Le VIH vu du Web : Un préservatif multi-fonctions / Interdiction de séjour pour les séropositifs en Île Maurice / Botswana, objectif 0 infection

, par Sandra

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Le VIH vu du Web : Un préservatif multi-fonctions / Interdiction de séjour pour les séropositifs en Île Maurice / Botswana, objectif 0 infection

Alexandre : Nous parlions de préservatif tout à l’heure, c’est fait, ça y est, le préservatif futuriste a été conçu ! Selon le Dazed Digital, un magazine en ligne, ce sont des chercheurs australiens qui ont réussi ce tour de force, à savoir réaliser un préservatif en hydrogel, et donc autolubrifiant, biodégradable, qui aurait la texture et l’apparence de la peau et qui aurait même une fonction administratrice de Viagra. Avec à venir une version qui fait yaourtière et radio FM, non, ça ce n’est pas vrai. (rires).

Yann : Une vraie question, est-ce qu’il y a la fonction vibreur ? (rires)

Sandra : Il termine son info et après on débat.

Alexandre : Les tests ont été réalisés pendant neuf mois à l’Université de Wollongong par certains des meilleurs chercheurs mandatés par Bill Gates en personne. Les objectifs sont simples, toujours les mêmes, que l’on doive arrêter de dire que le sexe est moins agréable avec un préservatif, et puis par extension la lutte contre les MST. Si les derniers tests nécessaires avant la commercialisation se passent bien, la nouvelle génération de préservatifs serait donc une génération sans latex pour des sensations bien plus plaisantes. À des prix abordables ou pas après, l’avenir nous le dira.

Yann : C’est une super nouvelle !

Sandra : Oui ! (rires)

José : C’est un préservatif à vie ?

Sandra : À vie ? Non, pas encore.

Alexandre : Greffable ! (rires)

Sandra : Des réactions, oui ?

Pascal : Moi je pense qu’en fait ils ont trouvé de nouvelles formes de préservatifs. En forme coniques, ça pointe directement, ça fait un peu saigner, ayons un peu d’humour ! Et comme il est biodégradable, il doit être fait à partir d’herbe je suppose ? Il est peut-être bio, il est végétal.

Yann : Senteur pêche-abricot.

Pascal : Oui voilà, et peut-être qu’il peut aussi soigner de la maladie. Y’a-t-il pensé Bill Gates ?

Zina : Moi j’ai juste une question, c’est quel est le prix de ce préservatif ?

Alexandre : Justement on ne le sait pas encore. Donc ça devrait aller entre 100 et 200 ? Non, je ne sais pas.

Sandra : Et toi Lucien, le technicien ? On n’a pas présenté Lucien qui est à la technique, qui nous fait la technique aujourd’hui, je ne suis pas seule pour cette émission, tu as un avis sur ce préservatif du futur ?

Lucien : Euh, non (rires)

Sandra : Merci pour ta participation ! Voilà, c’est juste pour que vous entendiez sa voix.

Yann : Un peu à la Barry White !

Sandra : Rebecca ?

Rebecca : Je demande s’il n’y en a pas pour les femmes aussi ?

Alexandre : Alors au niveau des préservatifs féminins, ça n’a pas encore été conçu, là c’est préservatif masculin. Et donc, pour la question en quoi c’est fait, ce serait en hydrogel, donc à 95% d’eau. Mais ça reste solide parce que sinon ça ne sert pas à grand-chose. Voilà.

Sandra : Allez, on va terminer ta rubrique avec une dernière info je crois ?

Alexandre : J’en ai encore deux.

Sandra : Tu en as encore deux, allez.

Alexandre : Si vous êtes porteur du VIH et que vous souhaitez aller à Maurice, et bien n’y pensez même pas. En effet, l’histoire de cette jeune camerounaise qui s’est vue menacée d’expulsion sous deux semaines pour avoir été déclarée séropositive commence à faire le tour du net. C’est l’association PILS (Prévention Information Lutte contre le Sida) qui est la première à s’être insurgée contre cette décision de justice. Par la suite, L’Express par exemple a publié un article sur son site le 14 avril dernier, détaillant les lois extrêmes et extrêmement discriminantes qui sévissent encore dans certains pays du monde. L’histoire en résumé, cette jeune étudiante a appris sa séropositivité début février, le Bureau du Passeport et de l’Immigration l’informe que l’application pour son visa d’étudiant lui est refusée fin mars, et qu’elle sera déportée deux semaines plus tard. Alors il faut savoir qu’à Maurice il existe un Immigration Act, qui indique que tout étranger atteint du VIH se verra refuser un permis de résidence sur le territoire mauricien. C’est ce genre de loi que combat l’ONG PILS. Si plus de 100 pays à travers le monde n’imposent aucune restriction aux séropositifs, il est temps, je cite « que le nouveau gouvernement mauricien s’engage à modifier nos lois pour accueillir à Maurice tous les étudiants, travailleurs et investisseurs sans aucune distinction liée à leur statut sérologique ».

Sandra : Qui veut réagir sur cette information ?

Yann : J’espère que vu que Bruno Perrine, notre président chéri, est Mauricien, quand il va apprendre cette nouvelle, il va essayer de monter au créneau et de faire un nouveau combat que le Comité des familles va peut-être mener on ne sait pas. Qu’est-ce que vous en pensez tous ?

Tous : Ah oui !

Sandra : Derrière il y a quelqu’un qui veut réagir ?

Vivi : Oui en fait, par rapport à cette question, moi je voudrais savoir si tous les Mauriciens sont séronégatifs. Parce que, est-ce qu’ils ont fait tous un dépistage de toute la population, dans les petites villes, dans les petites îles, les petits villages, en commençant par le président lui-même, parce que je pense qu’il y a certains présidents aussi qui sont séropositifs hein. Moi j’en ai appris, en Afrique. La rumeur est toujours fondée. Donc moi je trouve aberrant que ça se passe ainsi parce que c’est une maladie. Personne en buvant, personne, nous qui sommes séropositifs, si l’on disait que le VIH est dans un verre, personne ne l’aurait bu hein. Donc cette jeune étudiante, elle ne savait pas, elle ne connaissait pas, je ne vois pas, l’île Maurice c’est juste une petite île, moi je pense que c’est une île africaine en plus. Je ne sais pas si l’Île Maurice est collée à l’Afrique comme Madagascar ou quoi, c’est vraiment aberrant de dire ça. Parce que moi je pense qu’il y a plein de séropositifs mauriciens, natifs mauriciens, vraiment ça n’est pas possible qu’on puisse prendre une telle décision dans le monde. On est en 2015 quand même.

Sandra : D’autres réactions ? Philippe.

Philippe : Oui, tu disais qu’il y avait une centaine de pays, donc, qui ne posaient pas de problèmes d’interdiction d’entrée sur le territoire etc. Mais bon ça veut dire qu’il en reste 90 qui pose des problèmes quoi. Maintenant il n’y a pas que l’Île Maurice, c’est ça que je veux dire. On n’est pas obligé d’aller en vacances à l’Île Maurice si l’on n’est pas d’accord avec leur politique, tout à fait, on peut aussi boycotter l’Île Maurice, après tout. Je n’irai plus à l’Île Maurice. Voilà.

Sandra : Oui, tu te présentes d’abord puisque l’on ne t’a pas encore entendu dans l’émission.

Wilson : D’accord. Je me présente sous le prénom de Wilson, et je viens au Comité des Familles depuis bientôt huit mois, à peu près, et je m’y sens bien, voilà. Maintenant pour répondre un petit peu à l’interdiction de l’Île Maurice en fait, je pense que ça n’est pas une destination rêvée pour les Africains hein. Pour moi. Et je me réjouis que les États-Unis en fait aient levé l’interdiction des séropositifs en fait, sur leur territoire, parce qu’entre l’Île Maurice et les États-Unis moi je ne pleurerai jamais pour l’Île-Maurice hein. Donc voilà quoi.

Sandra : Cela, c’est ton avis hein, moi par exemple le rêve américain je m’en fiche. (rires)

Wilson : Après chacun son truc hein !

Pascal : Le rêve il n’est pas uniquement américain.

Wilson : Oui, c’est vrai.

Sandra : Une dernière info, et ensuite on passera à un autre sujet, peut-être que l’on fera à nouveau une pause, tout dépend.

Alexandre : Alors, oui en effet j’ai une dernière info. Si à Maurice il y a encore une grosse discrimination dans les lois et dans les pratiques, le Botswana, lui, se distingue par ses efforts en termes de lutte et de prévention contre le VIH. Cela a été rapporté par le site AfriqueJet, avant-hier le vice-président Botswanais Mogkweetsi Masisi s’est dit inquiet quant à la progression de l’épidémie dans le pays. Alors, pour vous situer le contexte, le Botswana est l’un des pays d’Afrique Australe dont les progrès en termes de distribution des médicaments antirétroviraux et d’élimination de la transmission mère-enfant ont été particulièrement salués dans le monde. Ainsi les 565 cliniques et 34 hôpitaux du pays dispenseraient toutes l’AZT 561 aux personnes malades, sans compter une couverture sociale allégeant les dépenses des patients.
On est sans doute encore loin, néanmoins, de l’objectif du zéro nouvelle infection, zéro discrimination et zéro décès dû au VIH prévu pour l’année 2016. M. Masisi a donc demandé à ses compatriotes de bannir les comportements de type partenaires multiples, usage irrégulier du préservatif et relations sexuelles intergénérationnelles.

Sandra : Des réactions ? Je vois que ça rigole.

Yann : Il a dit la même chose que tous les hommes politiques dans leur pays, qu’ils ne font pas quoi.

Sandra : Oui, c’est de la communication, mais bon, mieux vaut ça que rien non ? Je ne sais pas.

Yann : Cela me déprime, cette fausse communication.

Pascal : La politique de toute façon, c’est du cinéma, pour moi c’est du théâtre.

Sandra : S’il n’y a pas d’autre réaction je vous propose de faire une petite pause musicale et ensuite je vous propose de parler du sujet de la pénalisation de la transmission sexuelle du VIH

Transcription : Alexandre Bordes.