Barbara Maraux : « Alcool zéro pendant la grossesse »

, par Sandra

Lucas : Aujourd’hui c’est la journée mondiale de l’alcoolisation du foetus. Chaque année en France plus de 8000 bébés naissent avec de graves handicaps à cause de la consommation d’alcool pendant la grossesse. Les dommages dus au syndrome de l’alcoolisation foetale sont irréversibles mais évitables avec une bonne prévention et une bonne sensibilisation. On vous laisse écouter une responsable de l’association Alcool Assistance.

Début de l’enregistrement.

Catherine Bridier-Deshais : Malade alcoolique, abstinente et heureuse de l’être. Le but de l’abstinence c’est être heureux dans son abstinence. Donc je fais partie de l’association d’Alcool Assistance qui s’appelait à l’origine la Croix d’Or. C’est une association d’aide d’accompagnement et maintenant de prévention contre la maladie alcoolique et ses conséquences.

Le syndrome d’alcoolisation foetal c’est un syndrome quand une maman enceinte consomme de l’alcool, elle transmet par l’intermédiaire du placenta de la circulation, son degré d’alcool qu’elle passe chez le foetus. Et comme l’alcool a un effet létal automatiquement il risque d’avoir des malformations qui donnent ce qu’on appelle le syndrome d’alcoolisation foetal. Et il atteint toute partie nerveuse physique de l’enfant. Soit l’enfant peut ne pas avoir de conséquences, on ne sait pas pourquoi, ou il peut présenter des malformations visibles, un écartement des yeux, des oreilles, ça c’est le gros des choses, c’est le faciès. Les malformations à terme qui peuvent être cardiaques, rénales, etc. Parfois ça se révèle un enfant qui est très perturbé qui est hyperactif. L’adulte quand on le sèvre brutalement de sa drogue, telle qu’elle soit, puisque l’alcool est une drogue, l’enfant n’aura plus son rapport avec l’alcool donc il sera en syndrome de manque. Dans nos interventions, même dans nos réunions d’adulte, etc, on prévient, on distribue de la documentation et on en parle.

Fin de l’enregistrement.

Sandra : Yann, est-ce que tu connaissais les syndromes sur le foetus liés à l’alcool ?

Yann : Pas particulièrement mais avec l’imagination que j’ai, j’imagine très bien les dégâts que ça peut causer.

Sandra : Barbara, je suppose que c’est un sujet dont vous parlez, vu que vous êtes gynécologue, vous faites de la prévention là-dessus ?

Barbara Maraux : On fait de la prévention, on essaye évidemment de dépister les patientes qui consomment de l’alcool en début de grossesse pour essayer justement d’arrêter cette consommation. On regarde aussi l’enfant quand il naît, il y a des signes qui peuvent nous alerter. Ça reste un syndrome qui reste beaucoup trop fréquent et qui comme vous le disiez est évitable. Donc on peut aider les mamans qui ont une consommation d’alcool importante à réduire voir arrêter complètement et l’occasion de la grossesse, la grossesse est une bonne occasion pour arrêter ça.

Sandra : Pendant la grossesse le mieux c’est vraiment de tout arrêter ? Est-ce qu’un petit verre de temps en temps, c’est quand même dangereux ?

Barbara Maraux : Alcool zéro pendant la grossesse. On sait qu’il n’y a pas d’effet dose. Un seul verre peut suffire à donner un syndrome d’alcoolisation foetal. Donc non. La grossesse c’est zéro alcool pendant la grossesse.

Sandra : Lucas, un petit truc drôle entre guillemets. Tu as pris une photo du lieu...

Lucas : Ah oui, les locaux d’Alcool Assistance sont basés dans une ancienne brasserie. Ils ont gardé le bar zinc. C’est très joli. Ils ont beaucoup d’humour. Ils sont très tolérants avec l’alcoolisme et moi je conseille à toutes les personnes qui ont un problème avec l’alcool ou ceux qui risquent d’avoir des problèmes avec l’alcool de passer faire un petit coucou pour se renseigner pour voir ce qu’ils peuvent faire avec eux.

Yann : J’en profite aussi pour faire un petit peu de pub à l’hôpital Vidal qui fait un suivi autour des personnes qui ont ce problème, d’une manière très bien avec le docteur Éric Hispard entre autres, il y a une équipe importante. Vous pouvez être reçu à n’importe quel moment de l’heure ou de la nuit. C’est important.

Sandra : On l’avait reçu à l’émission de radio Vivre avec le VIH cet addictologue.

Transcription : Sandra Jean-Pierre