Le VIH vu du web : Le buzz positif de Charlie Sheen / Nouveaux essai de PrEP pour les femmes

, par Sandra

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Le VIH vu du web : Le buzz positif de Charlie Sheen / Nouveaux essai de PrEP pour les femmes

Alexandre : Pour débuter ce mois de mars spécial femmes, je ferai une chronique vous vous y attendiez, logiquement, sur la… ?

Sandra : Bah je ne sais pas (rires). Sur la femme ?

Alexandre : Bah non, sur la prévention.

Sandra : Ah ! Génial ! Voilà, c’était ma phrase d’intro ! On commence donc avec le meilleur ami de la prévention, j’ai nommé, le STAR SYSTEM. Vous n’êtes pas sans savoir que l’acteur Charlie Sheen est séropositif depuis plusieurs années, il l’a annoncé à la télé américaine en novembre dernier. Et bien des chercheurs ont analysé le nombre de requêtes réalisées sur Google durant les trois semaines qui ont suivi la révélation. Figurez-vous que les mots-clés VIH, préservatif, symptômes ou signes du VIH, ou dépistage ont été tapés 5 fois plus qu’à l’habitude sur cette période, soit 2,75 millions recherches en plus qu’en temps normal. Quelques heures après l’annonce à la presse de sa séropositivité, une hausse de 265% des articles mentionnant le mot VIH était à noter.
Repris par le site Internet Pourquoi Docteur, le responsable de ces recherches et professeur en santé publique à l’Université de San Diego John Ayers l’a affirmé, “Bien que personne ne devrait être contraint de révéler sa séropositivité, l’interview de Charlie Sheen a pu avoir un impact positif sur la santé publique en contribuant à la prévention et l’information sur le VIH”.
L’annonce de la séropositivité des personnes célèbres, du monde people, comme on l’appelle, peut avoir son influence dans la prévention, lorsque l’on sait qu’en France par exemple, on estime qu’un cinquième des personnes contaminées ne connaissent pas leur sérologie.

Sandra : Alors, merci pour cette première info. Mohamed, Jacques. Etiez-vous au courant comme l’a dit Alexandre, que Charlie Sheen est séropositif ? Avez-vous suivi cette annonce médiatique qu’il a faite ?

Jacques : Pas du tout.

Mohamed : Moi non plus.

Sandra : Ah bah voilà, tu dis qu’on sait Alexandre mais on ne sait pas (rires). C’était pour faire du buzz qu’il a fait ça, à travers une émission je crois ?

Alexandre : C’est pendant une émission. Est-ce que c’est vraiment pour faire le buzz, étant donné qu’il… enfin, on savait qu’il avait une vie sulfureuse à la base…

Sandra : Mais bon, si ça peut aider à faire parler du VIH, pourquoi pas ! N’hésitez pas à réagir sur le site comitedesfamilles.net. As-tu d’autres infos ?

Alexandre : Totalement. À l’occasion de la CROI, la Conference on Retroviruses and Opportunistic Infections…

Sandra : Tu t’es entrainé ! (rires)

Alexandre : Franchement, je me suis entrainé et je n’y arrive toujours pas. Mais ça va venir. Donc la Conférence annuelle sur les rétrovirus et les infections opportunistes, qui a eu lieu la semaine dernière, le site Internet Seronet a décidé de faire une liste des dérivés et des autres moyens d’utilisation et d’expansion de la PrEP. La PrEP, petit rappel, c’est la Prophylaxie Pré-Exposition, ce médicament anti-rétroviral qui permet d’éviter toute contamination au VIH si pris avant et après un rapport sexuel. Il a été commercialisé en France et est même remboursé par la sécurité sociale depuis janvier. Mais ce moyen de prévention qu’est la PrEP ne se résume pas qu’au fameux comprimé à base de ténofovir et d’entricitabine. Lors de la CROI 2014, on parlait déjà d’un projet d’injection trimestriel d’un antirétroviral expérimental, le cabotégravir, testé pour les rapports vaginaux et anaux. Les essais avaient été concluants d’après les chercheurs, on attend encore pour la suite des recherches.
Autre piste, les gels et les films vaginaux, mais les résultats sont encore bien trop incertains pour le moment, cela diffère en fonction de l’anti-rétroviral utilisé dans le gel, et pour le film, il n’est pas très pratique à appliquer, et pour l’instant bien moins efficace.
On peut parler aussi de l’anneau vaginal, alors ça c’est un anneau en polyuréthane ou latex qui libère l’anti-VIH progressivement dans le vagin. La particularité de cet anneau, c’est que son effet est local, ça n’est pas un médicament à proprement parler, il est par conséquent inutile en cas de rapport anal. Une foule d’essais sont consacrés pour ces anneaux. On leur ajoute un effet contraceptif, anti-herpès, ou rien de plus qu’un simple anti-rétroviral. Les principaux essais qui nous intéressent ont été présentés lors de la CROI2016, donc, des essais préventifs effectifs dont nous vous communiquerons l’avancée dans le courant du mois.

Mes sources sont tirées d’Internet, je vous mets les liens sur notre compte twitter @VIHRadio pas plus tard que tout de suite.

Sandra : Merci Alexandre. Alors, Mohamed, la PrEP, normalement tu sais ce que c’est. Jacques, est-ce la PrEP, ça te parle ?

Jacques : Pas du tout.

Sandra : Tu as compris ce que c’était ou pas ?

Jacques : Vaguement.

Sandra : Donc en fait, la PrEP, c’est le fait pour une personne séronégative de prendre un traitement VIH pour se protéger d’une contamination VIH. D’où l’étude Ipergay, je ne sais si tu en as entendu parler ?

Jacques : Non.

Sandra : Bon. Ce n’est pas grave, tu découvres !

Jacques : Je ne suis pas gay.

Sandra : Ah ! Non mais rien à voir. J’en ai entendu parler et pourtant… tu vois ! (rires). Et ton avis alors, qu’en penses-tu de la PrEP ?

Jacques : J’en pense que du bien parce que j’ai vécu l’expérience déjà donc voilà.

Sandra : L’expérience de ?

Jacques : Avec une non-contaminée quoi.

Sandra : D’accord.

Jacques : Et ça ne s’est pas très bien passé.

Sandra : Peut-être que nous aurons l’occasion d’entendre ton histoire dans de prochaines émissions.

Jacques : Voilà.

Sandra : Avec plaisir ! N’hésitez pas à réagir sur le site comitedesfamilles.net