L.E.J au festival Solidays 2017 : « Ca nous met dans l’ambiance de faire super gaffe »

, par Sandra

JPEG - 87.2 ko
L.E.J au festival Solidays 2017 : « Ca nous met dans l’ambiance de faire super gaffe »

Sandra : On va terminer cette page festival Solidays 2017 par l’interview du groupe L.E.J. Je suis arrivée en retard à la conférence puisque j’étais dans une autre conférence avant mais j’ai pu quand même leur poser une question. Donc je vous propose de l’écouter.

Début de l’enregistrement.

Sandra : Quel est votre message pour les jeunes en ce qui concerne le VIH ? Parce que Solidays, c’est un festival pour une cause précise, le VIH. Et du coup, est-ce que vous en profitez pour donner un message, par exemple, sur la discrimination des personnes séropositives ou le dépistage ?

L.E.J : On en parlait justement tout à l’heure. En gros, c’est surtout la communication et de s’informer sur tout ce qui est vraiment VIH, la manière dont c’est transmis, de se protéger, de se faire dépister souvent. En fait, nous, on nous a souvent rabâchés ça dans notre génération en éducation sexuelle, en SVT ou je ne sais quoi. Et au début, avant qu’on ait vraiment des rapports, on se dit ok, moi je ne ferai jamais sans capote ou machin. Et en fait après, je ne sais pas, je crois qu’on oublie que c’est aussi important et le fait de venir dans ce genre de festival, ça nous rappelle vraiment qu’il y a des gens qui sont atteints et du coup ça nous met dans l’ambiance de faire super gaffe quoi.

En France, on est énormément informé, il y a plein de moyens de protection qui existent et c’est vrai que du coup, c’est difficile à comprendre que les gens ne se protègent pas, pas toujours. Mais après c’est vrai qu’il faut toujours le rappeler.

C’est quelque chose qui s’est banalisé aussi. Toujours des excuses de, enfin, je ne sais pas, j’entends tellement de filles et de mecs qui n’ont même pas 20 ans et qui disent “de toute façon moi la capote je n’aime pas”. Mais va demander à un séropositif s’il ne regrette pas de ne pas en avoir mis une ou de l’avoir oubliée. Je pense que les gens ne se rendent pas compte en fait. Ils se disent, ce n’est pas grave, on prend un risque. Mais pour eux le risque, c’est la grossesse. Ce n’est pas la maladie. Ils ne se rendent pas compte que quand tu ne te protèges pas, t’as pas juste un risque de tomber enceinte. Et quand tu tombes enceinte et que tu ne veux pas avoir d’enfant, en France, on a la chance de pouvoir annuler une grossesse, entre guillemets. En revanche, tu ne peux pas annuler un VIH, ça n’existe pas. A la fois il y a ce truc-là de se dire, ce n’est pas grave et à la fois il y a ce truc-là de dire qu’il y a des gens quand ils voient une personne séropositive, ils ne veulent même pas la toucher, pas boire dans le même verre. C’est hyper mal perçu alors que non. Les gens ont tendance à confondre maladie et réel danger. Pour eux, c’est une maladie, ça existe, il y a le sida, faut juste faire un peu attention mais ils ne se rendent pas compte que c’est bien pire que ça en fait. Et l’inconvénient que nous on a en France c’est qu’on n’aide pas assez à l’étranger et quand on voit qu’il y a des gens qui associent en fait la séropositivité au fait d’être homosexuel ou d’être lesbienne, alors que pas du tout, et qui discriminent ces personnes-là… moi personnellement, ça me donne envie de foutre des coups de pied dans la gueule de plein de gens voilà.

C’est vrai que tout à l’heure, on était dans le village associatif, on en a appris beaucoup en fait sur le VIH, parce qu’en fait, finalement, on sait ce que c’est mais c’est vrai qu’il y a plein de chiffres qu’on n’a pas, plein de données. Et c’est vrai qu’on était un peu choqué tout à l’heure en voyant toutes les réponses qu’ils nous ont donné. On a fait un espèce de jeux où on devait deviner quel chiffre correspond à quoi et en fait ce n’était pas très drôle en fait. Il y a énormément de discrimination dans les autres pays, il y a énormément de personnes qui se battent pour cette cause et voilà, c’était un super bon moment tout à l’heure.

Fin de l’enregistrement.

Sandra : Voilà, le groupe L.E.J au micro de l’émission radio Vivre avec le VIH. Moi, j’ai beaucoup aimé leur sincérité, parce qu’elles parlaient comme ça devant pas mal de journalistes et elles ont été vraiment sincères et je les remercie beaucoup pour ça.

Christian : Surtout lorsqu’elles rappellent que lorsque certaines personnes utilisent la capote, elles pensent simplement que c’est pour se protéger contre une…

Sandra : Eviter une grossesse. Mais c’est vrai, c’est le premier truc auquel on pense.

Christian : C’est très important de rappeler ça et de savoir qu’une grossesse, vraiment elle a bien dit ça, on peut annuler une grossesse mais vraiment le VIH, nous, on est condamné quoi. On est condamné. Malheureusement.

Mohamed : Pareil, j’ai trouvé ça intéressant. C’est très bien que cette tranche d’âge puisse avoir une vision assez optimiste de l’approche de la maladie. Je trouve ça bien parce que les lycéens ne sont pas très informés, ni même les ados. Il y a ceux qui sont sérieux, ceux qui sont étudiants mais il y a ceux qui sortent et comme il disait Christian, ils font des dérives, parfois ils font des dérives en sortant, c’est-à-dire ils ne se protègent pas vraiment ou ils font des erreurs d’inattention. Mais là, ça permet de donner un petit créneau sur cette tranche d’âge.

Christian : Je voulais te demander, pour te titiller, est-ce que tu n’as pas vu Kery James ?

Sandra : Non, je sais qu’il y était mais malheureusement je n’ai pas eu l’occasion. Peut-être qu’il était là dimanche et moi je n’ai pas pu être au festival dimanche donc… tu n’es pas le premier à me demander Kery James. Vous l’aimez beaucoup ! Ecoutez, je m’engage pour la prochaine saison à essayer de l’inviter à l’émission et j’espère qu’il acceptera l’invitation.

Christian : Grosse nouvelle !

Sandra : Non mais attends, il n’est pas encore là ! Je vais juste engager les démarches, ce n’est pas sûr ! (rires)

Transcription : Sandra JEAN-PIERRE