Jacques Leibowitch : « Révoltez-vous contre vos médecins qui ne veulent rien changer »

, par Sandra

JPEG - 92 ko
Jacques Leibowitch au Comité des familles
Jacques Leibowitch : « Révoltez-vous contre vos médecins qui ne veulent rien changer »

Bruno : Juste pour revenir vite fait sur l’espoir, c’est vrai que j’ai connu Sustiva, les cauchemars et tout ça.

Jacques Leibowitch : De votre dame.

Bruno : Oui voilà. Au jour d’aujourd’hui c’est vrai que je vois les crises de comportements et donc c’est pour ça que moi c’est un espoir certainement en réduisant peut-être moins de…

Sandra : Moins d’effets secondaires, tu penses qu’en réduisant, il y aura moins d’effets secondaires.

Jacques Leibowitch : Ne croyez pas, je vais vous répondre très précisément parce que j’en ai vu quelques-uns qui étaient sous Atripla par exemple. Atripla 3 médicaments dans une seule pilule. Truvada + Efavirens, le Sustiva. Les traitements intermittents à la ICCARRE c’est on arrête le vendredi on reprend le lundi. Le mardi ils ont la tête dans le gaz alors qu’ils ne l’avaient plus en continu. Autrement dit les effets neuropsychiques au contraire réapparaissent. Si on diminue à 400 milligrammes il y en a un peu moins, si on met à 300 milligrammes, un peu moins aussi. Personne ne le fait à 300 milligrammes, il n’y a que moi qui fais 300 milligrammes de Sustiva alors qu’on peut très bien le faire en traitement d’entretien. Mais les effets indésirables des médicaments s’ils sont là, avec le Sustiva on le sent parce que les gens peuvent témoigner, ils le disent. Pour le reste on ne sait pas. Les os, les reins, on n’en parle pas, vous voyez ce que je veux dire. Les muscles non plus. Si c’est toxique, en intermittence, la toxicité sera intermittente mais ce sera quand même toxique. Ce sera moins toxique sur le cumul probablement, c’est ce qu’on espère. Mais ça ne fait pas disparaitre les effets secondaires s’il y en a de façon aussi visibles que le Sustiva. Donc il suffit de changer.

Bruno : Il y a un plus gros taux de résistance ?

Jacques Leibowitch : C’est le taux d’échec, ça s’appelle comme ça. Les échecs virologiques ça se calcule sur 100 années patients. Nous on a les mêmes chiffres que les grandes cohortes qui sont publiés avec les trithérapies. Et beaucoup moins qu’avec les trithérapies antiprotéases qui sont proposées qui sont des échecs à deux chiffres, entre 10 et 20% d’échecs par 100 années patients alors que nous c’est 3 ou maximum, sur un petit nombre évidemment, c’est 3 années échecs sur 100 années patients à 2 jours par semaine. 0 à 4 jours par semaine.

Bruno : Juste pour finir avec j’y vais. Ça veut dire qu’on pointe les industries pharmaceutiques…

Jacques Leibowitch : Non ! Surtout pas ! C’est marrant de dire ça. C’est intéressant parce que, tout de suite on dit ouais, c’est la big pharma qui est là alors on fait, comme dans les guignols de l’info, cette bande de crétins qui vous font Big Brother tous les soirs, pour vous dire de toute façon vous êtes tous des cons, ils sont tellement plus fort que vous, ils sont tellement plus méchants que de toute façon vous n’avez aucune chance. Une perversité bien franchouillarde, bien comme ça les puissants et nous les faibles, c’est dégoutant. Bon ça pourrait être vrai mais il se trouve que pharma et big pharma ils ont eu l’autorisation pour 7 jours, on ne les voit pas se précipiter pour faire que 4. A moins que les barons de chaires, c’est-à-dire les autres professeurs disent non finalement 7 c’était trop, 4 ça ira. Alors l’industrie fera ce qu’on lui dira. L’industrie d’armement ce n’est pas elle qui balance les bombes. Ils les fabriquent et c’est les colonels et les généraux et les Etats majors qui les balancent. C’est ceux qui balancent les antiviraux qui sont responsables de la surmédication et pas le Big pharma. Révoltez-vous contre vos médecins et tous ces crétins qui autour d’une table qui ne veulent rien changer parce que c’est vrai qu’ils risqueraient de se dédire et on pourrait se poser des questions sur comment ça se fait qu’ils ont donné autant de valeur à la surmédication. Merci de m’avoir donné l’occasion de pousser un coup de gueule !

Transcription : Sandra Jean-Pierre