Forum des auditeurs : J’ai le VIH ou pas ? / Je vis au quotidien le rejet des autres / Je prends mon traitement VIH 1 jour sur 2

, par Sandra

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Mohamed, Bruno et Alexandre réagissent aux messages des auditeurs
Forum des auditeurs : J’ai le VIH ou pas ? / Je vis au quotidien le rejet des autres / Je prends mon traitement VIH 1 jour sur 2

Le message de Caro :

Bonjour, avec une écho chez le gynécologue après deux semaines, il peut savoir s’il j’ai le Sida ou non ? Il m’a dit ne t’inquiète pas, je n’ai rien mais j’ai des doutes quand même, merci de me répondre.

Sandra : Très rapidement, j’ai envie de répondre, le seul moyen pour savoir si on a le VIH ou pas, c’est d’aller se faire dépister dans un centre de dépistage anonyme et gratuit. Ou bien de faire le dépistage rapide, le TROD, dans des associations. Je pense notamment à l’association AIDES qui fait ce genre de dépistage ou bien il y a aussi l’autotest qu’on peut acheter en pharmacie d’une valeur de 28 euros je crois, c’est un peu cher. Est-ce que vous confirmez l’équipe radio autour de moi ?

Bruno : Oui, on confirme.

Alexandre : Totalement.

Sandra : J’ai un sans faute ?

Alexandre : Ca me semble pas trop mal.

Sandra : Je n’ai jamais entendu que chez le gynécologue on pouvait savoir avec une échographie si on avait le VIH ou pas. On continue avec le message de Makakblanc, alors c’est le pseudo qu’il a choisi, je ne sais pas pourquoi. Mais bon, son message en revanche m’a touchée. Voici son message.

Bonjour, c’est sur que ce n’est plus le même regard qu’il y a quelques années !! Mais c’est toujours pareil. Personne ne veut et à envie de côtoyer, de travailler avec une ou un séropositif ! Ceux qui disent que cela ne les dérange pas, excusez-moi du peu, mais c’est juste la petite phrase gentille pour faire le beau seigneur et l’avenir m’a toujours remis les pieds sur terre et jamais, je dis bien jamais depuis que je suis tombé malade, c’est comme de tomber amoureux on n’y peut rien. Sauf que là.. ce n’est pas le même amour, c’est celui de la maladie et le rejet des autres, que je vis au quotidien les gens sont complètement flippé de l’attraper par le regard ?! Je plaisante. Mais ils vous font de belles promesses de belles paroles, qui touchent, de beaux projets. Mais jamais qui n’aboutissent, j’ai perdu tout le monde et j’aimai la vie. Au revoir bonne chance pour celles et ceux qui croient encore en l’être humain…

Sandra : Voilà, le message de cet auditeur. Auriez-vous un message pour lui ? Il semble un peu, je dirai déprimé en fait. Il m’a semblé déprimé.

Alexandre : Il ne semble pas déprimé, il semble à bout. Ca fait un peu peur de voir ce genre de messages. Il n’y a pas de raison qu’un être humain tel qu’il soit ne connaisse pas de joies et de bonheur dans sa vie. Faut vraiment tenir le coup et faut essayer d’être le moins possible négatif même si je sais qu’après quelques épreuves, après de nombreuses épreuves, c’est très difficile. Il faut vraiment essayer de positiver même quand on n’a plus rien en face, qu’on a plus que du sombre en face de nos yeux et qu’on se dit… il n’y a pas cette petite lumière qui nous permet d’avancer, il faut essayer de la trouver. Toujours essayer de continuer de chercher et ne jamais baisser les bras.

Sandra : Alain et Mohamed, avez-vous quelque chose à dire à cet auditeur ?

Alain : Je dirai que, on peut faire des rencontres dans des associations. Il y a quand même pas mal d’associations, notamment de convivialité pour les séropositifs. Et c’est un moyen de faire des rencontres et de finalement de mieux assumer son quotidien, parce qu’effectivement, on se heurte parfois à des hostilités chez certaines personnes mais bon, il y en a d’autres qui sont compréhensives.

Mohamed : Moi je dirai pour cette personne, qu’elle devrait faire abstraction du regard des autres, apprendre à vivre avec la maladie et puis faire avec, faire juste en sorte que le traitement il le prenne discrètement et puis qu’il continue sa vie, qu’il fasse comme s’il est comme tout le monde, comme beaucoup vivent avec le VIH et personne ne le sait. Faut arrêter qu’il pense que le VIH se transmet par le regard, ou qu’il ait des préjugés aussi profond. Faut qu’il se dise qu’il est là et faut qu’il continue à se battre et il doit vivre. Tout simplement. Comme j’encourage tous les gens malades à faire pareil, à leur donner de l’espoir et à s’encourager, à se monter des projets et vivre avec la maladie. Garder l’espoir et puis vivre avec.

Bruno : Aujourd’hui, comme il y a 20 ans, c’est toujours difficile de l’accepter. Il y a des paliers à passer, c’est vrai que, comme dit Alain, sortir de l’isolement, aller rencontrer des associations, c’est vrai que c’est une bonne démarche. Ce n’est pas facile mais il faut penser à faire cette démarche, sortir de l’isolement, rencontrer. C’est des paliers à passer. C’est vrai qu’il faut qu’on l’accepte. Les gens stigmatisent toujours aujourd’hui mais c’est la bonne démarche je pense d’aller vers les associations.

Sandra : Moi je voulais juste dire, effectivement, tu n’es pas tout seul, tu peux nous contacter au Comité des familles, au 01 40 40 90 25. On fait plein d’activités de convivialité, des repas, des sorties, des soirées. Ne baisse pas les bras. Alexandre, tu voulais rajouter quelque chose ?

Alexandre : Je voulais juste rebondir sur ce que disait Mohamed. Tu n’as même pas besoin de faire comme si tu étais comme tout le monde puisque tu es comme tout le monde. Le VIH ce n’est pas inscrit dans ton identité, ce n’est pas dans ton prénom, ce n’est pas dans ton nom. Tu es comme tout le monde. Tu as juste cette particularité en plus qui fait ce que tu es. Mais ça ne devrait pas avoir à influencer sur ton humeur au quotidien, sur ton bien-être.

Sandra : Et puis j’encourage les autres auditeurs à laisser un message sur le site comitedesfamilles.net. Je vais terminer le forum des auditeurs avec le message de Bob 02.

Je suis séropositif depuis 1998, mes CD4 ont toujours été bons, je prends ma trithérapie un jour sur deux. J’ai commencé à réduire la trithéraphie en novembre 2013, suite à des douleurs musculaires et de très grosses fatigues, aujourd’hui tout va bien, les résultats sont bons, plus aucune douleur, je suis suivi par mon virologue.

Sandra : Alain, tout à l’heure on va en découvrir davantage sur toi dans l’émission, mais voilà, le traitement un jour sur deux, est-ce que c’est quelque chose que tu as déjà entendu ?

Alain : En fait, ce n’est pas un jour sur deux, c’est trois ou quatre jours par semaine.

Sandra : Ca dépend. Lui, c’est un jour sur deux. Par exemple Jean-François, qui est notre correspondant en Saône-et-Loire, prend son traitement aussi un jour sur deux.

Alain : Alors là, je n’ai aucune connaissance sur cette pratique.

Sandra : C’est l’allègement thérapeutique, ça revient au même.

Alain : Oui, en revanche je sais qu’il ne faut pas faire ça de soi-même, qu’il faut faire ça en collaboration avec son médecin parce que sinon on prend des risques que le virus s’échappe et d’avoir des problèmes pour trouver un traitement adapté par la suite.

Sandra : Si vous voulez faire comme Bob 02 ou toutes les autres personnes séropositives qu’on a entendu dans nos autres émissions, alléger votre traitement, parlez-en avec votre infectiologue, et si jamais votre infectiologue ne veut pas, tentez de voir un autre infectiologue, plusieurs avis, c’est bien aussi. N’hésitez pas. Si vous avez des questions à nous poser là-dessus, vous pouvez nous laisser un message sur le site comitedesfamilles.net ou nous appeler au 01 40 40 90 25. Et puis je remercie Bob 02 pour son témoignage.

Transcription  : Sandra JEAN-PIERRE