Forum des auditeurs : « J’avais mes raisons d’hésiter à annoncer ma séropositivité »

, par Sandra

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Forum des auditeurs : « J’avais mes raisons d’hésiter à annoncer ma séropositivité »

Sandra : Je termine avec le message de Bolingo. Vous vous souvenez, Bolingo qui avait laissé son témoignage :

- Témoignage de Bolingo

Moi j’ai appris ma séropositivité suite à l’hospitalisation, je faisais les fortes températures et le médecin avait fait la demande des examens général y compris la sérologie, se révélant positif, c’était un choc énorme.
Il y a 10 ans et j’avais 36ans,et en même temps, il découvra que j’attendais un enfant. Il me demanda si je voulais garder la grossesse. Je lui avais dit de me laisser quelques jours pour réfléchir. Trois semaines plus tard je suis allé le voir pour lui demander des conseils et le risque pour le bébé si je gardais la grossesse. Il m’avait bien expliqué que si je décidais de garder la grossesse, il y avait 80% de chance que mon bébé soit négatif. Alors suite à ma conviction et ses conseils, j’avais décidé de garder ma grossesse, et comme le père de mon fils avait le problème de cholestérol il faisait la prise de sang chaque 3 mois, il venait même d’en faire c’était négatif. On avait décidé de garder la grossesse mais je ne lui avais pas dit mon état séropositivité, j’évitais les rapports sexuels. Avant mon accouchement il avait fait ses examens médicaux 2 fois qui était toujours négatif.
Quand j’ai accouché, mon bébé était négatif. Il fallait faire le test chaque 3 mois jusqu’à ses 9 mois et trois fois c’était négatif. Je quitta son père de peur de le contaminer, et aujourd’hui mon fils est négatif en très bonne santé je bénie Dieu.

Si je n’avais pas partagée avec le père de mon fils c’est parce qu’il critiquait et condamnait les séropositifs. Je l’ai partagé avec ma fille qui a 29 ans. C’était très difficile pour qu’elle accepte mais avec le temps et en me voyant en bonne santé, elle est rassurée. D’ailleurs c’est elle qui m’avait conseillée ce site pour faire des rencontres pour éviter de vivre ce que j’avais vécu avec le père de mon fils car je vous assure que ce n’est pas facile de vivre avec quelqu’un en cachant son état surtout prendre son traitement en cachette, éviter que l’autre t’accompagne aux visites médicales. C’est la raison qui me pousse de chercher un séropositif pour refaire ma vie..

Nos réponses au témoignage de Bolingo : Forum des auditeurs : « Le père de mon fils condamnait les séropositifs, alors je l’ai quitté »

- La réponse de Bolingo

Bonjour, merci pour vos commentaires à ma triste histoire, je bénie Dieu car je ne jamais partagée à personne, pour moi je sens un soulagement. Je pense que si j’hésitais à annoncer au père de mon fils, j’avais mes raisons, 1. La peur d’être rejetée, critiquée,et je suis sur et certain qu’il n’allait pas testé avec moi.
Car il critiquait les séropositif(ves) . En tout cas je souhaiterais refaire ma vie avec un séropositif car j’ai envie de vivre ma vie avec quelqu’un qui le même problème que moi car entre nous si il y a le vrai amour, nous ferons tous ensemble avec une grande complicité sans condamnation. Depuis que j’avais annoncée à ma fille je me sens la plus heureuse, je eu le goût de vivre en faisant le projet, je ne voulais pas travailler, mais là je travaille et je vie comme tout le monde, il reste qu’à trouver l’homme de ma vie. Merci beaucoup au Comité des familles

Sandra : Mohamed et Christian, auriez-vous un message pour Bolingo ?

Christian : Oui, l’idéal reste de toujours trouver vraiment le bon partenaire idéal. Celui qui souffre de la même pathologie que vous, pour partager une vie éternelle, si je peux dire ça comme ça. Maintenant, je connais des couples où la personne n’est pas séropositive et qui accepte de vivre avec quelqu’un qui est séropositif. On trouve davantage des personnes comme ça et ça fait du bien. L’important, c’est de trouver toujours celle ou celui qui correspond à vos appréhensions. Moi je lui souhaite beaucoup de courage et j’espère vraiment que Bolingo, ça ira. Ca ira vraiment pour elle, elle pense bien, c’est déjà important.

Mohamed : Je trouve ça désolant, surtout maintenant à l’heure d’aujourd’hui, avec les progrès faits avec la trithérapie. Je pense qu’il n’y a pas lieu de dramatiser autour de la maladie. C’est pour ça que je trouve ça aberrant.

Sandra : Oui, il faut que les gens s’informent pour qu’ils comprennent que le VIH, comme tu dis, c’est une maladie comme les autres.

Mohamed  : Exactement, et maintenant avec les progrès qui ont été faits, la trithérapie avec 2 prises par jour ou, selon la personne, peut-être 3. C’est déjà un peu plus souple et moins contraignant.

Sandra : Et je rappelle que pour l’allègement thérapeutique, toujours le faire avec l’accord de son infectiologue, c’est important, parce que tout le monde ne peut pas bénéficier de l’allègement thérapeutique, ça dépend de son corps tout simplement, de son système immunitaire.

Christian : Mohamed, je voulais quand même dire, comprenons quand même aussi cela. Je vous assure, ce n’est pas très facile. Ca se dit dans les mots, je vais vivre avec un séropositif, c’est très facile, moi séronégatif, j’accepte de vivre avec un séropositif, si on change l’affaire, toi tu n’es pas séropositif, est-ce que tu accepterais de vivre avec une séropositive au nom de l’amour ? Ce n’est pas très facile mais… c’est vrai qu’il faut davantage informer les gens mais même si on les inculque ça, il y aura toujours quelques personnes réticentes face à la pathologie que nous vivons.

Sandra : Merci pour vos réactions à vous deux, n’hésitez pas à réagir sur le site comitedesfamilles.net

Transcription : Sandra JEAN-PIERRE