Laura, 51 ans : « Je veux dépasser l’handicap du VIH et reprendre le sport »

, par Sandra

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De gauche à droite : Yann, Julia Palombe, Manuel Picaud, Jean-Marc, Coach Hassan, Sandra et Lucas
Laura, 51 ans : « Je veux dépasser l’handicap du VIH et reprendre le sport »

Début de l’enregistrement.

Laura : Bonjour, je m’appelle Laura. J’ai 51 ans. Je voudrais apprendre à reprendre, savoir si je peux retrouver une partie de mes capacités au sport. Je faisais de l’endurance, je me rends compte que le VIH me fatigue. Peut-être que c’est le traitement, je n’en sais rien. Je ne sais pas trop. Moi, on m’a dit que c’était uniquement dans la tête, mais je suis désolée, ça a beau être dans la tête, il y a des moments où je me sens très limitée par rapport à avant, il y a encore deux ans. Savoir comment recentrer mon énergie, apprendre à dépasser l’handicap du VIH, pouvoir vivre encore mieux, pouvoir faire pas mal de sport.

Sandra : Il y a un sport que tu aimerais faire ?

Laura : À la montagne, la glisse. Les sports de glisse, tout ça.

Sandra : Ah oui ? Les sports de glisse, la neige là ? Les sports d’hiver ?

Laura : Bah oui.

Sandra : Sport de glisse sur l’eau aussi ?

Laura : Oui, sur l’eau aussi.

Sandra : Ok. Tu as fait tout ça ou tu veux… (Laura fait un signe d’acquiescement avec sa tête). D’accord, une casse-cou en fait. (rires). Grande sportive finalement. Et tu aimerais faire à nouveau ce genre de sport ?

Laura : Oh bah pouvoir de temps en temps m’éclater quand même.

Sandra : Bah oui, tu as le droit. C’est clair.

Laura : Même si j’ai 51 ans sans faire d’excès bien entendu.

Fin de l’enregistrement.

Sandra : Est-ce possible pour cette Laura ? Vous n’avez pas beaucoup d’informations sur elle, mais elle a 51 ans, c’était une grande sportive et puis depuis qu’elle est séropositive elle a remarqué une fatigue. Est-ce à cause de ça ou pas ? À cause de ses traitements ? Ou est-ce que c’est dans la tête ? Est-ce que vous avez ce genre de questions de la part des gens ?

Coach Hassan : Tout d’abord on va situer la situation de Laura en deux parties. La première c’est qu’elle âgée de 51 ans. Peu importe qu’on soit atteint du virus ou non. À partir de 40 ans, il faut voir un médecin pour faire des tests physiques pour savoir si on peut pratiquer une activité sportive adaptée, bien sûr à nos besoins, à nos attentes. Donc de là, elle fera sa visite médicale, comme tout le monde. Tout le monde est logé à la même enseigne. Et dans un second temps il est prouvé scientifiquement qu’avec une reprise de l’entrainement à partir de 4 mois on peut améliorer ses capacités physiques pulmonaires pour les personnes aussi qui sont atteintes du VIH ou d’autres maladies transmissibles. Donc c’est complètement possible. Il faudra juste adapter sa pratique sportive. Pour se faire, il y aura aussi des gymnastiques douces, telles que le yoga, le pilate et bien d’autres activités. Manuel, si tu veux rajouter des informations.

Manuel Picaud : Je peux donner mon expérience personnelle. J’ai 49 ans, je suis séropositif depuis très longtemps. Je prends des traitements qui m’ont réussi. Au début, j’ai consacré l’essentiel de mon temps à ma carrière professionnelle. C’était ça qui fallait réussir. Un jour, j’ai rencontré le mouvement des Gay Games et je me suis aperçu qu’il y avait des personnes séropositives qui étaient invitées à cette manifestation.

Sandra  : Les Gay Games vous dites, qu’est-ce que c’est ce truc ?

Manuel Picaud  : C’est un événement sportif, culturel, festif, humaniste, mondial, ouvert à tous qui a été créé en 1982 en pleine épidémie du VIH et qui a pour but de marquer les esprits, faire reculer les préjugés vis-à-vis des personnes LGBT, mais aussi des personnes touchées par le VIH et des personnes de toute la diversité en fait. Et donc c’est un événement qui aura lieu à Paris en 2018. J’ai rencontré ça dans les années 90 et je me suis dit en fait, je suis passé à côté de quelque chose. J’ai laissé de côté mon corps qui a juste pris des traitements. Et finalement, moi aussi je pourrai participer à ce genre de choses. Quand j’étais gamin, je faisais de l’athlétisme. Et là, je me suis remis au sport tout doucement, à mon rythme. Je me suis aperçu que finalement, au fur et à mesure que je m’entrainais, mes capacités se récupéraient et qu’il n’y a pas de limite, aucune, à faire du sport en tant que séropositif. C’est vrai qu’on est fatigué au départ par les traitements, mais lorsqu’on reprend une activité physique, soudain on aère nos cellules et on permet de mieux supporter les traitements et on retrouve nos capacités identiques. Au dernier Gay Games, à Cleaveland, j’ai participé au saut en longueur, j’ai gagné médaille d’or dans ma catégorie d’âge. Ce qui veut dire que c’est encourageant. Puis un autre truc qui est vrai par le sport c’est toute l’idée de la sociabilité. Le fait de faire du sport avec d’autres c’est s’ouvrir sur les autres. C’est aussi accepter son corps dans sa différence et le faire accepter aux autres. Et notamment, dans le mouvement sportif LGBT, on a mis en oeuvre une charte sport et VIH pour permettre aux gens d’être informés sur la problématique du VIH pour permettre d’accueillir les personnes séropositives et pour permettre de responsabiliser les uns les autres pour aller faire du sport tous ensemble sans qu’il n’y ait aucune barrière entre nous. Et ça, c’est le coeur du mouvement des Gay Games.

Sandra : Pourquoi ça s’appelle Gay Games ? Pourquoi gay automatiquement ? On a l’impression que c’est réservé aux personnes gays. Vous dites que c’est ouvert à tous, mais moi j’entends Gay Games, je me dis que ce n’est pas pour moi.

Manuel Picaud : C’est pour ça que l’édition de 2018 s’appellera Paris 18 all equal donc tous égaux. Nous mettons en avant plutôt l’idée du rassemblement à Paris en 2018 d’un événement sportif et culturel mondial véritablement ouvert à tous parce qu’on est tous égaux. L’origine du terme Gay Games c’est un peu comme les Jeux olympiques. Ca s’est appelé comme ça parce que ça a été monté par la population LGBT californienne en 1982, que c’était au moment de la libération et de la visibilité homosexuelle et que là-bas gay voulait dire lesbienne, bi et trans, il n’y avait pas de différence et qu’à partir du moment où on avait ce nom, c’est un nom historique que l’on conserve parce que ce mouvement d’ouverture c’est la population LGBT qui le porte depuis près plus de 30 ans.

Lucas : Il est très important de dire aussi que tous égaux c’est vraiment vrai parce que même quelqu’un qui n’est pas athlète peut se présenter au Gay Games aux all equal 2018.

Manuel Picaud : Les jeux sont basés sur 3 principes : la participation, l’inclusion et le dépassement de soi. Il ne s’agit pas d’être bon, il ne s’agit pas d’être gay. Il suffit d’avoir 18 ans pour s’inscrire. L’idée c’est qu’on va organiser des manifestations sportives et culturelles qui sont vraiment ouvertes aux personnes jeunes ou séniores, aux personnes valides ou avec un handicap, aux personnes séronégatives et séropositives, aux personnes de tous niveaux. C’est vraiment la fête du sport, mais on fait 36 sports, 14 événements culturels qu’on a proposé à Paris dans des endroits aussi emblématiques que Roland Garros, le stade Charléty, Bercy, ou le Grand Palais pour des fêtes. Il va vraiment avoir un programme exceptionnel à Paris à ce moment-là.

Sandra : Yann, est-ce que tu fais du sport ?

Yann : Le sport le plus violent que je fais c’est du yoga. Et puis j’essaye de perdre un petit peu de poids en prenant des positions plus complexes quand je fais l’amour.

Sandra : D’accord (rires) les invités nous diront si ça aide ou pas. Jean-Marc, est-ce que tu fais du sport ?

Jean-Marc : Non, depuis 1982 j’ai arrêté le sport.

Sandra : Pour quelles raisons si ce n’est pas indiscret ?

Yann : Le passage de Mitterrand ? (rires)

Jean-Marc : Non, ce n’est pas politique, j’ai perdu un poumon à cette époque-là donc ça m’a un peu limité.

Sandra : Aller Lucas, je te laisse la parole.

Lucas : Pour en revenir à Laura, plutôt sport en équipe ou sport solitaire ?

Coach Hassan : Tout dépend. Faut savoir que le sport c’est aussi un moyen de communiquer avec les autres. Après je pense que dans un premier temps, si on a des problèmes par rapport à l’estime de soi, par rapport à la maladie, etc., qu’on n’arrive pas à s’accepter, la première chose serait de trouver une personne comme un coach sportif ou une association qui serait là pour l’aider à l’accompagner dans sa démarche. Et après l’idéal serait que par la suite, elle puisse pratiquer elle de son côté pour ses objectifs personnels et en groupe pour travailler sur le côté développement de soi, en groupe etc. Voilà.

Lucas : On dit que les personnes atteintes du VIH doivent pratiquer des sports doux et pas des sports hard. Pourquoi ?

Coach Hassan : Oui et non. C’est vrai sur le fait qu’il y a des risques de transmission via le sang. Donc certains sports comme le rugby, par exemple s’il y a des impacts, des saignements et que la plaie n’est pas forcément cautériser dans l’immédiat, on peut avoir des risques. De là, il y a des règles dans la fédération qui expliquent que toute personne blessée ou qui saigne doit sortir du terrain. Cependant avec une bonne préparation physique, avec un bon entrainement, une personne atteinte pourra petit à petit effectuer un sport qui sera plus, on va dire, plus intense qu’un sport simplement doux. On n’est pas obligé de se limiter simplement à du yoga, du pilate. Manuel par exemple a fait du saut en longueur. Il y a plein d’autres activités comme l’athlétisme ou d’autres.

Lucas : Qu’est-ce qu’un sport doux et qu’est-ce qu’un sport dur ?

Sandra : Juste avant ta question Lucas, je voyais Manuel qui quand Hassan a répondu, qui faisait un signe de la tête comme quoi il n’était pas trop d’accord avec la réponse.

Manuel Picaud : Ce que je voudrai préciser c’est qu’on n’a jamais constaté depuis ces dernières années, depuis le démarrage de l’épidémie du VIH, d’accident sanguin par la pratique sportive. Il y a en théorie un risque de contamination s’il y avait deux sangs qui étaient mélangés, mais il se trouve que de toute façon, quelles que soient les personnes, la manière de régler le risque, la sécurité des athlètes est la même qu’on soit séropositif ou pas séropositif. Donc, les personnes séropositives peuvent faire n’importe quel sport. La seule chose que l’on préconise c’est de ne pas faire du sport trop intense. C’est-à-dire d’aller au-dessus des capacités, de faire de l’endurance très élevée, mais au-delà de ça, il n’y a aucune contre-indication. De toute façon, le corps est capable de s’adapter à cette pratique sportive, que ce soit des arts martiaux ou de l’athlétisme, du football, du rugby. Il ne faut pas se mettre soi-même des barrières là où il n’y en a pas.

Yann : Et puis ça va valoriser l’estime de soi, le fait qu’on se sent mieux et qu’on prend confiance aussi.

Manuel Picaud : Absolument. Et c’est vrai qu’il y a des préjugés qui existent dans les associations sportives, dans les fédérations sportives nationales qui mettent des barrières, qui mettent des règlements en disant attention, il peut avoir des risques d’accident et on préfère ne pas avoir de personnes séropositives dans nos fédérations, dans nos clubs. C’est juste sur quoi il faut combattre. Il n’y a aucune raison de discriminer des personnes par leur statut. Encore plus aujourd’hui lorsqu’elles sont comme on disait, comme pour l’exemple de Didier, suivi avec un traitement en charge virale indétectable, etc. Heureusement le VIH n’est pas un virus extrêmement transmissible.

Sandra : Parce que le VIH à l’air libre meurt.

Manuel Picaud : Voilà.

Lucas : Petite anecdote sur le sujet, j’ai lu dans le livre référent, Sport et VIH, un corps sous contrainte médicale, des auteurs Sylvain Ferez et Julie Thomas, des éditions Téraèdre, qu’il y avait une étude au début des années 90 sur la transmission du VIH lors du sport, lors de l’activité sportive et une étude avait montré que la prévalence du VIH chez les athlètes était d’environ 4%. Du coup les personnes qui ont le VIH, ont cru qu’ils allaient pouvoir le passer à n’importe qui dans leur équipe alors qu’en fait, cette étude était totalement faussée, car cette prévalence venait de leur style de vie, car les athlètes américains buvaient plus, sortaient plus, avaient plus de relations sexuelles que les autres. C’était juste pour la petite anecdote. J’étale mon savoir (rire). Savez-vous s’il y a des associations de personnes vivant avec le VIH qui proposent des activités sportives ?

Manuel Picaud : Alors c’est régulier que certaines associations de personnes vivant avec le VIH s’associent à d’autres associations pour la pratique sportive de leurs adhérents. Il y a surtout un réseau d’associations sportives fédéré par la fédération sportive gay et lesbienne qui a signé une charte sport et VIH au début des années 2000 et qui s’est engagée à accueillir des personnes vivant avec le VIH dans leurs associations au sein même de leurs activités. Il y a même des créneaux spécifiques pour les personnes vivant avec le VIH, justement pour les personnes qui ont besoin de retrouver une certaine estime de leur corps. Par exemple en natation, donc de se retrouver dans un créneau particulier, c’est le Cercle du marais qui organise cela. Il y a des associations qui permettent de courir, d’autres associations de natation qui s’ouvrent véritablement aux personnes vivant avec le VIH. http://www.fsgl.org/ c’est le site web de la fédération sportive gay et lesbienne où on peut retrouver toute la liste des 48 clubs qui existent dans toute la France, y compris à Montpellier, à Marseille, dans l’ouest ou dans le nord.

Yann : Pour un petit rappel, c’est vrai qu’au Comité des familles on propose du yoga une fois par semaine et on met en place une sortie natation. Vous faites le 01 40 40 90 25 pour avoir un peu plus de renseignements sur ces activités sportives faites au Comité des familles.

Coach Hassan : J’aimerai rajouter aussi qu’il y a certains événements culturels comme les Solidays auxquels j’ai participé. Donc à la base c’est un regroupement de musiciens pour la cause, pour le VIH et il y avait aussi sur les stands pas mal d’activités proposées dont du sport. Donc là c’est aussi un moyen de faire réunir des personnes qui sont atteintes du virus et d’autres qui ne l’étaient pas et de partager des moments d’amitié, de joie avec une activité physique et sportive.

Lucas : Et d’ailleurs, c’est toi qui t’en occupes.

Coach Hassan : Oui, je m’en suis occupé sur la dernière édition.

Lucas : Donc faut bien préciser pour les auditeurs où aller. Au Comité des familles on fait le yoga et bientôt la natation, avec le Cercle du marais justement. Il faut aller ensuite sur le site http://www.fsgl.org/ pour avoir plus de renseignements sur ces associations et ces réseaux sportifs dans lesquels les personnes VIH peuvent pratiquer le sport. On parlait de la transmission, des risques de transmission du VIH dans le milieu sportif. Mais il y a des règles dans le sport qui interdisent de saigner sur les terrains de foot par exemple, les terrains de rugby, mais pas dans les matchs de boxe.

Coach Hassan : Exactement, c’est ce qu’on avait évoqué tout à l’heure. Après, comme l’a dit Manuel et beaucoup d’études, tout ça c’est très caricatural dans le sens où le virus du sida peut s’atteindre par le lien de sang, cependant à l’air libre le virus meurt donc généralement dans toute activité sportive le risque est vraiment très minime.

Lucas : Donc voilà.

Sandra : Donc voilà, c’est tout, c’est fini ?

Lucas : Bah oui, je voulais continuer de parler des Gay Games, mais je crois que tout a été dit sur le sujet.

Manuel Picaud : On n’aura jamais fini de parler des Gay Games avant 2018, il y a 4 ans pour organiser cette grande manifestation qui va vraiment être une fête de l’ouverture à l’université et justement toutes les personnes séropositives y sont largement invitées à participer, à organiser et à être partie prenante de ce projet. On a par exemple créé une équipe accessibilité qui essaye de voir toutes les manières de faire participer les personnes séropositives, les personnes avec un handicap, les personnes séniores, d’avoir davantage de femmes. Cette opération, c’est une opération de mieux vivre ensemble qui peut changer la manière de faire du sport et de la culture d’ailleurs ensemble. Il y a un grand site, paris2018.com pour avoir toutes les informations complémentaires.

Sandra : Pour en revenir à Laura. Elle disait qu’à cause des traitements elle se sent fatiguée et son infectiologue ou d’autres lui ont dit que c’est plus dans la tête. Donc je voulais savoir si vraiment les traitements fatiguent, on a l’impression d’être fatigué ou est-ce que c’est plus dans la tête que ça se situe cette fatigue ?

Coach Hassan : Avant de laisser intervenir Manuel, juste dire que les traitements oui, bien qu’ils soient beaucoup moins lourds aujourd’hui jouent aussi sur le moral et la fatigue physique. Après comme toute personne qui est sédentaire, qui est dans l’objectif de reprendre le sport, il faudra passer par une préparation adaptée, progressive, pour ensuite atteindre ces objectifs tels qu’ils soient, comme les Gay Games par exemple. De là, un coach pourrait être utile justement dans cette recherche de développement. Ensuite, les effets bénéfiques du sport sont aussi, par exemple la perte de graisse, de tissus adipeux. C’est-à-dire que les traitements créent de la lipodystrophie donc avec deux phases, l’atrophie ou l’hypertrophie qui se voit physiquement sur les personnes. Mais en même temps, quand on va à la piscine, on peut voir des personnes qui ont 40 ans qui ont une bedaine, d’autres personnes qui ont la calvitie. Tout le monde est logé à la même enseigne. C’est vraiment le message qu’on veut véhiculer ici. Donc avec des traitements ou sans traitements, tout le monde est pareil, tout le monde a ses différences. L’objectif c’est vraiment de se réunir et la pratique du sport justement permettrait de s’occuper le corps et donc l’esprit. Donc d’oublier un certain temps la maladie. Voilà. Manuel, si tu veux revenir sur la lourdeur des traitements, je t’en prie.

Manuel Picaud : Les traitements, moi j’ai eu la chance de tester à peu près tous les traitements qui existent depuis une trentaine d’années. Évidemment, ils ont tous leurs effets secondaires et le premier c’est effectivement qu’ils remuent l’organisme, donc, il le fatigue. Au-delà de cela, il y a des moments où ils sont difficilement supportables pour certaines personnes. Le fait de rebouger, de faire progressivement une activité physique, même de la marche, une marche rapide, c’est le moyen de mieux acclimater l’organisme aux médicaments qui sont une agression, mais qui sont aussi une manière de se sauver. Il faut les traitements. Les traitements ce n’est jamais anodin. Quand on est séropositif, on sait qu’on a des traitements à vie. Mais on peut mieux le supporter à partir du moment où on commence à rebouger.

Sandra : Il y a des études, mais pas suffisamment pour ce qui est des traitements pour les femmes. Pour l’instant il n’y a pas vraiment d’indication, quand c’est une femme, on va diminuer la dose de traitement par exemple, puisqu’on a remarqué que les femmes n’ont pas le même poids déjà, pas la même morphologie…

Coach Hassan : Pas le même physique.

Sandra : Voilà c’est ça. Et donc du coup, finalement on donne la même dose aux femmes alors qu’on devrait donner moins. Du coup je me dis, est-ce qu’au niveau sport, les femmes s’en sortent moins bien ?

Coach Hassan : Là, on en revient au même point, c’est-à-dire que dans le sport, il y a des catégories d’âge, de poids, de sexe donc chacun va s’en sortir du mieux qu’il peut, mais après bien évidemment une femme aura une capacité physique moins importante qu’un homme. Comme un homme pourrait être moins performant de très haut niveau. Donc vraiment, il n’y a pas de différenciation là-dessus. Chacun a son niveau, chacun a son objectif.

Sandra : Yann ou Jean-Marc, vous souhaitez intervenir sur ce sujet ? Non de toute façon toi Jean-Marc, le sport c’est terminé.

Jean-Marc : Oui, de toute façon, j’avais un travail qui était assez physique donc je n’ai pas vraiment besoin de sport, mais comme je suis très intéressée par tout ce qui touche à la culture, je suis venue pour la quatrième partie. (rires)

Sandra : D’accord, donc on entendra que toi à la quatrième partie. Et toi Yann, tu vas te contenter toujours, enfin c’est déjà bien, mais tu vas continuer le yoga simplement ?

Yann : Non, je marche beaucoup, je dors peu donc j’ai des journées bien remplies. Je n’ai jamais été un grand sportif, je m’aperçois qu’en fin de compte tous les sports que j’aime, c’est des sports de convivialité, ça va être le tennis de table, parce qu’on peut faire des tournantes, donc on peut même jouer à plusieurs. Ça va être la pétanque, mais ça, c’est mes origines. J’aimais bien le volley parce que je jouais sur la plage aussi, mais voilà quoi, le sport pas trop.

Manuel Picaud : Alors Yann, invitation aux Gays Games, il y aura du beach-volley, du volley, du tennis de table et de la pétanque parmi les 36 sports qui vont être proposés.

Sandra : Il faut qu’on monte une équipe Yann. L’équipe du Comité des familles !

Lucas : C’est par équipe la pétanque ?

Manuel Picaud : C’est par équipe.

Sandra : On va décrocher la médaille d’or, il n’y a pas de raison. On est les meilleurs !

Yann : Tu nous verras !

Manuel Picaud : On attend 15 000 participants du monde entier, 5000 français, 5000 du reste de l’Europe, 5 000 du reste du monde. Donc c’est le grand rendez-vous 2018, grand événement sportif. D’ailleurs, soutenu par le gouvernement, la région, la ville de Paris, un certain nombre d’athlètes comme Laura Flessel, ou Pierre Bergé, Jean-Paul Gautier…

Yann : Enfin 2018, ça aura peut-être changé en politique.

Julia Palombe  : J’allais le dire.

Manuel Picaud : On fait tout pour que ce soit installé dans les esprits et de tout organiser dès maintenant pour que ce ne soit pas remis en cause.

Yann : Vous avez le lieu déjà ?

Manuel Picaud : On a l’ensemble des sites, j’ai cité tout à l’heure, Rolland Garros, le stade Jean Bouin pour la cérémonie d’ouverture, la Villette pour la cérémonie de clôture, le parvis de l’Hôtel de Ville pour le village des Gay Games en même temps que Paris plage. C’est un énorme événement et là, véritablement tout le monde va pouvoir prendre part. Il ne s’agit pas de réaliser la meilleure performance absolue, c’est pour ça que c’est vraiment la fête de la convivialité du sport pour tous. Ce n’est pas le sport élitiste. Pas besoin de performance, on va se dépasser soi-même. Si on avait l’habitude de faire un 100 m en 15 sec, de le faire en 14 sec 50, c’est déjà très bien. On a fait le meilleur de soi.

Yann : Et toi Julia, il me semble que tu as joué sur scène lors du Défistival il y a 15 jours ?

Julia Palombe : Oui c’est vrai, j’étais au Défistival.

Yann : Je trouve l’idée superbe.

Julia Palombe : Ah c’était génial.

Yann : Tu peux nous en parler un petit peu ?

Julia Palombe : J’ai adoré, c’était vraiment super. Il y a eu effectivement ce grand rassemblement en faveur des différences. C’était venez avec votre différence et repartez avec vos ressemblances. Donc rien que la phrase, elle est super. Il y avait donc ce grand rassemblement de personnes handicapées. J’ai rencontré à cette occasion des gens fabuleux vraiment, je suis maintenant en contact avec certaines de ces personnes que j’ai rencontrées et qui me racontent un petit peu plus…

Yann : D’une manière quotidienne…

Julia Palombe : Oui, voilà, d’une manière quotidienne, qu’est-ce que ça veut dire d’être handicapé, le rejet, alors évidemment elles me parlent aussi de l’intimité, de l’amour et comment c’est possible d’aimer avec l’handicap. Donc c’est pour ça, j’y ai beaucoup pensé quand j’entendais les témoignages, parce que c’est vrai que ça rejoint finalement la maladie. Donc là on parle du VIH, mais de même que le sport, j’entendais Hassan qui parlait et je trouvais que c’était magnifique quand il disait finalement dans la piscine, on est tous pareil et dans la vraie vie, il y en a qui sont bedonnants, il y en a d’autres qui sont super sportifs, etc. c’est pareil quand on a une maladie. Finalement le sport, ça nous aide pour sortir éventuellement du VIH, etc., mais aussi même pour d’autres handicaps ou d’autres maladies. Je pense aussi à la dépression par exemple. On sait très bien que le sport peut aider à ce niveau-là.

Yann : Moins que le sexe parce que pour la déprime le sexe c’est quand même…

Julia Palombe : Ah oui, mais là c’est la quatrième partie chéri (rires).

Sandra : Ah oui d’ailleurs, les positions que Yann utilise pour faire du sport, qu’est-ce que tu disais tout à l’heure ?

Yann : C’est ce que tu viens de dire, c’est exactement ça, tu t’en souviens très bien (rires).

Sandra : Voilà c’est ça, alors est-ce que ça aide vraiment…

Yann : Je te ferai des petits croquis si tu veux (rires)

Sandra : Non, non, arrête (rires). Est-ce que ça aide vraiment, de muscler certaines parties, est-ce que c’est bon pour la santé, est-ce que vous recommandez coach Hassan ?

Yann : Sur 3 orteils par exemple (rires).

Coach Hassan : S’il faut répondre, on va faire simple. Dans tous les cas oui. C’est un exercice physique adapté, il y a beaucoup de calories qui sont brûlées.

Yann : Tu vois Sandra que je ne dis pas que des bêtises.

Julia Palombe : J’adore Hassan ! (rires)

Coach Hassan : Moi aussi, je vous adore.

Sandra : Lucas, tu voulais intervenir ?

Lucas : Oui, deux choses, déjà le sport c’est bien pour rencontrer le partenaire idéal.

Sandra : Ah bon ?

Lucas : C’est un lieu de séduction. Bien sûr ! Les salles de sport sont des lieu de séduction incroyables.

Sandra : C’est là que tu dragues ?

Lucas : Je ne drague pas, je me fais draguer, je laisse faire.

Yann : Il y a les odeurs en plus. On peut être attiré par une odeur ou par une autre.

Lucas : Bien sûr. C’est bien vrai. Et puis une deuxième chose, coach Hassan tu voulais nous parler d’une association.

Coach Hassan : Oui, je voulais mettre en avant rapidement une association, qui est une marque aussi à but humanitaire. Donc ça suit un peu notre projet du partage, du regroupement. C’est la marque N’nâs, qui essaye de regrouper le monde entier sur sa cause qui est donner un maximum aux gens qui sont dans la galère par rapport aux guerres, par rapport à plein de causes donc c’est une cause vraiment humanitaire qui touche toute la planète. Donc c’est N’nâs. Merci

Sandra : Ok. Et Lucas tu peux juste rappeler le livre s’il te plait pour ceux qui seraient intéressés.

Lucas : Pour les lecteurs avertis parce que c’est quand même assez difficile à lire, c’est une étude médicale sociologique. Le livre s’appelle sport et VIH, un corps sous contrainte médicale, des auteurs Sylvain Ferrez et Julia Thomas qui ont dirigé cette étude sociologique et des éditions Téraèdre.

Yann : Je vous rappelle, vous n’êtes pas obligé de l’acheter, il y a des bibliothèques dans tous les arrondissements de Paris, de province.

Sandra : On l’a au Comité des familles.