. S’il y a moins de personnes, moins de moyens, ce n’est pas possible. Donc là, bon.

Sandra : C’est une impasse.

Laurent David : Oui.

Christian : C’est une situation vraiment, alambiquée, des situations comme ça, on les vit en Afrique. On les vit franchement en Afrique. En Afrique, le suivi médical n’est pas très bien. Tu arrives aux urgences, on te balance, on ne s’occupe pas de toi. On est quand même en Europe, en France, dans un pays respectif. Il faut que ça change vraiment. Je souhaite que ça change immédiatement. Quand les médecins, les infirmiers, les aides-soignants et compagnies sont mal dans leur peau, comment peuvent-ils s’occuper des brebis et des autres ? Ca veut dire que ça va continuer de mal en pis. Je souhaite que l’Etat prenne la chose, à moins que ce ne soit pas vu comme un sabotage, comme un sabotage, un véritable boycott et que nous autres patients on continue à subir.

Sandra : Dans la prochaine émission, on écoutera le docteur Abdel El Harry qui vit en Guadeloupe et qui travaille à l’hôpital de Point-à-Pitre. Là aussi, ça ne va pas du tout, surtout que le CHU de Point-à-Pitre a brûlé dernièrement. Je vous laisse imaginer dans quelles conditions ils travaillent, c’est vraiment catastrophique. Malheureusement, là aussi, la ministre fait la sourde-oreille, je suis obligée de le dire. N’hésitez pas à réagir sur le site comitedesfamilles.net. Je mets en ligne la pétition, si jamais vous connaissez des médecins qui n’ont pas encore signé. Ce qui est vraiment unique c’est que c’est toute la communauté, les médecins, les aides-soignants, c’est tout le monde qui a signé cette pétition. C’est vraiment ensemble qu’ils veulent porter leur voix. J’espère que, d’ici là, la ministre aura quand même pris le temps de les recevoir. Comme il dit, ce n’est pas énorme ce qu’ils demandent, une discussion. On arrête les fermetures de lits et on discute. Un moratoire. Ce n’est pas quelque chose d’extraordinaire. Christophe Prudhomme m’a dit sans doute que la ministre a peur. Agnès Buzyn, dites-nous, qu’est-ce qui se passe ?

Transcription : Sandra JEAN-PIERRE

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