Marisol Touraine lance un défi aux fumeurs : stop à la cigarette pendant 1 mois !

, par Sandra

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Marisol Touraine lance un défi aux fumeurs : stop à la cigarette pendant 1 mois !

Début de l’enregistrement :

Marisol Touraine : Le tabac est un défi de santé publique considérable en France comme dans beaucoup de pays. Chaque année ce sont 73 000 personnes qui meurent dans notre pays, 6 millions à l’échelle de la planète. Nous avons donc besoin de nous engager fortement, c’est ce que je fais depuis 2012 avec des actions fortes comme la mise en place du paquet neutre, des mesures d’accompagnement avec le soutien financier pour le sevrage tabagique. Mais nous avons aussi besoin d’actions nouvelles et de nous inspirer de ce qui marche dans les autres pays.

La Grande-Bretagne a engagé avec succès depuis plusieurs années une grande campagne collective de mobilisation dont s’inspire le moi(s) sans tabac, opération que je lance aujourd’hui. A partir d’aujourd’hui, nous lançons un compte à rebours et nous disons aux fumeurs, à partir du 1er novembre, essayez d’arrêter de fumer et de tenir bon. Nous allons parler, expliquer, soutenir les fumeurs pendant cette période d’un mois. En Grande-Bretagne, cela donne des résultats parce que l’on sait que si on tient 1 mois sans fumer, on a 5 fois plus de chances d’arrêter définitivement de fumer. Pour cela, des spots télés vont apparaître sur les écrans, les affiches dans les rues, sur les réseaux sociaux. La série “Plus belle la vie” s’associe à la campagne avec des spots particuliers et puis on trouvera les kits d’informations sur Internet, sur le site de Tabac Info Service, dans les pharmacies, avec plusieurs petites informations et puis des éléments un peu ludiques, par exemple cet agenda qui doit accompagner le fumeur qui veut arrêter de fumer pendant tous le mois de novembre, avec une page par jour comme souvent les agendas, des conseils, des recommandations, des soutiens.

Donc c’est une grande campagne de mobilisation collective, une campagne positive, dynamique et j’appelle tous les fumeurs à s’engager dans l’action, j’appelle aussi les non-fumeurs à soutenir leurs proches, leurs collègues qui fument à les aider dans cette période-là. Il y a des entreprises qui s’associent, des ministères, des administrations qui vont accompagner ceux de leur salariés, de leur personnel qui fument et qui souhaitent arrêter pendant cette période-là. Donc aujourd’hui je lance le compte à rebours avec ce petit badge “Moi(s) sans tabac”. Je lance le compte à rebours pour qu’à partir du 1er novembre chacun fasse du mois de novembre un mois sans tabac et c’est une nouvelle pierre à porter à l’édifice de la lutte contre le tabagisme en France.

Il faut agir sur tous les tableaux. Nous savons que pour arrêter de fumer, pour inciter les français, puisque nous sommes en France, à arrêter de fumer, il faut utiliser toute une série d’actions. Il faut évidemment dissuader, notamment les plus jeunes d’entrer dans le tabac, c’est ce que je fais avec le paquet neutre et le fait d’avoir des campagnes de communication et d’en faire un enjeu de santé publique donne des résultats puisque les premières études dont nous disposons montrent que la proportion de lycéen fumeurs a considérablement diminué. Elle est passé de 31% à 24% depuis 2011. C’est une grande avancée mais ce n’est qu’une étape et nous devons aller plus loin. Nous savons qu’il faut aussi aider ceux qu’ils veulent arrêter de le faire et les soutenir financièrement d’où la mise en place de forfait d’aide pour le sevrage tabagique et puis, et c’est ce que nous lançons maintenant, il faut aussi se mobiliser, avancer ensemble, se serrer les coudes et c’est la nouveauté de ce défi de santé publique. Ca ne s’est jamais fait en France, ni pour le tabac ni pour rien d’autre. C’est la plus grande mobilisation de santé publique qui sera réalisée et au fond, on se dit que tous ensemble on peut y arriver, donc ce moi(s) sans tabac c’est à la fois un défi individuel et puis c’est un défi collectif qui va durer tout un mois.

Fin de l’enregistrement

Sandra : Alors, les fumeurs, est-ce que vous êtes prêts à relever le défi d’arrêter de fumer pendant le mois de novembre et que pensez-vous de cette initiative lancée Marisol Touraine, ministre de la Santé ?

Yann : Alors moi personnellement je ne vais pas prendre beaucoup de temps parce que tout le mois de novembre, j’ai piscine donc je ne peux pas (rires).

Sandra : Bien sûr Yann ! C’est quoi cette excuse bidon ? (rires)

Alexandre : Moi, je ne suis pas fumeur. En revanche, si j’apprends que la série Plus belle la vie, me conseille d’arrêter de fumer, j’aurais tendance à faire l’inverse et à essayer de commencer en fait (rires). Après, c’est mon propre avis, je ne juge pas, il n’y a pas de problème.

Sandra : Sale gosse ! (rires)

Christian : C’est comme si vous demandez à quelqu’un d’arrêter de faire l’amour ou bien de boire. Voyez-vous, ces pasteurs qui vont souvent… pour donner leur vie à Jésus, et on lui demande tout de suite d’arrêter de faire l’amour, il peut arrêter ça pendant un certain temps mais quand il retombe dans cette histoire-là, c’est catastrophique. Donc c’est un état de conscience. C’est un libre choix, ça dépend de soi quoi.

Julie Bottero : Moi, je ne suis pas d’accord. Je pense que quand même toute initiative qui encourage à l’arrêt du tabac est bonne à prendre, que quand même plus on a tenté d’arrêter de fumer plus on risque bien d’arrêter de fumer un jour et donc il faut encourager cela. Je trouve que c’est une très bonne initiative.

Samira : Moi qui suis une fumeuse, je me dis que peut-être là actuellement, je suis en train de fumer 5 clopes par jour. Peut-être que le mois de novembre ça éliminera les 5, je ne sais pas.

Yann : Surtout si tu te fais aider par ce qui est mis en place, je sais qu’il y a une prise en charge par rapport aux patchs et tout ça…

Samira : Gratuite ?

Yann : Oui. C’est l’équivalent de 50 euros je crois mais qui est déjà un premier pied dedans quoi. Si tu le fais, on peut essayer de le faire ensemble, comme on ne se voit pas souvent, on s’appelle ? (rires).

Sandra : Tu fumes 5 cigarettes par jour, ça veut dire qu’en une semaine tu pourrais économiser 12,25 euros. C’est pas mal ?

Samira : Cool !

Sandra : En trois semaines, 36 euros, en 3 mois 157 euros et en 1 an 630 euros.

Samira : C’est vrai que la question de l’argent a été importante pour moi pour arrêter de fumer. Mais là en fait, ce qui est pire, c’est l’odeur. L’odeur dont tu es imprégné quand tu fumes et du coup j’ai arrêté de fumer là depuis 2 semaines au boulot. Je ne fais plus de pause clopes.

Sandra : Super, bravo !

Samira : Du coup, je travaille plus (rires).

Alexandre : C’est plutôt pas mal au final.

Sandra : C’est bien ! En Australie, le gouvernement a décidé d’augmenter le prix des paquets de cigarettes, si bien qu’un paquet coûte maintenant 17 euros. Je crois qu’ en France c’est 6 - 7 euros. Et donc ça devrait augmenter à 30 euros. Si jamais cela se faisait en France, est-ce que ça vous aiderait à arrêter de fumer ?

Yann : Complètement !

Samira : Moi aussi !

Sandra : En fait, il faudrait une hausse d’un coup parce qu’en France il augmente au fur et à mesure, on ne ressent pas le coût.

Alexandre : En France, l’augmentation est vraiment petit à petit. J’ai la sensation que c’est plus une augmentation histoire de continuer de faire du chiffre plutôt qu’une augmentation histoire d’être vraiment utile en terme de santé.

Julie Bottero : Vraiment vous êtes durs. C’est la première fois que les français réclament des taxes supplémentaires je pense…

Sandra : Non mais nous on ne fume pas ! (rires).

Alexandre : Quand on dit des taxes supplémentaires, ce serait vraiment une augmentation drastique et d’un coup quoi.

Julie Bottero : Je crois qu’on est presqu’à 7 euros le paquet ? Il me semble que c’est déjà énorme ! 7 euros par jour ça fait combien… 50 euros par semaine ? 200 euros par mois ? C’est déjà énorme ! Je trouve que c’est déjà un argument suffisant pour avoir envie de réduire sa consommation, comme l’a fait Samira.

Christian : Je vous assure chers auditeurs, c’est extrêmement difficile, même si on augmente à 100 euros, les gens fumeront toujours. C’est comme la boisson. C’est une question de volonté. Je décide de ne plus fumer et j’arrête de fumer.

Julie Bottero : Je pense que le prix est assez dissuasif, ne serait-ce que pour l’entrée dans le tabac chez les jeunes, quand même, moi je ne donnerai pas à mon enfant 200 euros par mois pour qu’il puisse continuer à fumer. A moins qu’ils vendent du shit pour arriver à s’approvisionner en tabac, même ce serait quand même assez étonnant.

Samira : Je pense qu’effectivement, c’est les plus pauvres pour le coup, avec le prix du tabac, c’est les plus pauvres qui trinquent. Et le risque c’est comme toutes les drogues en fait, le risque c’est d’aller sur le marché noir, parallèle et donc voilà, se chauffer de la cam n’importe comment, c’est ça le problème…

Julie Bottero : Ouais, en même temps on n’a pas forcément la preuve, en tout cas moi je ne l’ai pas, que les cigarettes vendues à Barbès sont de moins bonnes qualité que les cigarettes vendues chez le buraliste. Bon.

Yann : Pour les avoir fumé, je peux confirmer que tu as du mal à terminer ton paquet, donc tu n’en rachètes pas à Barbès par exemple. Vu la… on ne sait pas vraiment ce qu’il y a dedans, c’est dégueulasse à fumer quoi.

Sandra : Ok. Prochainement j’aimerai bien inviter un tabacologue, comme ça, il nous expliquera comment arrêter de fumer, comment on fait… là c’est déjà pas mal, dans le kit que vous pouvez récupérer dans les pharmacies, comme elle a dit Marisol Touraine, il y a agenda qui donne des conseils jour par jour, il y a aussi des conseils pour éviter de stresser, alors il y a des exercices à faire, le sport, tout ça. C’est pas mal. Si jamais vous avez envie de vous lancer dans cette aventure…

Julie Bottero : On peut le trouver dès maintenant en pharmacie ?

Sandra : Oui.

Yann : Et je rappelle aussi aux auditeurs habitants Paris bien sûr et sa banlieue, que le 22 décembre, on reçoit le docteur Hispard qui est addictologue, à Fernand Vidal et donc si vous avez d’autres questions plus larges, il sera là à la maison des familles pour vous répondre entre 19h et 21h.

Alexandre : J’avais une dernière remarque. Il a été dit qu’au bout d’un mois on a 5 fois plus de chance de continuer d’arrêter de fumer. Je me demandais juste, comment on pouvait en arriver à cette étude ? Je me demandais si on avait des détails de cette étude ou pas ?

Sandra : Là, je ne les ai pas mais… sinon on fera une émission d’une heure prochainement et on verra pourquoi.

Samira : C’est des statistiques, parce que moi j’ai arrêté plusieurs fois et même parfois 1 an et ça ne m’a pas empêché de recommencer.

Yann : C’est quand la journée de la clope d’ailleurs ?

Sandra : Ca existe ?

Alexandre : Journée internationale de soutien au tabagisme… non, je rigole (rires)

Sandra : Non, non. Bon, j’ai terminé en tout cas.

Alexandre : Merci Sandra, je ne sais pas si vous avez une dernière réaction ?

Yann : Le tabac tue. Fumer tue.

Alexandre : Oui, sur ces mots plein de vérité…

Julie Bottero : Limite la puissance…

Alexandre : Oui aussi.

Sandra : C’est vrai ?

Yann : Ah ! Ah ! Je veux des preuves ! (rires)

Samira : Je rajouterai sans mauvais et pollu !

Sandra : Ouais c’est vrai, Yann je n’osais pas te le dire mais… j’en ai marre quoi (rires)

Alexandre : Et même si vous continuer de fumer, ne jetez pas vos mégots par terre, parce qu’en plus maintenant c’est répréhensible.

Samira : Combien de litre d’eau gaspillé pour nettoyer le tabac !?

Alexandre : Exactement.

Yann : Où va la liberté !

Alexandre : Voilà, que de paroles plein de sagesse. Bon, si vous avez une réaction chers auditeurs, n’hésitez pas à envoyer vos messages…

Yann : Mais même un petit témoignage pour nous dire tous les bienfaits que vous avez ressenti après l’arrêt du tabac. Je sais que, moi qui adore la cuisine et bien manger, on retrouve des saveurs, des choses incroyables, comme le disait le docteur Bottero sur la sexualité, la bonne érection pour les garçons, parait-il que ça joue beaucoup. Oui mais enfin un bon fumeur peut aussi prendre des pilules qui… (rires)

Samira : Il y a un frein majeur, c’est la peur de grossir aussi.

Sandra : Oui, mais il faut faire du sport pour éviter de grossir.

Alexandre : Voilà, faisons du sport ! Si vous avez une réaction, n’hésitez pas à nous appeler au 01 40 40 90 25. Laissez-nous un message sur le site comitedesfamilles.net, réagissez sur Twitter @vihradio ou sur notre page Facebook Comité des familles.

Transcription : Sandra JEAN-PIERRE