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«Portraits de VI(H)ES» : Didier, 65 ans, séropositif depuis 1988 – Comité des familles

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«Portraits de VI(H)ES» : Didier, 65 ans, séropositif depuis 1988

«Portraits de VI(H)ES» : Didier, 65 ans, séropositif depuis 1988

A voir dans le livre «Portraits de VI(H)ES», aux éditions Cherche Midi
A voir dans le livre «Portraits de VI(H)ES», aux éditions Cherche Midi
« Portraits de VI(H)ES » : Didier, 65 ans, séropositif depuis 1988

Sandra : On continue l’émission, là, on va s’intéresser au livre “Portraits de vies” aux éditions Cherche Midi. C’est des portraits présentés par Jean-Luc Romero Michel, qui est président d’ELCS, Elus locaux contre le sida. Les textes ont été écrits par Dohan Bui et les photos prises par Patrick Messina. C’est un très beau livre. Il y a beaucoup de témoignages, des hommes, des femmes, des français, des étrangers, c’est mélangé. Chacun peut s’identifier. Ce sont des témoignages de personnes séropositives. Chaque parcours est unique. Je vous encourage vraiment à lire ce livre. Pour ceux qui ne peuvent pas l’acheter, parce que c’est vrai qu’il coute un peu cher, 29,50 euros, vous pouvez le consulter au Comité des familles. Sinon, demandez à quelqu’un de vous l’offrir (rires). Très beau livre, vraiment. J’ai choisi 3 témoignages que je vais lire dans cette émission. Pas en entier parce que ça prendrait du temps mais j’ai sélectionné quelques passages. C’est juste pour vous donner envie de lire. On va commencer avec Didier, 65 ans, séropositif depuis 1988.

Didier avait appris en 1988 sa séropositivité, le test qu’on fait, comme ça, histoire de voir. Tu vas au labo et un jour tu reçois une lettre, tu te dis : “Ah ! tiens, c’est quoi cet en-tête ?”, puis tu comprends que ce sont les résultats, tu ouvres la lettre dans l’escalier, comme on ouvre les factures, au début tu vois “positif”, tu penses que c’est bon, tu continues à monter l’escalier pour rentrer chez toi et peu à peu tu réalises que “positif”, c’est pas bon, mais alors pas bon du tout. C’est fou comme la vie peut changer le temps d’un escalier. Après, tu appelles les amis, ils pleurent, tu pleures, c’est terrible, la vie ne s’arrête pas. Il faut bien se remettre en un seul morceau, pour continuer.

(…)

Pourtant, en ce début du mois d’août 2017, il est là, Didier. Il n’est pas mort. Cette blague. Il a 65 ans. “Bah oui, c’est sûr, on a l’air un peu con quand on annonce à tout le monde qu’on va mourir te que, finalement, non, hop ! on revient. On est un peu ridicule. Les copains ne savent plus comment réagir, forcément, je leur avais tellement sériné que j’allais mourir, j’avais tout bazardé, et me revoilà. Mais j’ai été sauvé par les trithérapies. C’est un truc dingue. Une renaissance. Après, j’avais envie de jouer au Loto, je me sentais le roi du monde, c’était comme si j’avais gagné à Keno à vie.

(…)

C’est peut-être là la seule différence entre le séropo et le séroneg, ou en tout cas le bien-portant : le séronégatif a peur des kilos, le séropo pas du tout, car c’est la santé, les kilos, la chair. Enfin pas trop, parce que parfois les traitements déclenchent le diabète, et il faut faire attention à la graisse, et Didier pense alors à la plaque de beurre qu’il fallait ingurgiter au début d’un de ses premiers traitements pour que la molécule soit active. Bon Dieu, tout ce cholestérol, quelle ironie, maintenant c’est son traitement qui fait monter en flèche son cholestérol. Les séropos, pour lutter contre les joues qui fondent, se font des injections chez le dermato, comme les actrices qui luttent contre la vieillesse qui vient, puisque notre monde voit la vieillesse comme une maladie.

Sandra : Voilà, premier extrait du témoignage de Didier que vous pouvez retrouver dans le livre “Portraits de vies”. Qu’en pensez-vous Christian et Mohamed ? Qu’est-ce que vous avez envie de dire à Didier ?

Mohamed : Je le trouve très courageux. Il a connu l’épidémie tout au début. Dans son combat, je vois qu’il est toujours là et qu’il prend ça avec un effet bénéfique. Il se considère comme un rescapé, un survivant et il a tout à fait raison. Il a tout à le droit de revendiquer son mode de vie. Et puis c’est bien pour lui, qu’il continue à se traiter et la vie continue ! Je le trouve d’autant plus courageux qu’il ait témoigné à 65 ans, qu’il nous dise ça, que depuis 1988, il est toujours debout. Ca, c’est bien.

Sandra : Et il a une belle photo de lui dans le livre.

Mohamed : En plus ?! J’ai hâte de la voir ! Même de le lire, parce qu’il commence à m’intéresser ce livre, sérieusement.

Christian : Effectivement, ça fait 30 ans. Les étapes, les échelons qu’il a cité, on les a aussi vécus. C’est la vérité. Quand vous êtes séropositif, dans votre famille on vous regarde tout le temps, quelqu’un vient vous lorgner, si vous êtes encore vivant. Les gens viennent vous regarder 1 mois, 2 mois, 1 an. On veut se rassurer, est-ce qu’il est déjà mort ou… Après, on vous voit, vous êtes toujours persévérant, vous êtes là. Des amis meurent, des gens meurent à côté de vous. Vous, vous êtes toujours là et on se pose des questions. Il a raison, effectivement, c’est ça. C’est cette phrase qui m’a marqué, “il va mourir à quel moment”. Non, il est toujours là. C’est un bon témoignage que ce monsieur Didier nous a donné, à cet âge-là, tu vois Sandra, depuis 1988, c’est une vieille histoire. C’est vieux ! C’est touchant quoi.

Transcription : Sandra JEAN-PIERRE

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