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John, 67 ans : «Faites attention parce que la vie sans le VIH est beaucoup moins compliquée que la vie avec avec» – Comité des familles

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John, 67 ans : «Faites attention parce que la vie sans le VIH est beaucoup moins compliquée que la vie avec avec»

John, 67 ans : «Faites attention parce que la vie sans le VIH est beaucoup moins compliquée que la vie avec avec»

choice-2692466_1280.jpgJohn : « Faites attention parce que la vie sans le VIH est beaucoup moins compliquée que la vie avec avec »

Sandra : De retour à l’émission Vivre avec le VIH, vous êtes avec Mohamed et moi-même. Là maintenant nous allons écouter deux témoignages. Celui de John et de Yann. Ils ont témoigné tous les deux face à des lycéens à Enghien-les-Bains. La semaine dernière, on avait déjà écouté le témoignage de Gustave. On avait aussi écouté les réponses qu’ils avaient données aux élèves. Certains demandaient, pendant un rapport sexuel, quand on met le préservatif, est-ce que c’est différent ou pas ? Est-ce qu’on perd les sensations ? D’autres demandaient mais qu’elles sont finalement les risques de transmission ? Comment ça se fait qu’on devient séropositif ? C’est quoi la différence entre VIH et Sida. Plein de questions, par des lycéens, donc ils ont entre 17 et 18 ans. Il y a encore beaucoup de travail à faire côté prévention. Il est vraiment nécessaire que des personnes comme John, Yann, Gustave et d’autres aillent dans des structures scolaires pour témoigner de la vie avec le VIH, comme ça les gens savent ce que c’est de vivre avec le VIH et puis ça fait tomber les préjugés.

Il n’y a pas longtemps, je discutais avec une amie, je lui ai expliqué ce que je faisais comme travail. Elle m’a dit qu’elle ne sait pas si elle serait capable de ne pas réagir différemment avec une personne séropositive, si elle savait que cette personne est séropositive. Elle se demande si elle n’aurait pas un geste de rejet, si elle oserait toucher cette personne. Mais moi je lui ai dit, tu sais les personnes séropositives, c’est toi, c’est moi, ça peut être n’importe qui. Cette personne a à un près le même âge que moi, je me suis dit que c’est vrai qu’il y a encore beaucoup de travail à faire. Il y a des discriminations qui existent. Les personnes ne font pas ça pour faire du mal mais c’est juste qu’elles sont dans l’ignorance. Donc je m’adresse à toutes les personnes séropositives, pour que ces discriminations tombent, il faut en parler. Oser en parler aux amis, à votre famille. Je sais que c’est facile à dire comme ça mais plus on en parle et plus les gens se rendront compte que le VIH c’est une maladie comme les autres, il n’y a pas de raison que des discriminations existent encore en 2017.

J’ai fini mon blabla, on va écouter ce qu’il y a de plus intéressant, le témoignage de John pour commencer.

Début de l’enregistrement.

John : Bonjour, je m’appelle John. Il faut se concentrer parce que je suis un américain qui est un peu feignant. Je n’ai pas vraiment étudier la langue française. Je massacre votre langue mais je crois qu’on va y arriver. Moi, j’ai 67 ans. Je suis arrivé en France il y a 32 ans. J’ai découvert ma séropositivité en 1989 ou 1990. J’avais été renversé par une voiture, j’étais allé à l’hôpital et là, avec l’intervention chirurgicale, ils m’ont annoncé que j’ai le VIH. Là, j’étais en couple, j’étais en instance de divorce, et je sais à peu près à quel moment j’ai été atteint de la maladie. C’était un peu dommage parce que j’étais très prudent à l’époque. Quand je faisais du sexe, c’était toujours avec les préservatifs sauf une fois, je l’ai fait avec une dame qui avait un stérilet, et avec les préservatifs, ça ne marche pas.

Yann : Le stérilet n’empêche pas l’introduction d’un préservatif. Peut-être que madame voulait faire l’amour sans préservatif. Mais sachez-le, le stérilet est un moyen de contraception, en aucun cas il n’empêche l’introduction d’un préservatif.

John : Je ne savais pas. Mais en tout cas, j’ai découvert à cette époque-là que je suis séropositif, mais avec le niveau de compréhension de la maladie à l’époque, on n’était pas très bien renseigné. Et même, j’ai eu mon médecin traitant à l’époque, c’était un monsieur qui est d’origine de Londres et son regard vers moi, quand on m’a annoncé le virus, il ne m’a pas dit, vraiment faites attention maintenant, c’est très dangereux. Il était un peu comme ci, comme ça. Je n’ai pas pris au sérieux ce que j’avais. Ca m’a fait un parcours de quelques années où je n’avais pas le traitement et finalement, j’ai essayé à Paris, dans un hôpital à Gare du nord. Je suis tombé sur le même regard, et c’était très difficile avec ce regard. Je ne me sentais pas bien. Je n’ai pas partagé avec les gens autour de moi, sauf, j’étais en couple avec une femme qui savait, mais je n’étais pas très à l’aise dans ma peau. J’avais un manque de compréhension de cette maladie. Ensuite, je suis tombé un peu malade, j’ai trouvé un nouveau médecin traitant. Quand j’ai vu avec lui, j’ai partagé le fait que je suis séropositif. Il m’a demandé où je suis traité, j’ai dit nul part. Il a piqué une colère pas possible ! Il m’a engueulé dans tous les sens possible ! Finalement, j’ai commencé à me traiter dans un hôpital à Clamart. Et ensuite, j’ai suivi un traitement. C’était très lourd. Je prenais au moins 8 pilules par jour. Maintenant aujourd’hui, c’est une seule pilule. Ensuite, j’ai changé d’endroit d’habitation. J’ai commencé à être traité à Louis Mourier à Colombes. Et là, ça tombait bien. Un jour, j’ai vu une affiche qui disait “Venez partager le Méga couscous avec nous”. C’était Le Comité des familles qui organisait une sorte de grand pique-nique, etc. C’est comme ça que j’ai commencé à connaitre Le Comité des familles. C’était une période dans ma vie où j’étais très isolée, je n’étais plus en couple. Je ne voulais pas sortir avec des filles quand ce n’est pas possible de….(rires), excusez-moi de dire comme ça, c’était un peu gênant. Moi, je me trouvais très isolé. Je passais au Comité des familles, je fréquentais le Comité des familles. Au début, je faisais beaucoup de radios avec Sandra. J’ai continué car c’est un moyen pour sortir, rencontrer les gens. Pendant 3 ans et demi, je n’ai pas fréquenté beaucoup le Comité des familles pour raisons de santé et en plus je travaillais la nuit. Je n’avais pas l’énergie d’arriver. Mais maintenant, tout va bien, je suis à la retraite depuis le 1er décembre ! J’ai plus de temps.

Faites attention parce que la vie sans le VIH est beaucoup moins compliquée que la vie avec avec. Croyez-moi. Aujourd’hui, il y a beaucoup d’avancées avec le traitement, maintenant on prend une pilule par jour. Mais quand j’ai commencé c’était 8 pilules par jour. Ce n’était pas évident de faire un bon suivi. Surtout maintenant, c’est beaucoup d’associations comme le Comité des familles, Aides, Act-up, etc, où vous pouvez avoir du soutien et rencontrer d’autres gens qui ont le même problème. La meilleure chose à faire, c’est de faire attention.

Fin de l’enregistrement.

Sandra : John, au micro de l’émission Vivre avec le VIH qui témoignait face à des lycéens d’Enghien-les-Bains. Mohamed, as-tu une réaction, quelque chose à dire ?

Mohamed : Son message est assez poignant et il a bien relaté ça. Lui-même il était concerné très tôt par cette épidémie. Maintenant il sait où il en est et c’est bien qu’il transmette le message auprès des jeunes et qui leur explique au niveau de la trithérapie, qu’il faut se traiter. Comme il a dit à la fin de ses mots, faut faire attention quoi.

Transcription : Sandra JEAN-PIERRE

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