Du Nord au Sud : du matériel médical envoyé aux pays nécessiteux

, par Sandra

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Yann et Lucas à l’émission de radio Vivre avec le VIH
Du Nord au Sud : du matériel médical envoyé aux pays nécessiteux

Début de l’enregistrement.

Victor M.. : Je m’appelle docteur Victor M., je suis médecin urgentiste en France, à l’hôpital Le Cateau-Cambresis dans le 59, dans le Nord. Je préside une association et le comité est encore provisoire qui s’appelle Sud Global connexion. C’est une association loi 1901, qui existe depuis 2008, mais qui fonctionne actuellement. Sud Global connexion s’occupe de la récupération du matériel médical depuis le simple stéthoscope jusqu’au matériel électronique dont on a besoin justement pour soigner. Et ces appareils ou ce matériel, une fois récupérés peuvent être reconditionnés donc recyclés avant d’être envoyés. Donc qui sont nos clients ? Nos clients sont des hôpitaux, des centres de santé, qui se trouvent en Afrique surtout, pourquoi pas ailleurs dans le monde.

Lucas : Quels sont vos objectifs à court terme ?

Victor M. : Récupérer du matériel, le reconditionner et puis envoyer vers des hôpitaux ou des centres de santé, comme je l’avais dit, qui sont en Afrique ou ailleurs dans le monde. Deux : reconditionner, préparer du matériel défectueux, donc qui ne fonctionne plus. Et ici, c’est la question de recruter des jeunes, sur place en France, donc c’est créateur d’emplois, des adultes handicapés qui pourront être employés auprès des firmes qui fabriquent ce matériel donc c’est eux qui sont en charge de le réparer pour le reconditionner avant d’être envoyés. Pour ce matériel-là, c’est vrai dans un deuxième temps, parce que dans un premier temps on a des dons mais comme les gens devront travailler parce qu’il faut rechercher, ça a un coût, il faut rechercher avec un véhicule ça a un coût et puis gérer et puis l’expédition. Donc ces appareils reconditionnés seront vendus à des prix très bas. Parce que nous aidons en même temps mais il ne faut pas quand même que les gens ici surviennent aux besoins de l’association et à leurs propres besoins.

Lucas : Pourquoi tu t’es lancé dans cette association ?

Victor M. : Parce que je suis en France depuis 1989, avant la France, j’étais en Belgique, j’ai vu comment les hôpitaux, comment la santé est organisée ici. Les gens ont un accès facile, parce que justement il y a un système de sécurité sociale. Donc, ils sont pris en charge, ils sont soignés. Mais dans nos pays, c’est difficile, très souvent la sécurité sociale n’existe pas, donc les gens doivent s’organiser. Mais c’est souvent des entraides familiales. Donc depuis l’ordonnance jusqu’à la consultation et jusqu’au soin. Comme nos pays malheureusement c’est des pays à potentialité riches, mais qui sont pauvres malheureusement les hôpitaux manquent du matériel. Donc du plus simple au plus lourd. Avant de venir ici, j’avais pratiqué chez nous, donc dans la République démocratique du Congo et du Zaïre, j’étais au Conseil National de l’ordre des médecins, donc j’ai bien vu les vrais problèmes des hôpitaux. Voilà pourquoi nous voulons leur venir en aide, les aider par ce biais-là. La situation des hôpitaux en Afrique et particulièrement en région subsaharienne est vraiment catastrophique, je pèse bien mes mots. Certains disent que ce sont des mouroirs, et nous en tant que professionnels, nous disons que pour que prodiguer des soins est devenu un vrai problème, justement parce qu’il leur manque du matériel, même le matériel le plus élémentaire.

Fin de l’enregistrement.

Sandra : La situation semble très grave. En tout cas en Afrique concernant les hôpitaux, il parle de “mouroir”, c’est un terme très fort. Lucas, est-ce que tu peux me rappeler le nom de cet urgentiste, j’ai oublié de le noter sur ma feuille.

Lucas : Il s’appelle Victor M. et il travaille dans le Nord. Moi, j’ai trouvé son association très belle parce que je ne vois pas pourquoi on enverrait du matériel dont nous-mêmes on ne veut pas alors qu’on peut le reconditionner, créer un peu d’emploi en France, comme il a dit. Il va prendre de l’emploi en intérim et puis l’envoyer en Afrique, mais tout ça c’est un business qu’il crée, ce n’est pas une association bénévole à 100% où on envoie gratuitement, c’est tout un système, tout un business qui s’est créé via cette association et j’ai beaucoup apprécié son engagement.

Sandra : Qu’est-ce que tu en penses Yann de cette initiative ?

Yann : Très bien.

Sandra : José ?

José : Je trouve que c’est très bien, c’est encourageant.

Sandra : Est-ce que vous connaissez un peu la situation des hôpitaux en Afrique ou pas ?

Sanseverino : Non mais on se doute bien que ce n’est pas terrible quand même.

Yann : Par rapport au VIH, on sait qu’il y a des ruptures de traitement.

Sandra : Par exemple.

Yann : Pour le Cameroun notamment parce que moi j’ai un garçon, sa maman est Camerounaise donc je me suis intéressé à ce pays. Sur le Cameroun on sait qu’ils ont une partie des analyses à payer quand on connaît les salaires camerounais, et le problème c’est que bien sûr on interdit de plus en plus l’accès aux soins des étrangers ici, parce que les gouvernements de leur pays pour donner bonne figure disent que ça y est le VIH est complètement gérer, traité dans leur pays. Ce qui est bien souvent faux.

Lolita : Et je tiens à dire aussi qu’il y a une ignorance totale aussi de la part des populations, c’est-à-dire qu’ils ont déjà entendu le mot sida et tout ça mais il y en a certains qui ne savent même pas qu’on peut en mourir. Ils pensent qu’on peut en guérir.

Yann : Toi tu parles surtout du Burkina pour y avoir été, peut-être ?

Lolita : Ou Cameroun.

Yann : D’accord.

Sandra  : Et Lucas, si jamais, parce qu’on est écouté aussi en Afrique, si jamais des personnes seraient intéressées, pour avoir du matériel, qui vient de cette association, donc du matériel qui vient de France, est-ce que c’est possible de contacter cet urgentiste ou pas ?

Lucas : Totalement. Le mieux se serait de passer par toi directement donc envoyer un mail au Comité des familles. Tu me transmettras le message et je mettrai directement les personnes en relation. Sinon peut-être qu’il y a un site internet, je ne suis pas allé voir vu que ce travail je l’avais fait il y a quand même 4 mois.

Sandra : Oui.

Lucas : Je crois, quelque chose comme ça, mais il y a peut-être un site internet, dans ce cas il s’appellerait Sud Global Connexion.

Sandra : Oui en tout cas c’est le nom de l’association.

Lucas : Voilà, exactement.

Sandra : Ok, si vous êtes intéressés, si vous voulez avoir plus d’informations, n’hésitez pas à nous contacter 01 40 40 90 25 ou bien vous nous laissez un message sur le site comitedesfamilles.net et l’adresse c’est contact@comitedesfamilles.net.

Transcription : Joëlle Hist