Comment parler prévention VIH/IST aux jeunes ? Solidarité Sida choisit le mode ludique !

, par Sandra

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Aperçu de l’exposition "Sex in the city"
Comment parler prévention VIH/IST aux jeunes ? Solidarité Sida choisit le mode ludique !

Sandra : Je vous propose d’écouter Lucie Broussin, responsable prévention jeunes à Solidarité Sida, ça dure un peu plus de 4 minutes.

Début de l’enregistrement.

Lucie Broussin : Bonjour, je suis responsable prévention jeunes à Solidarité Sida. Donc nous, à Solidarité Sida, on a plusieurs spécificités. A la fois, on a choisi de s’adresser à un public plutôt jeune, que l’on peut voir aussi ici par exemple au festival Solidays et on a aussi une autre spécificité dans nos modes d’action, c’est qu’on essaye vraiment de faire sur le mode ludique. Parce qu’on aujourd’hui, on voit que quand on s’adresse aux jeunes, la prévention, ils ne sont pas vraiment très accrocheur, ils ont l’impression d’avoir toujours les informations, même si ce n’est pas vrai parce qu’on voit qu’ils ont des méconnaissances sur les modes de transmission, etc. ils ont des idées reçues qui persistent. Donc on a décidé de le faire sur un mode ludique. C’est pour ça que par exemple, ici à Solidays, on a l’exposition Sex in the city, qui est une exposition qui explique vraiment bien quel est nous notre démarche de prévention à Solidarité Sida, qui mêle à la fois du coup, le côté ludique, le côté plaisir. On essaye d’accrocher les jeunes par le plaisir car c’est quand même à ça aussi que sert la sexualité avant tout. Ensuite pour les amener aux prises de risque, on a un deuxième espace, où on va parler sur des thèmes un peu de la santé sexuelle en général. C’est-à-dire on va aborder la culture du viol, les infections sexuellement transmissibles et à la fin on a un espace un peu plus sur le save safe où ils peuvent avoir des entretiens aussi avec d’autres personnes d’associations comme le Kiosque, les Soeurs de la Perpétuelle Indulgence sur les questions qu’ils se posent sur le VIH et la santé sexuelle en général.

On voit quand il y a des enquêtes qui sont faites, par exemple qu’il y a encore des idées reçues sur le mode de transmission, que ce soit sur la salive, sur les toilettes publiques. Les gens ont des connaissances mais un petit peu erronées. Ils ne sont pas tout à fait au fait. Et après, sur les thèmes de la santé sexuelle, sur tout ce qui est cyber harcèlement, violence, ils ne sont pas tout à fait au point sur ce qui relève de la loi, ce qui ne relève pas.

On arrive vraiment à avoir des conversations. Après, on fait différents types d’actions, environ 200 actions à l’année. Par exemple, on fait une action qui est plus une action en grand groupe auprès des publics scolaires, qui s’appelle les après-midi du zapping. On se sert d’extraits vidéos qui mêlent extraits de clip de prévention, contre l’homophobie, pour inciter les jeunes au dépistage par exemple. Et aussi des extraits du zapping de Canal + plus ludiques pour les embarquer et après, on leur fait un petit questions/réponses, un petit quizz en fait sur leurs connaissances et on voit qu’ils ont toujours des connaissances mais ils ont aussi des questions. Donc on arrive quand même à les capter. Et après, on fait d’autres actions qu’on appelle plus de proximité où on va par exemple, on va visiter environ une cinquantaine de foyers de jeunes travailleurs à l’année. Les bénévoles, oui, ce que je n’ai pas dit, c’est que toutes les actions en fait, c’est le principe de pairs qui parle leur pairs. C’est-à-dire ce sont des bénévoles jeunes qui parlent à d’autres jeunes. Nous, on forme, on a un groupe d’une trentaine de bénévoles prévention qu’on forme tout au long de l’année et qui sont vraiment dédié pour ces actions-là. Eux en fait par exemple, quand on va en soirée de jeunes travailleurs, on arrive, on a des préservatifs, on fait des démonstrations, voilà, de pose de capote. On a des petites brochures sur le dépistage, les IST et on entame la conversation. Et en fait, les gens ont toujours des choses à dire sur la sexualité. C’est quand même un sujet qui les intéresse etc. Après parfois, il y a un peu plus de gêne quand il s’agit de faire la démonstration de pose de capote, tout le monde n’est pas forcément à l’aise, etc. Mais c’est un sujet qui quand même, qui attire les gens, qui interpellent les personnes. La sexualité, c’est un sujet très universel.

Les questions qui reviennent le plus je dirai c’est peut-être sur les modes de transmission. En général, les gens ils savent. Par exemple, on va savoir qu’il y a un risque lors de la fellation mais on ne va pas forcément l’appliquer à soi-même. En fait, c’est ça aussi la prévention. Faut pas penser que les jeunes ne sont pas au courant. Souvent on se dit ça, les jeunes ne connaissent rien, ils sont désinformés. Ce n’est pas vrai. Les jeunes savent mais c’est une chose de savoir les modes de transmission et de l’appliquer à soi-même. Donc c’est aussi toute une démarche aussi à faire de counselling, etc. C’est une démarche intérieure à faire sur soi, un travail à faire sur soi pour se sentir acteur et actrice de prévention et que ce ne soit pas que pour les autres. C’est aussi pour soi-même.

Fin de l’enregistrement.

Sandra : Lucie Broussin, responsable prévention jeunes à Solidarité Sida, au micro de l’émission Vivre avec le VIH. Vous savez maintenant comment Solidarité Sida parle aux jeunes de sexualité.

Christian : Oui, tu vois, c’est vraiment son côté sexe qui m’a beaucoup intéressé. Comparativement à chez nous en Afrique et ici. Nous, on hésite, les jeunes, les ados, qui “sexe” beaucoup, on évite souvent de leur parler de sexe. Elle s’est basé beaucoup sur le fait de parler aux ados parce que les ados sont livrés à beaucoup de choses. Ils font n’importe quoi. Quand vous allez en boite, il y a une sorte de cigarette qui fument souvent, la chicha. Tout le monde vient s’agglutiner dessus, chacun tire pour respirer la fumée, dégager la fumée, si une hépatite peut passer dessus, une tuberculose peut passer dessus et puis tout le monde est contaminé. Les jeunes franchement, il faut beaucoup les sensibiliser, les ados, leur parler beaucoup de sexe.

Sandra : Mohamed, une réaction ?

Mohamed : Très bien pour les ados, les jeunes.

Transcription : Sandra JEAN-PIERRE