Denis Méchali : « J’ai vu la période très violente de l’épidémie VIH »

, par Sandra

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Denis Méchali à la Maison des familles pour la fête d’inauguration le 21 juin
Denis Méchali : « Je me suis occupé du Sida à partir des années années 90, j’ai vu la période très violente de l’épidémie »

Denis Méchali : Je suis très content d’être avec vous parce que personne ne m’a obligé. C’est vraiment avec plaisir. Moi, j’ai travaillé très très longtemps à l’hôpital de Saint-Denis, je me suis occupé du Sida pendant les années 90 donc j’ai vu effectivement cette période très violente de l’épidémie, les premières années avant le début des antirétroviraux, donc j’ai vu beaucoup de choses, j’ai vu la violence que subissaient les gens et comment les gens se battaient avec un grand courage. Comme médecin je pense qu’effectivement, la médecine ce n’est pas juste un métier de la technique. Je fais partie de ces médecins qui pensent soigner c’est aussi s’occuper de la personne et donc je pensais, les premières années de l’épidémie, je me suis pas mal bougé sur du travail en réseau, avec d’autres professionnels on va dire. Et puis finalement assez vite, la réponse communautaire, avec la participation des personnes concernées, ça m’a paru important et de plus en plus important. Avant de connaître ou peut-être de devenir l’ami du Comité des familles, je me suis rapproché d’une association qui est aussi extrêmement riche et importante, que vous connaissez, qui s’appelle Ikambéré, qui s’est installée à Saint-Denis donc on a pu faire pas mal de choses ensemble. Et puis après, je pensais qu’il fallait un peu développer ces choses-là. Pendant tout un temps il y a eu aussi par exemple une association d’Haïtiens, de personnes haïtiennes, Haïti développement, avec qui on a travaillé. Et puis finalement, pareil, mon rapprochement avec le Comité des familles, c’est des rencontres finalement, c’est de voir un petit peu, d’observer, d’admirer finalement ce qui se passe, d’admirer certaines personnes, la façon dont certaines personnes justement affrontaient les choses, c’est-à-dire de ne pas être écrasé même si au départ c’est écrasant et puis dire non, je veux vivre malgré tout. Je trouve que c’est très fort et très encourageant pour un soignant. Et donc en fait, moi, maintenant, je suis passé à autre chose. Je ne m’occupe plus beaucoup de sida dans ma vie parce que le temps a passé. Je reste quand même soignant avec des préoccupations un peu voisines. Pour moi, c’était naturel si je pouvais venir d’être avec vous. J’ai été ravi que vous me proposiez. Je vous remercie beaucoup de m’avoir permis de vous dire ces quelques mots.

Fin de l’enregistrement.

Sandra : C’était Denis Méchali au micro de l’émission de radio Vivre avec le VIH. Donc c’est un ancien infectiologue. C’est l’ancien chef de service des maladies infectieuses de l’hôpital Delafontaine à Saint-Denis. Il est à la retraite et toujours ami du Comité des familles et vraiment ça nous a fait plaisir qu’il vienne et qu’il passe une bonne partie de l’après-midi avec nous.

Transcription : Sandra Jean-Pierre