Au Comité des familles, Sarah enseigne un yoga spécifique pour les séropositifs

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Au Comité des familles, Sarah enseigne un yoga spécifique pour les séropositifs

Sarah : Bonjour je m’appelle Sarah, j’ai 49 ans et je donne des cours de kundalini yoga au Comité des familles. Je travaille dans une société, je suis salariée depuis 13 ans. J’ai un collègue qui s’appelle Yann, déjà dans cette société-là je donne des cours au comité d’entreprise puis un jour Yann m’a parlé de ce qu’il faisait, de sa passion qu’était de faire des choses pour le Comité et de fil en aiguille on est un jour amené à parler des enfants. J’ai dit « tient, ça peut être intéressant, j’envisage de donner des cours à des enfants » et puis il m’a dit : « Écoute si tu veux pourquoi pas en donner au Comité ». Je ne sais plus comment c’est arrivé dans la conversation. De fil en aiguille il m’a présenté au Comité des familles puis j’ai commencé à donner le premier cours, c’était le 8 octobre 2013, je m’en souviens bien. C’est tous les mardis.

Sandra : Pourquoi tu t’en souviens comme ça ?

Sarah : C’était bien car c’était mon premier cours que je donnais dans le Comité d’entreprise où je travaille et que c’était symbolique pour moi de donner à des gens qui en avaient peut-être plus besoin que les autres, ça reste mon idée, par rapport à leur pathologie. D’autant plus qu’il n’y a pas longtemps j’ai appris qu’il y a une Américaine qui fait des criats (mouvement successif de kundalini yoga) qui sont dédiés aux séropositifs. Donc là je vais la contacter. Le maitre de kundalini yoga, qui est d’origine indienne et qui est mort en 2004, a créé des séries spécifiques aux séropositifs. Donc je vais creuser pour que ce soit plus bénéfique encore que ce que j’enseigne déjà.

Le kundalini yoga c’est vraiment une technologie de yoga. Il y a énormément d’exercices et de choses, c’est très riche. Quand j’ai appris, j’étais en formation, j’ai dit à la personne qui nous enseignait, que j’avais l’intention de faire une intervention de kundalini yoga sur le stand de Solidays. C’est là où il m’a demandé si j’avais déjà enseigné des séropositifs, et que lui-même m’a donné l’information. L’information est venue à moi donc je prends ça comme un signe pour continuer dans cette voie.

Sandra : Cette activité yoga tu l’as commencée dans l’ancien local du Comité des familles et aujourd’hui on a un nouveau local, d’ailler le 21 juin on va fêter l’inauguration de ce local où on est installé depuis le moi de Mars. Que penses-tu de ce local ? Tu aimes ou tu préfères l’ancien local ?

Sarah : C’est vrai que l’ancien local me plaisait bien. Le nouveau est bien aussi mais ce qui est bien c’est le challenge, l’adaptation. Je veux dire que c’est bien aussi de se détacher, c’est bien pour moi de savoir me détacher même si j’aimais beaucoup l’ancien local c’est symboliquement là où j’ai commencé donc je me suis attaché affectivement. Je donne des cours dans le nouveau local que je trouve bien aussi. Il est disposé différemment mais on trouve toujours une solution. Parfois je me dis « s’il y a trop de personnes comment on va faire ? » Mais bon il y a toujours une solution, on peut déplacer les meubles on peut s’arranger.

Sandra : L’ancien local était plus petit. Le nouveau local n’est pas encore assez grand pour toi ?

Sarah : Disons que ce serait un challenge quand les gens viendront de plus en plus et là le Comité se trouverait bien embarrassé de se dire « est ce qu’on ne va pas trouver une salle uniquement pour le yoga », je me projette

Sandra : Oui je vois ça. Est ce que tu seras là le 21 juin pour l’inauguration de la nouvelle maison des familles.

Sarah : Bien sûr, je me suis proposée pour animer. Il y aura des enfants, donc je vais animer des jeux.

Sandra : Est-ce que tu aurais un mot tout particulier pour les personnes vivant avec le VIH ?

Sarah : Tout ce que je peux leur dire c’est de continuer à prendre soin d’elles, et que parfois on est étonné de se découvrir. Si un jour on n’a pas le moral, ou une baisse d’énergie, il est très important que pendant qu’on est dans cet état-là de se dire que les choses changent, bougent. Parfois ce qui nous arrive de très difficile dans notre vie peut être parfois une chose sur laquelle on apprend à se découvrir et se connaitre. Mais ça c’est le temps qui nous le dit.

Sandra : Sarah au micro de « Vivre avec le VIH » qui sera présente le 21 juin, mais pas pour le yoga, le yoga c’est tous les mardis, donc ce soir pour ceux qui écoutent l’émission le mardi. D’ailleurs Yann, toi tu participes au yoga et Jeanne va participer pour la première fois. Est-ce que tu peux lui présenter ?

Yann : Alors c’est vrai que c’est toujours dans une ambiance très douce, zen. Elle fait ça très bien elle prépare l’espace donc quand on arrive on a notre petit tapis qui est déjà au sol, on a notre emplacement. Il est conseillé d’amener une tenue dans laquelle on est très à l’aise. Donc un jogging ou un short. Je trouve, pour y être allé à peu près 5 ou 6 fois, c’est adapté à toutes les personnes, c’est ça qui est important. Sarah fait très attention de voir si par exemple un mouvement est délicat à faire, elle aide la personne, elle prend plus de temps pour elle si jamais il y a une bonne pédagogie je dois dire et c’est sans violence. Ce qui est étonnant aussi, on a pu en parler après les cours, il y a des effets différents chez chaque personne. L’un va être extrêmement fatigué le lendemain parce qu’ils ont fait un effort, moi en l’occurrence ça me met plutôt la patate, et le soir j’ai une énergie débordante donc chacun trouve son compte.

Sandra : Jeanne toujours partante pour le yoga ? Tu as hâte. Mais tu es sportive de toute façon. Elle va vous étonner vous allez voire.

Jeanne : Si tu le dis.

Transcription : Lucas Vitau