Marcelle, 26 ans, séropositive : « Un gros choc pour moi »

, par Sandra

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Marcelle, 26 ans, séropositive : « Un gros choc pour moi »

- Le message de Marcelle

Bonjour, je suis Marcelle ,je vis au Cameroun et j’ai 26 ans il y a de cela 3 mois que j’ai appris que j’étais séropositive sans vous mentir ça a été un gros choc pour moi. J’ai un fils de 8 ans et j’ai très peur pour lui et quand je pense que mes futurs enfants ne prendront pas mon sein sa me rend encore plus malade. Mais je crois en DIEU, j’ai la FOI qu’il aura une réponse pour nous mes frères et sœurs qui sont dans la même situation.

Sandra : Avez-vous un message pour Marcelle ?

Yann : Ah moi j’ai quelque chose de très positif, on est en train de parler justement du fait que bientôt les mamans pourront donner le sein, avec les nouvelles molécules, tu en sais quelque chose toi ?

Sandra : Bien sûr, c’est en cours. Il y a des études. Pour l’instant, les médecins, c’est un débat...

Yann : Ils sont frileux.

Sandra : Ca rappelle le débat qu’il y a eu sur la charge virale indétectable. Quand on a annoncé que les personnes séropositives qui suivaient correctement leur traitement, avaient une charge virale indétectable depuis plus de 6 mois et pas d’autre IST, ne transmettent pas le VIH, ça a fait tout un bruit, c’était une révolution. Il y a ceux qui était pour et contre. Maintenant, tout va bien. Pour l’allaitement, c’est un peu la même chose. C’est encore en cours. Donc évidemment, ne faites pas n’importe quoi. N’allez pas donner le sein à votre enfant si vous n’êtes pas suivie par un infectiologue, si vous n’avez pas au préalable regarder des études, etc. Mais donc, j’espère que d’ici quelques années, les femmes séropositives qui suivent un traitement pourront allaiter. Ce sera vraiment une très bonne nouvelle.

Et donc pour Marcelle, j’ai envie de lui dire, je comprends le choc que tu as. Tu viens d’apprendre cette mauvaise nouvelle, ça reste une mauvaise nouvelle. J’espère que là où tu es au Cameroun, tu peux prendre ton traitement. Je sais que c’est difficile au Cameroun parfois d’avoir son traitement tout le temps. Il y a des ruptures, c’est compliqué, la corruption. J’espère que pour toi ça va. Parce que tant que tu prends ton traitement, ça va. Tu pourras vivre et tu ne pourras pas transmettre le VIH à ton enfant. Elle n’a pas laissé de contact. Donc, j’invite Marcelle à revenir vers nous et à nous laisser au moins son adresse mail. On pourra communiquer avec elle et en plus, je pourrai te mettre en contact avec Hans qui est président d’une association au Cameroun pour les personnes vivant avec le VIH. Donc n’hésites pas Marcelle à revenir vers nous. Christian, peut-être que tu veux lui dire quelque chose ?

Christian : Tu as tout dit. On comprend le choc qu’elle a pour le moment. Et puis le combat n’est pas encore terminé. Elle va vivre certainement les discriminations, beaucoup de choses. Vraiment, si elle peut se rapprocher de certaines associations pour qu’on puisse l’aider et la soutenir sur le plan moral et qu’elle soit davantage forte. Comme tu l’as dit, le seul bon remède pour le moment, c’est de suivre bien sa trithérapie, de prendre bien ses médicaments et de sauver l’enfant, qu’elle ne donne pas le sein à son enfant. Les biberons sont encore là, qu’elle continue à les utiliser. Je crois qu’avec le temps, elle finira par comprendre qu’il faut tenir. Il faut tenir, rester forte.

Sandra : Je rappelle que dans certains régions d’Afrique et puis ailleurs aussi, où on a du mal à accéder à l’eau potable, là, les recommandations ne sont pas les mêmes. Donc on recommande pour les femmes séropositives qui n’ont pas accès à l’eau potable d’allaiter leur enfant, parce que si un bébé boit de l’eau non potable, il meurt. Le risque n’est pas le même. Je tenais juste à le dire. Catherine, n’hésitez pas à réagir si vous avez envie de parler.

Catherine Kapusta-Palmer : C’est très bien ce que vous venez de dire. C’est tout à fait ça. Il y a le choc de l’annonce évidemment. J’espère qu’elle va pouvoir se soigner correctement et suivre son traitement correctement. Aujourd’hui, on doit le dire aussi, les traitements sont différents. J’espère qu’elle aura accès aussi, facilement.

Sandra : N’hésitez pas chers auditeurs à laisser vos messages sur le site comitedesfamilles.net.

Transcription : Sandra JEAN-PIERRE