Yann reçoit le groupe Les Françoises à l’émission

, par Sandra

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François et Mehdi au studio radio Fréquence Paris Plurielle
Yann reçoit le groupe Les Françoises à l’émission

Yann : C’est avec joie que je reçois Les Françoises pour vous chers auditeurs. Comme ils se présentaient en début d’émission, c’est de la chanson française qui va rapprocher les peuples, qui va nous donner envie de prendre un verre et de communiquer. Je ne sais pas de quelle école ils sont, j’ai beaucoup de questions à leur poser notamment leur date de création. Vous vous êtes mis à penser aux Françoises il y a combien de temps ?

Mehdi : On s’est mis à penser aux Françoises il y a combien de temps ? C’est une bonne question.

François : En fait c’est venu un peu tout seul, on a commencé juste parce que l’on se connaissait, on a fait la même école de cinéma. On a sympathisé, on a joué de la musique juste pour le plaisir. Et puis c’est venu tout seul, Mehdi a commencé à écrire des chansons, à chanter et à faire des reprises. C’est tourné plus sur la chanson française alors qu’avant il chantait du blues.

Yann : Et ça date d’il y a deux ans ? Trois ans ?

François : Il y a cinq ans, enfin on a commencé à jouer ensemble en tant que potes il y a cinq ans et puis ça s’est précisé au fur et à mesure et trois ans plus tard on s’est retrouvé avec dix compositions. On a alors décidé de se produire.

Yann : C’est l’idée d’une espèce de collectif parce que la base du groupe c’est vous deux (Mehdi et François) puis vous invitez des musiciens participants notamment sur un des titres il y a un saxophone.

François : Oui alors on a deux cuivres, enfin ce n’est pas des cuivres. Il y a un saxophoniste et un clarinettiste basse, qui sont régulièrement avec nous. Après on est ouverts on a plein de relations avec qui on a beaucoup de plaisir à jouer.

Yann : Et vous avez déjà fait des petites salles parisiennes ?

Mehdi  : Surtout des bistrots.

Yann : C’est l’une des meilleures écoles.

Mehdi  : C’est l’une des meilleures écoles. C’est aussi ça le réseau chanson au sens très large. Il y a un réseau de zicos de bistrot, des bistrots qui font des concerts.

Yann : Vous avez déjà joué au Limonaire par exemple ?

Mehdi  : Moi j’y ai déjà joué, mais avec un autre groupe, Les Frérots qui sont un peu mes grands frères que je salue au passage, et c’était assez agréable.

Yann : Donc là pour nos auditeurs et ceux qui ont la chance d’être sur Paris et sa banlieue vous jouez quel jour sur la fête de l’huma ?

Mehdi  : Samedi, à 20h sur la scène Montreuil-Bagnolet.

Yann : Ha Montreuil la deuxième ville du Mali. C’est là où vous habitez ? Tous les deux vous êtes donc de Montreuil ?

François et Mehdi : C’est ça.

Yann : Alors j’ai une question qui me vient immédiatement car il y a beaucoup de parents qui nous écoutent. Pourquoi vous conseilleriez aux parents de mettre leurs enfants à la musique ou au chant ?

François  : Ça apporte une ouverture d’esprit, c’est certain. La musique c’est très pacificateur ça favorise la créativité.

Yann : Ça ouvre les frontières.

François : Exactement, on finit par oublier les différences. 

Yann : Et pour un enfant ça lui apprend une certaine discipline.

François : Exactement, c’est du travail de longue haleine il faut être patient, faut être sérieux donc c’est bien pour ça.

Yann : Alors Sandra si tu es OK on peut peut être écouter une de leurs chansons avant que je poursuive mes questions.

Sandra : Ok, mais on met quel titre ? On en a trois là.

Mehdi  : Ben « Poussière », c’est notre tube.

Yann : On est prêt à vous écouter.

Diffusion du titre « Poussière »

Sandra : Vous êtes à l’écoute de l’émission de radio « Vivre avec le VIH » on écoute le groupe Les Françoises. Avant que Yann reprenne le cours de l’entretien, une question pour vous Mehdi et François. Est-ce que vous avez de frères et soeurs ?

Mehdi et François : Oui

Sandra : Et si l’un de vos frères ou soeurs vous annonçait « je suis séropositif/ve » quels seraient tes premiers mots ?

François : Merde je crois.

Sandra : Et toi Mehdi ?

Mehdi  : Je crois que j’aurais la même réaction. Quand t’apprends une mauvaise nouvelle tu es pris de cours.

François : Après j’essaierais tout de suite de la réconforter, mais après je ne pense pas pouvoir être d’une grande utilité dans ce genre de situation.

Sandra : Si tu peux, rien que de la prendre dans tes bras, c’est quelque chose de fort, souvent les personnes séropositives, Yann tu confirmeras ou pas, elles ont l’impression de porter le virus, d’être le virus. Du coup de ressentir un rejet. Le fait de le prendre dans tes bras de lui dire il y a des traitements, on est en France tu vas te soigner et tout ira bien je ne te juge pas. Surtout ne pas demander comment il l’a attrapé. Tu es séropositif, les faits sont là donc maintenant il faut continuer à vivre.

Yann : Lui dire surtout qu’avec l’avancée de la science un séropositif à une espérance de vie quasi aussi longue qu’une personne normale. Et l’envoyer au Comité des Familles s’il est dans une solitude. 

Sandra  : Ou appeler si c’est quelqu’un en province, on a des correspondants dans toutes la France, même en Martinique. Faut pas hésiter : 01.40.40.90.25

Yann : Juste avant, pour le rappeler aux auditeurs qui ne le sauraient pas encore. Les modes de transmissions du VIH ?

François : Le sexe en grande partie et tout ce qui peut véhiculer du sang, les seringues, et plein d’autres choses j’imagine.

Yann : Le lait maternel beaucoup de gens ne le savent pas.

Mehdi  : Je ne savais pas.

Yann : Donc ça veut dire que vous vous capotez régulièrement, il n’y a pas de rapports sans capote.

François : Oui ça c’est évident.

Yann : Et même dans une relation qui s’installe comment vous faites.

Mehdi : Dépistage fréquent.

Yann : Plutôt un dépistage rapide ? Vous avez fait quoi comme dépistage ?

Mehdi  : Je vais au CHU de Montreuil.

Yann : C’est bien de le dire.

François  : Le gratuit, tu attends 4 heures avant de passer cinq minutes puis tu attends trois mois avant le résultat.

Yann : D’accord, mais vous savez maintenant qu’il y a quand même des dépistages gratuits où vous avez le résultat tout de suite.

Sandra : Oui je l’ai fait. On te reçoit on discute avec toi, on vérifie tes connaissances sur le VIH et ça se fait vraiment en trois minutes, celui qui fait le dépistage t’interroge sur tes relations et te demande si tu as pris un risque ou pas. Il te fait une petite piqûre sur le doigt et en dix minutes tu as le résultat.

Yann : D’ailleurs ça en est où nous ? On avait postulé à l’association pour pouvoir faire du dépistage rapide.

Sandra : Ça n’avance pas, mais ça continu toujours.

Yann : J’avais une question pour tous les deux. Si vous étiez un compositeur ?

François : C’est dur…

Yann : Oui, mais elles vont toutes être dures, tu connais le Yann.

François : Si j’étais un compositeur je serais moi

Yann : Et un autre plus connu pour l’instant ?

François : Franchement je ne vois pas.

Yann : Tes influences sont multiples ?

François  : Voilà c’est ça. J’aime beaucoup de choses j’ai plein de compositeurs et je ne peux pas me restreindre.

Yann : Et si tu partais sur une île déserte avec quelqu’un, à part Mehdi car c’est lui que tu choisirais, tu prendrais qui ?

François  : Chopin

Yann : Ok et toi Mehdi ?

Mehdi : Je n’aimerais pas être un compositeur, mais j’aurais aimé être à l’origine des premiers groupes de gens qui se sont réunis et qui se sont mis à taper sur des bouts de bois et à souffler dans des trucs. Ça a dû être une sensation incroyable d’être ensemble et de faire de la musique pour la première fois de l’histoire de l’humanité ça devait être un truc de fou. Mais je pense que si je devais aller sur une île déserte je n’emporterais pas des CD, mais des instruments pour faire plein de sons. De toute façon sur une île déserte tout seul, je tripe un peu 15 jours je découvre l’île, mais quand je me dis qu’il n’y a plus d’espoir de ne revoir personne je me trouve une mort sympa qui me donne un dernier grand frisson et ça s’arrête là. Faire de la musique tout seul je ne trouve pas ça marrant.

Yann : Si vous aviez un slogan ou une devise ? Ce serait laquelle ?

Mehdi  : J’en aurais une qui n’est pas de moi, mais d’un copain qui s’appelle Christian qui fait pas mal de trucs avec des gamins et des personnes atteintes d’handicaps mentaux. Il fait beaucoup d’ateliers d’écriture de chansons et il a une super devise, mais qui vient de loin, qui est quelque chose de réadapté c’est « le cri est toujours le début d’un chant ». Je trouve ça important.

Yann  : Une forme de militantisme quelque part.

Mehdi  : Je ne gueule pas pour gueuler. Ça me fait plaisir de faire de la musique, d’écrire et de chanter. Il y a un plaisir indéniable là-dedans, mais je ne le fais pas pour notre propre plaisir. 

Yann : Oui c’est pour partager surtout.

Mehdi : Oui enfin moi je rêve du moment où on foutra toutes les tables en l’air, que tout le monde montra sur une table en gueulant putain c’est le bordel on n’en peut plus il faut que ça change. Donc même si je sais bien que ce n’est pas avec une chanson que l’on ferra la révolution il y a un moment…

Yann : Ça permet de prendre conscience, enfin de réveiller les consciences la chanson.

Mehdi : Je sais que la chanson c’est un truc, j’ai écouté certaines personnes, certains artistes et ça m’a fait dire « je ne suis pas tout seul ». Je ne suis pas le seul mec qui ressasse ça dans sa tête.

Yann : L’art en thérapie c’est énorme quel qu’il soit. Je me rappelle des petits moments de déprime où je m’obligeais un peu à sortir de la maison pour aller au musée et tu en ressors nourri. Donc j’ai une autre question : si vous étiez un lieu de concert ?

Mehdi : Je dirais le Lavoir Moderne du coup. Par militantisme parce que c’est un peu la zone en ce moment pour leur survie. C’est une salle magnifique, on y a joué une fois.

Yann : Tu peux nous rappeler où c’est sur Paris ?

Mehdi : C’est vers château rouge dans le 18e arrondissement.

Yann : Et toi François ? 

François : Je ne sais pas trop, je pencherais plus pour une clairière à la montagne, un truc en acoustique.

Yann : Si vous étiez un personnage de fiction ? 

François  : Cartman…

Mehdi : Pourquoi ? Le plaisir d’être méchant ?

François  : Je le trouve trop marrant.

Yann  : Je te voyais en Bob l’éponge.

Mehdi  : Je crois que je n’aimerais pas être un personnage de fiction parce que j’aime bien exister. Ça me frustrerait un peu d’être un personnage de fiction.

Yann : Une dernière, plus poétique avant le super live. Si vous étiez un arbre ?

François : Un grand chêne, immense.

Yann : Avec des gros glands…

Mehdi : J’adorerais être du Bambou, je sais que c’est une herbe et non un arbre, mais ça me fascine ses trucs qui peuvent pousser des kilomètres sous la terre et rejaillir ailleurs.

Yann : Et toi Lucas tu serais quel arbre ? 

Lucas : Je serais un sapin parce que le sapin ça veut dire la fête.

Yann : Ha oui, le sapin je vois ça…

Mehdi  : Le sapin pour moi ça veut dire cercueil, ça sent le sapin quoi !

Yann : Et toi Sandra ?

Sandra : Je ne sais pas, je suis nulle pour les arbres... un Baobab.

Yann : C’est un de mes arbres préférés.

Sandra : J’aime bien c’est joli.

Mehdi : Personne n’a dit un palmier, ça surprend.

Yann : Moi je serais un cerisier. Comme ça on m’enchante quand j’apparais avec mes petites boules rouges.

Sandra : On va terminer l’émission avec un live des Françoises, je dis déjà au revoir aux auditeurs merci de nous avoir suivi, on se retrouve sur le site comitedesfamilles.net.

Yann : Je voulais rappeler que c’est une grande rentrée parce que l’on va avoir beaucoup de monde, on a la confirmation de Stéphane Sanséverino qui viendra au mois d’octobre, Sandra Nkaké qui est plus difficile donc la starmania fait que l’on a un peu plus de mal à communiquer et on n’oublie pas le groupe les Damoiselles qui seront là au mois de novembre. Elles attendaient d’avoir un concert sur Paris pour pouvoir en faire la promo. Merci à Sandra merci à tous. Vous nous donnez le titre du live ?

François : « Les petits papiers », c’est le premier morceau que l’on a joué. Merci pour l’invitation.

Transcription : Lucas Vitau