Rubrique culturelle : coup de projecteur sur « Les Damoiselles »

, par Sandra

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Gaëlle et Camille au studio Fréquence Paris Plurielle
Rubrique culturelle : coup de projecteur sur « Les Damoiselles »

Sandra : Nous allons écouter un premier extrait du groupe « Les Damoiselles ». Yann peut-être tu veux introduire ce morceau ou on écoute directement, qu’est-ce que t’en penses ?

Yann : Ben écoute, envoie la sauce !

Sandra : Allez, j’envoie la sauce, c’est parti !

Extrait de la chanson Le bain quotidien

Sandra : Waouh, trop bien cette découverte pour moi, moi je kiffe hein.

Yann : Alors si Sandra kiffe, c’est énorme quoi, vive la chanson française !

Sandra : Arrête.

Yann : Je ne vais pas plomber la rubrique culturelle mais j’ai quand même une ou deux questions à vous poser parce que vu votre jeune âge et le fait que le VIH nous concerne tous, quels seraient les premiers mots à une personne de votre entourage que vous aimez et qui vous apprend sa séropositivité, Matthieu ?

Matthieu : Je pense que je ne saurais pas comment réagir dans un premier temps parce que ça ne m’est jamais arrivé et forcément du coup, il y a une surprise. Mais je pense que l’important, c’est de se dire qu’on a le soutien justement de son entourage et qu’on peut continuer à mener une vie comme n’importe qui d’autre en fait, enfin je pense que j’essaierai de lui dire que je serai là pour le soutenir.

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Mathieu

Yann : C’est très bien. Camille ?

Camille : Ben oui je pense que, le but c’est d’essayer de s’informer au mieux pour être là et pour être un soutien et vraiment être dans la tolérance, la compréhension et puis peut-être se renseigner un peu plus justement sur la réalité parce que nous on a une espèce d’imaginaire sur la maladie et à nos âges, ce n’est pas quelque chose qui est réellement connu en fait. Moi j’ai 26 ans, et la réalité finalement, des traitements, du quotidien c’est quelque chose qu’on connaît peu, et ce serait finalement l’occasion de se renseigner un peu plus là-dessus pour être présent du mieux possible en fait.

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Camille

Yann : Et toi Gaëlle ?

Gaëlle : Oui ben pareil, en terme de soutien, je pense effectivement, de pouvoir trouver des lieux des structures, pour en parler et réagir au mieux.

Yann : Et nous souvent ben la réponse qu’on a tendance à faire c’est prendre la personne dans les bras et lui dire maintenant tu sais avec les traitements qu’il y a tu vas vivre aussi longtemps que tout le monde enfin voilà. On a cette chance dans cette maladie d’avoir tellement d’avancées de la science qu’effectivement…

Sandra : Pouvoir faire des bébés sans les contaminer…

Yann : Avoir du futur, se projeter c’est quand même énorme, c’est une maladie quand même super récente, donc on est gâté par rapport à la science c’est sûr. Ca va ce n’est pas trop dur cette petite question piège ?

Les Damoiselles : Non pas du tout.

Yann : Vous saviez que vous étiez sur une émission autour du VIH de toute façon ?

Camille : Oui tout à fait.

Yann : Donc on est parti pour un petit live. Mais avant j’aurais souhaité savoir parce que vous êtes multiples Les Damoiselles, je crois que vous faites aussi du théâtre. Parlez-nous un petit peu de ce cursus, comment vous êtes arrivé là, il y a une formation classique, c’est quoi, c’est ?

Gaëlle : Au niveau formation classique, c’est peut-être moi au départ.

Yann : Gaëlle donc.

Gaëlle : Moi, j’ai été au conservatoire en piano classique, donc, et j’ai eu très vite un groupe de chanson du coup plus théâtre, et du coup j’ai décidé d’apprendre l’accordéon, donc en autodidacte. Et je fais de la peinture, et finalement j’ai voulu me tourner vers le théâtre du coup je fais un peu de tout ça en même temps.

Yann : D’accord. Camille. Vous êtes frangines en plus.

Camille : Ouais tout à fait. On se connait un petit peu du coup (rires) puisque Gaëlle c’est ma grande sœur depuis maintenant quelques années. Et en fait on a un parcours qui finalement est différent et assez complémentaire en même temps parce que moi je suis plutôt autodidacte pour le coup j’ai commencé à écrire des chansons, quand j’étais assez petite et puis c’est au lycée en fait que j’ai voulu m’accompagner donc j’ai appris la guitare sur internet en regardant des tablatures, etc. donc moi je n’ai aucune connaissance du solfège, ce qui fait que finalement quand on a commencé à travailler ensemble, l’aspect technique était plus soutenu par Gaëlle, ce qui m’a ouvert d’autres portes et l’aspect plus sensitif on va dire, spontané, venait plutôt par moi, donc ça mélange un peu, enfin ça mélange bien finalement la sauce quoi.

Gaëlle : Oui après Camille, t’as toujours été très rythmique.

Camille : Oui mais les percussions c’est quelque qui finalement est assez instinctif quoi.

Gaëlle  : Effectivement oui.

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Yann et Gaëlle

Yann : Et le garçon, Matthieu, comment tu arrives dans cette filiale ?

Mathieu : On s’est rencontré à un concert. J’avais invité Les Damoiselles à un concert que je faisais dans une salle qui s’appelle l’Ogresse.

Yann : Énorme théâtre, ouais, très très beau.

Mathieu : Voilà, donc on a continué à faire d’autres concerts ensemble et c’est je pense deux ans plus tard, enfin ce n’est pas tout de suite, que j’ai rejoint le groupe.

Yann : D’accord et toi tu étais sur une formation ?

Mathieu : En solo. Alors moi j’ai toujours eu envie de faire de la musique, j’ai composé des chansons avec mon cousin aussi au départ, enregistré avec un micro de fortune.

Camille : Qu’on aimerait bien entendre d’ailleurs (rires)

Mathieu : Non, il vaut mieux pas (rires). Mais je n’ai pas assumé tout de suite le choix vraiment. J’ai fait une autre formation qui n’a rien à voir avant, et c’est que plus tard, j’ai fait une prépa, et une école de commerce, c’est que plus tard que j’ai vraiment décidé de m’y mettre. C’est là que j’ai rencontré Les Damoiselles.

Yann : Et puis moi j’avais juste avant le live, j’avais un petit clin d’œil à faire à mon addictologue, Eric Hispard qui est toujours dans l’hôpital Fernand Vidal voilà et qui en plus d’être un bon médecin, vu que ça fait plus d’un an que je ne bois pas, forcément grâce à moi, mais aussi un peu grâce à lui qui m’a fait découvrir car ça s’est vraiment passé, ce n’est pas genre si je passe à la radio est-ce que je pourrais mettre mes filles, ou quoi que ce soit. C’est-à-dire que comme je le trouvais sensible, je lui ai dit, comme il avait la gentillesse de venir parler de l’addictologie, je lui ai dit si tu veux choisir un morceau qui te plaît et bien sûr forcément il a choisi ses Damoiselles à lui qui sont ses filles et tu es un petit peu son fils aussi toi
Mathieu ?

Mathieu : Je pense que je commence à faire partie de la famille.

Yann : Alors si vous êtes prêts.

Sandra : Ben c’est parti pour le live ?

Yann : Le petit morceau que vous allez nous jouer en live pour vous tous auditeurs, auditrices. Ça s’appelle “la nuit”.

Applaudissements

Sandra : Bravo, bravo !

Yann : Si on a encore une petite minute ? Merci de nous donner, je crois qu’il y a quelques dates. Sur Paris bientôt ou en province.

Mathieu : Le 19 décembre à la Dame de Canton et le 15 janvier à la Péniche Antipode.

Yann : Waw Waw, et il n’y a pas, la salle Barbara à la Goutte d’or, j’ai entendu.

Mathieu : le 6 février.

Yann : Voilà on mettra tout ça sur le site, ne vous inquiétez pas et peut être un live pour le 1er décembre, notre enregistrement en direct entre 17h et 18h place de la République.

Sandra, Yann, Les Damoiselles : Bonne semaine à tous. Bye bye !

Transcription : Joëlle Hist