Un peu de poésie avec Gérard Pitiot

, par Sandra

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Fernand Léger illustre le poème de Paul Eluard
Un peu de poésie avec Gérard Pitiot

Lucas : Yann s’excuse promptement de ne pas être présent. Il avait un rendez-vous médical. C’est bien la seule raison pour laquelle il ne pouvait pas venir aujourd’hui.

Thomas : Bah oui, moi je m’attendais à le trouver Yann.

Sandra : Oui, Yann qui est un fidèle auditeur de l’émission de radio Vivre avec le VIH et fidèle aussi participant. Chaque semaine il aime venir. Il aurait aimé être là aujourd’hui mais pas de bol, rendez-vous médical. C’est ça la vie des personnes concernées.

Idris : On n’est pas dans le jugement.

Thomas : On espère qu’il sera au festival Aubercail, il a l’habitude de venir.

Sandra : Ah oui il y sera, il m’en parle depuis... il me saoule presque avec ça, sans vouloir vous vexer mais il m’en parle tout le temps.

Thomas : C’est ce qu’il faut faire.

Sandra : Ah d’accord, c’est votre faute en fait.

Lucas : Gérard, je vais faire un petit rappel de ta carrière, tu as débuté la musique il y a 30 ans aujourd’hui. Tu t’es investi dans le milieu associatif et notamment dans le milieu militant contre le sida avec un spectacle qui s’appelle Si d’amour vous m’aimiez, en 1991. Donc on peut dire que vous êtes un des pionniers de la lutte contre le sida. Ensuite tu as chanté un album qui s’appelle quelques mots d’Eluard où tu reprends des chansons de Paul Eluard. Paul Eluard est un poète des années 30-40, c’est bien ça ?

Gérard Pitiot : Oui, enfin il est né du début siècle et puis c’est un des fondateurs du mouvement des surréalistes avec André Breton et puis les surréalistes des années 20 quoi, juste après la guerre de 14.

Lucas : En tout cas c’est un très bon poète.

Gérard Pitiot : C’est le poète référence du 20e siècle. Il y a Picasso en peinture et Eluard en poésie. C’est un peu les gens qui ont défini ce qu’allait être la peinture et la poésie pour le 20e siècle.

Lucas : J’ai vu qu’il était militant aussi.

Gérard Pitiot : Il a été militant de plein de choses bien sûr. Déjà militant surréaliste. Il a intégré le parti communiste comme tous les poètes et tous les membres actifs du mouvement surréaliste dans les années 20. La plupart ont quitté, que ce soit breton et tous les autres ont quitté le parti communiste rapidement. Eluard il est resté beaucoup plus longtemps au parti communiste, il l’a quitté à la fin des années 20 et il a réintégré pendant la guerre, juste au début de la guerre en 1940 et ensuite à la fin de la guerre il était toujours membre du parti communiste et il a pris ses distances et il a créé un mouvement qui s’appelle le mouvement de la paix. Il est mort assez jeune en 1952.

Lucas : Donc pour les auditeurs, n’hésitez pas à lire les poèmes de Paul Eluard ou d’écouter bien sûr l’album de Gérard « Quelques mots d’Eluard » de 1996. Donc on peut dire que cet album a changé le cours de ta carrière puisqu’après tu as continué sur les transcriptions poétiques.

Gérard Pitiot  : Voilà c’est ça en fait bon, après avoir travaillé pendant 3 ans, parce que le disque et le spectacle ça a duré un peu plus de 3 ans, j’ai trouvé... bah c’était une opportunité. Ça m’a permis de travailler différemment plutôt que de présenter ça dans des salles pas toujours à l’écoute de ce que je faisais en tant que compositeur. J’ai rencontré des publics chez des gens intéressés par la poésie. Donc après Eluard j’ai travaillé sur la francophonie en proposant un spectacle et un disque qui s’appelle « Vu d’ailleurs pour mots d’ici ». C’est un voyage qui partait du Liban et qui allait jusqu’à Madagascar en traversant tous les pays de la francophonie. Les anciennes colonies françaises pour la plupart.

Transcription : Sandra Jean-Pierre