Hommage aux victimes des attentats à Paris les 7, 8 et 9 janvier 2015

, par Sandra

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Hommage aux victimes des attentats à Paris les 7, 8 et 9 janvier 2015

Sandra : Le 7, 8 et 9 janvier, Paris a été victime d’une attaque terroriste. 17 personnes au total sont mortes parce qu’elles étaient journalistes, policiers, juives ou présentes au mauvais moment.

« Au nom de toutes les radios publiques et privées, nous adressons à nos confrères, à leurs familles, à ceux qui sont morts pour les protéger, à toute l’équipe de Charlie Hebdo et aux autres victimes nos pensées les plus émues.
À travers eux, c’est la liberté de la presse et, plus encore, l’esprit de liberté qui sont touchés en plein cœur. La presse satirique bouscule, éveille et agite les consciences.
Elle nous invite à se moquer de tout pour mieux déjouer les sectarismes et les fondamentalismes. Plus que jamais, la liberté de pensée et la liberté d’expression animent notre travail quotidien.
Nous tenons à affirmer que nous ne céderons ni à la menace, ni à la terreur. Nous ne laisserons pas le silence s’installer. »

Le collectif de toutes les radios libres de France, au nom de la liberté d’expression.

Yann, je sais, évidemment comme tout le monde, tu as été bouleversé par ces attentats et je sais que toi aussi tu souhaitais rendre hommage à toutes ces victimes. Je te laisse la parole.

Yann : Je ne vais pas parler beaucoup parce que déjà beaucoup d’amalgames sont faits. Donc ça ne se fait pas en radio mais voilà, on le fait, ça y est les 15 secondes de silence sont faites, enfin je veux dire tu as rendu un hommage auquel j’adhère complètement. Et voilà, que dire à part que vous rappeler comment souvent sur la rubrique culturelle, je parlais de la presse libre, le fait qu’il fallait la défendre, bon, j’étais loin d’imaginer un tel acte ou quoi que ce soit. Mais voilà, je sais que d’une manière citoyenne, on a fait notre boulot, on a fait notre devoir de républicain, c’est-à-dire de se lever, d’être présent aux manifestations. Maintenant, il ne faudrait pas que ça tourne la page, on va rentrer dans les soldes, il y a bientôt la Saint-Valentin et tout. Il faut que cette journée monstrueuse où non seulement des juifs encore une fois ont été attaqués, des personnes de l’État pour bien montrer qu’on chie dessus, des journalistes qui eux, la seule manière de faire leur revendication c’était avec des crayons, des feutres et du papier. Donc stop. On veut de l’encre, on ne veut pas du sang. Jamais vous ne nous ferez changer d’idée, c’est ça qui fait la France comprenez, et pourquoi autant de personnes aiment ce pays, c’est ce petit air de liberté qu’on a, ce côté emmerdeur qu’on a et qu’on gardera, ce côté jamais content, ce côté on aime débattre. On ne perdra jamais et j’étais Charlie avant, je le suis maintenant, je le resterai toujours.

Sandra : Et la une de Charlie Hebdo demain, mercredi, là aujourd’hui où on enregistre l’émission on est mardi, donc j’ai déjà vu la une et ce sera une caricature du prophète Mahomet qui dit tout est pardonné avec une larme…

Yann : Elle est très émouvante parce que je veux dire même Charlie Hebdo est dans le pardon quoi. C’est comme ça que je l’ai ressenti. Je sais que ça a beaucoup débattu à la rédaction de Charlie paraît-il parce qu’il y a ceux toujours plus un peu plus rentre-dedans. Je la trouve juste parfaite. Et j’étais très content de croiser sur Saint-Denis, je commence à pouvoir discuter un petit peu avec mes amis d’origine maghrébine ou carrément des vieux qui sont là depuis fort longtemps, qui sont en deuxième, troisième génération pour les gamins, qui ne se cachent pas que oui, ils ont un peu perdu le fil parce que les médias, parce que pour eux ça ne leur parle plus, toute cette nouvelle communication donc ils sont totalement largués mais c’est des vrais peace, des vrais lovers. Ils reconnaissent tout le bien et tout le mal, parce qu’il ne faut pas oublier aussi certaines choses qu’on a faites dans certains pays. Mais pour ces immigrés qui sont venus faire les travaux les plus difficiles en France, ils ont encore une image très belle et ils savent le prix qu’est cette liberté en France parce qu’il ne faut pas oublier qu’il y a tellement de pays qui rêvent d’avoir une pensée libre comme on a ici. Donc faut la garder.

Sandra : J’en profite aussi pour rappeler que le terrorisme ce n’est pas qu’en France. Dans d’autres pays c’est tous les jours avec encore plus de morts. Là dernièrement au Nigéria avec le mouvement de Boko Haram, il y a eu un attentat, avec je ne sais plus combien de morts, ça se compte en milliers. C’est quelque chose de mondial, donc comme tu dis Yann, faut pas lâcher, faut pas tourner la page. C’est vraiment un problème, c’est une guerre en fait contre les terroristes et restons éveillés.

Yann : Oui et puis diminuons le communautarisme franchement quoi. On voit ce que ça donne. Donc venez en tant qu’individu. Laissez tomber un peu les pancartes, PS, communistes, extrêmes droites, jeunes catholiques de France, jeunes juifs de France. On se bat pour la liberté de tous. On ne se bat pas pour une communauté, même si elle est plus stigmatisée qu’une autre, j’entends bien, mais je crois qu’il faut voir un demain différent. Il faut surtout se rassembler pour tout faire ensemble. Je n’arrêtais pas de le dire, tu me connais bien Sandra, tu sais que mon côté citoyen j’y crois de plus en plus, qu’on fera les choses ensemble. Et j’attends beaucoup de toute la clique des gens qu’on a mis à l’État parce que nous, en tant que citoyen on a fait notre boulot, on a fait notre boulot sans être payé, sans être commandé, quoi que ce soit, on l’a fait parce qu’on est meurtri et que la seule manière de se défendre c’était de se lever. Donc maintenant à eux aussi parce que je vous rappelle qu’à l’affaire Merah et tout ça, quand on rentre, on sort, qu’on fait du tourisme dans les djihad, qu’on peut revenir en France, il y a quand même des grosses conneries qui se font. Certes, il n’y a pas assez de policiers, voilà ce qu’on entend partout, il faudrait 20 personnes sur… et bien vous diminuez. Au lieu de faire un avion encore d’attaque, vous diminuez un peu l’avion. Au lieu qu’il fasse 300 mètres, il en fera 150 et puis l’argent va où il doit aller.

Transcription : Sandra JEAN-PIERRE