20 à 50 % de femmes dans le monde sont victimes de violences conjugales

, par Sandra

JPEG - 2.4 Mo
Joëlle Hist au studio radio de Fréquence Paris Plurielle
20 à 50 % de femmes dans le monde sont victimes de violences conjugales

Sandra : Rubrique journée mondiale présentée par Joëlle. Aujourd’hui c’est la journée de quoi ?

Joëlle : Alors aujourd’hui, c’est la journée mondiale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes. L’instauration de cette journée est une initiative des Nations Unies. Elle est célébrée depuis 1981. Cette forme de violence est une violation des droits de l’homme. On estime en effet que jusqu’à 70% des femmes sont victimes de violences au cours de leur vie au niveau mondial. En Europe, on estime que 35% des femmes ont subi des violences physiques et sexuelles ou psychologiques pendant leur enfance et qu’une femme sur 10 a subi des violences sexuelles avant l’âge de 15 ans. Cette date a été choisie ce jour, en mémoire des trois sœurs Mirabal, militantes dominicaines brutalement assassinées sous les ordres du chef de l’État Rafael Trujillo le 25 novembre 1960.

D’après une étude faite par le gouvernement, chaque année plus de 216 000 femmes sont victimes de violences commises par leur partenaire. 86 000 femmes rapportent avoir été victimes de viol ou de tentative de viol et seules 10% d’entre elles déposent plainte.

« Tous Unis pour mettre fin à la violence à l’égard des femmes » c’est le nom de la campagne, que les Nations Unies ont mis en place et ont proclamé tous les 25 du mois « Journée orange », et invitent à tout le monde à porter du orange ce jour-là pour appeler à l’élimination sans réserve hésitation, de la violence contre les femmes.

Pour Françoise Kiefé, coresponsable de l’observatoire de la parité, militante féministe et au du parti des verts : « il faudrait qu’il n’y ait plus besoin de faire cette journée » et rappelle que 20 à 50 % de femmes dans le monde sont victimes à des degrés divers, de violences conjugales et que l’Unicef évalue qu’une femme sur 10 est victime d’un viol une fois dans sa vie.

Sandra : Quelles sont les actions ce jour-là ?

Joëlle : Dans le cadre de cette journée de nombreux événements seront organisés. De 9h30 à 13h, sera organisée à l’UNESCO une conférence-débat appelée « genre, violences et droits des enfants ». Le débat portera sur la situation des violences faites aux femmes aux femmes et aux filles en Europe et fait un point sur la législation actuelle.

Marisol Touraine, la ministre de la Santé, était elle en déplacement avec Christiane Taubira, garde des Sceaux, Bernard Cazeneuve, ministre de l’Intérieur et Pascale Boistard, secrétaire d’État chargée des droits des femmes au commissariat du 11e arrondissement de Paris.

Plusieurs fédérations d’associations organisent des événements. Les trois principales à en organiser sont : Le centre national d’information sur les droits des femmes et des familles, la fédération nationale solidarité femmes et Femmes solidaires. À Paris, quatre manifestations sont organisées, par le centre d’information sur les droits des femmes et des familles dans les centres de formation professionnelle, auprès des professionnels sur la prévention et la lutte contre les violences faites aux femmes, dans les différentes structures d’accès aux droits et dans les centres socioculturels du 20e.

L’association Elles imaginent animent un débat de 9h30 à 12h au centre Maurice Noguès à la suite de la projection du film « Avant que de tout perdre » puis de 15h30 à 18h30 à la Mairie du 15e arrondissement, l’association interviendra suite à la projection du film « Les insoumises ».

Sandra : Que se passent-ils en province ?

Par exemple, à Marseille, une manifestation de rue aura lieu : elle a pour thème « Agir contre toutes les violences faites aux femmes » en partenariat avec SOS Femmes, CIDFF, C13DDF, MMF et Planning.

À St Etienne, en Rhônes Alpes, l’association SOS Violences Conjugales 42 organise une projection débat avec le film « REFUGIADO ».

Et pour finir en Lorraine, à Metz aura lieu un colloque organisé avec la délégation régionale aux droits des femmes et à l’égalité de Lorraine et les partenaires de la grande région, appelé « Le fait prostitutionnel dans la grande région, quelles réponses ? »

Sandra : Et en Afrique que se passe-t-il ? Oui, je pense aux auditeurs du continent africain car ils sont nombreux à nous écouter.

Joëlle : Le 25 novembre, marque le début des seize jours d’action contre la violence liée au genre durant lesquels des personnes du monde entier s’unissent pour lutter contre les violences faites aux femmes. Plusieurs pays y participent dont l’Afrique du Sud, le Kenya et l’Égypte. D’ailleurs, Marie Hélène Tokolo, de l’association Marie Madeleine, sera à l’émission Vivre avec le VIH, avec nous, en janvier pour parler du thème du lien qui existe entre violences sur les femmes et VIH.

Sandra : Merci Joëlle pour ces informations, des réactions peut-être autour de la table sur cette journée ?

Yann : Je pense qu’il est important aussi de signaler dans les premières urgences qu’il y a un numéro SOS femmes battues.

Sandra : C’est vrai on ne l’a pas dit.

Yann : Que j’ai pas là sous les yeux, que Joëlle tu n’as pas peut-être ? On le mettra sur le site en tout cas voilà. Il y a vraiment ce numéro de grande urgence où les femmes qui viennent d’être victimes d’une telle violence peuvent se retourner et pris immédiatement en secours, en urgence.

SOS Femme Violence Conjugale 39 19

SOS Viols 0.800.05.95.95 Numéro gratuit et anonyme.

On parle souvent de la violence mais là c’est vrai que dans le SINEMENSUEL que je défendais la semaine dernière. On sait qu’ils vont mal et qu’ils manquent d’argent. Il y a encore une stupidité d’une violence faite aux femmes dans le monde du sport. C’est Isabelle Alonzo qui le déclare. Je peux vous en parler un petit peu :

Une Indienne bannie revient dans la course

Yann : Et je fais encore un petit appel aux auditeurs qui sont en France, en province, achetez SINEMENSUEL, ils risquent de fermer boutique, voilà ils ont plus d’argent, même si cest un don de 10 euros. Vous savez aussi que quand vous donnez 100 euros, ça ne vous revient qu’à 30 euros donc plutôt que de les donner à l’État pour pas savoir ce qu’ils en font, c’est une bonne manière de laisser la presse libre, et totalement libre, elle est rare.

Sandra : Merci Yann. D’autres réactions avant de passer à un autre sujet autour de la table sur cette journée internationale ?

Camille : C’est important effectivement et puis il y a plusieurs formes de violences faites aux femmes donc c’est important de savoir qu’il y a des structures qui existent, que les gens puissent s’exprimer et ce genre de presse libre effectivement qui est assez rare, c’est important d’entendre leur voix et leur parole. Ça fait avancer les choses, ça fait réfléchir et ça bouscule un peu la pensée globale.

Sandra : C’est ça et puis surtout, il faut en parler quoi si une femme est victime de violences, il ne faut pas garder ça. Bon après c’est facile à dire quand on ne vit pas la chose mais il faut en parler dès le premier coup, dès la première violence verbale. Il faut en parler parce qu’après ça peut aller plus loin et on s’enferme dans l’isolement et ça devient plus horrible quoi. Donc n’hésitez pas à réagir aussi sur le site comitedesfamilles.net.

Transcription : Joëlle Hist