Forum des auditeurs - Abdou : « Les associations et autres organisations sont manipulées par les grandes firmes pharmaceutiques »

, par Sandra

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Forum des auditeurs - Abdou : « Les associations et autres organisations sont manipulées par les grandes firmes pharmaceutiques »

- Message d’Abdou

Bonjour Sandra !
C’est avec intérêt comme a chaque fois que j’ai écouté votre émission du 07/02/2017 sur votre site internet et encore une fois je vous félicite de votre travail.

Que les grandes firmes pharmaceutiques influencent les chercheurs a toujours été décriées partout dans le monde et ce ne sont pas les exemples qui manquent
Je citerais une émission d’une télévision ici au Sénégal qui avait invité une personne qui disait savoir guérir le VIH et l’animateur de l’émission a eu l’ingénieuse idée d’inviter ledit guérisseur et et le président d’une association de personnes vivants avec le VIH qui est lui même concerné par le VIH !

Très vite le président de l’association a traité le guérisseur de tous les noms alors que ce dernier lui a mis au défis de le guérir gratuitement en échange d’avoir l’honnêteté de revenir à l’émission reconnaître sa guérison.

Il a catégoriquement refusé de tenter l’expérience alors qu’il avait la possibilité de valider ou d’invalider la thèse du guérisseur devant tout le monde.
Ceci pour vous dire qu’au delà des étudiants et chercheurs, les associations et autres organisations sont manipulées par les grandes firmes pharmaceutiques.

Bruno : Pour le cas du Comité des familles, on n’accepte aucun financement du pharmaceutique. On n’est pas dans ce cas-là. Après c’est vrai qu’il faut toujours se méfier. Ils apportent beaucoup dans la recherche. Je pense qu’il faut faire un tri dans tout ça.

Christian : Ce n’est pas un cas isolé. Même au Cameroun, lorsque je commençais à vivre la pathologie, les membres de ma famille, très soucieux de mon cas, avaient été contactés par une soit-disante guérisseuse, voyante et tout. Elle allait en brousse, elle prenait des écorces. Elle m’avait fait 3 gros bidons et elle a rassuré tout le monde en disant que dans 3 mois, cette histoire serait complètement partie de mon corps et que je me serai très bien porté. Donc la condition était de ne pas toucher aux médicaments que je devrai avoir à l’hôpital et tout, que je devrai ne pas boire ça et que si j’avais déjà commencé à prendre ça, c’est biaisé. Et donc voyez-vous, ces gens sont tellement rusés. Mais on n’a pas hésité. Je voulais être guéri. Je suis un peu comme Thomas, j’aime toucher la chose du doigt. Donc moi j’ai bu ces…

Sandra : Alors, Thomas, tu parles de Thomas dans la bible, Saint Thomas, pour ceux qui ne connaissent pas…

Christian : Oui. Moi j’ai bu ces 3 bidons sans avoir touché aux médicaments. Franchement, c’est bien qu’on en parle parce que beaucoup de gens, je vous assure, au pays au Cameroun, moi je connais bien, ne touche pas aux médicaments pour la plupart généralement. Ils mettent les médicaments à côté et ils croient les charlatans et beaucoup de décès. L’ultime solution c’est pourtant d’aller à l’hôpital, et puis tu n’as plus de problème.

Marco : Je vais revenir là-dessus parce que je suis camerounais, un peu concerné. En réalité, c’est une histoire vraie parce qu’il y a des gens, je ne sais pas si ce sont des charlatans, des marabouts qui influencent des personnes ou je ne sais pas si c’est pour leur soutirer de l’argent ou bien faire d’autres expériences et beaucoup tombent dans ce jeu-là, en voulant tester ce genre de truc. Alors moi je dis toujours vu mon expérience, je conseille toujours aux gens à partir du moment où… voilà, je vais prendre un autre cas, j’ai travaillé dans une société au Cameroun, un collègue qui était gravement malade, je ne sais pas de quoi il souffrait, il est venu me voir et il me dit “vraiment mon frère, je suis malade, on me dit que j’ai un zona”. Je lui demande s’il a été à l’hôpital et il me dit oui. Je lui dit non, si tu étais à l’hôpital, montre-moi ton carnet, si tu es sérieux. Il me dit non… Ok. Je lui dit, il faut faire très attention, ces histoires où on va te donner des écorces, tu ne sais pas ce que tu es en train de consommer. Va à l’hôpital. L’hôpital te dira ce que tu as et tu vas te soigner clairement. Arrêter ces histoires, des gens viennent vous raconter et tout. Ca existe et les gens arrivent à tomber toujours dans ce piège-là.

Yann : Je conseille qu’on garde l’écorce camerounaise pour faire ce plat incroyable qui s’appelle... (rires)

Christian : Je veux dire une dernière chose…

Sandra : Ah non, non, attends Christian…

Yann : Réponds à ma question, comment s’appelle le plat camerounais qu’on fait avec les écorces d’arbre ?

Marco et Christian : Il y en a tellement…

Marco : Il y a le ndolé qui…

Yann : Non, non… Mako… Bon.

Sandra : Chers auditeurs, on a besoin de vous ! On a besoin de vos lumières !

Yann : Deux camerounais qui n’y connaissent rien en cuisine.

Sandra : Evidemment, ce sont des hommes, eux, ils ne font que manger (rires).

Christian : On pourra revenir sur les plats mais je veux dire quelque chose. Et ça, j’ai déjà vu ça ici en France. Vraiment nos auditeurs qui nous écoutent et qui sont vraiment malades et vivent la pathologie que nous vivons, évitez d’aller dans ces églisettes où on dit “Alléluia, jésus sauve ! Jésus sauve ! Tu ne prends plus les médicaments, je t’impose les mains et tu guéris du sida”. Ca n’existe pas ! J’ai vécu ça au Cameroun pendant longtemps, je suis arrivé ici, et je vois comment ça se passe et les gens s’accrochent dessus, dépensent leurs petits sous pour nourrir, rendre les pasteurs bourgeois et tout, et ils ne reçoivent pas la guérison, c’est faux ça !

Yann : J’ai même l’exemple gravissime de ma compagne qui a des problèmes hépatiques dû à un charlatan qui en fin de compte faisait des transfusions de leur propre sang. Il retirait le sang de la patiente, on ne sait pas ce qu’il en faisait. Il réinjectait le sang. Donc elle a quand même le foie très abimé à cause de ça et ça n’a absolument rien servi par rapport à la pathologie du VIH.

Christian : Et pour les repas il y a le mbongo tchobi qu’on mange chez nous. C’est un repas qu’on fait avec une écorce qui est toute noire…

Yann : C’est le mbongo tchobi !

Christian : Il est très bon !

Bruno : J’ai un grand respect pour nos traditions. C’est vrai que je sais que les médicaments viennent de plantes mais c’est vrai que je pointerai plutôt les stratégies de nos gouvernants. Est-ce qu’ils doivent intégrer les médecines traditionnelles dans les stratégies ? Ca dépend les pays. Nous, on a la chance en Europe, on a accès…

Yann : Puis j’ai surtout l’impression que dans ces pays-là dont on parle, le Cameroun mais il y en a plein d’autres, ces charlatans ne sont jamais condamnés.

Christian : Puisque je vous dit, quand on vend les propres médicaments de pharmacie en bordure de route. A plus forte raison, les traditionalistes, ils sont sont nombreux, ils sont partout. Chacun écrivent bien estampillé sur des plaques…

Marco : Il y a un travail à faire du gouvernement par rapport à ça. Quelqu’un ne peut pas sortir de nul part et dire aux gens, en plein carrefour, je guéris telle maladie sans…

Christian : C’est écrit sur des cartons et les gens croient, il a des bidons, des écorces et non, c’est n’importe quoi franchement.

Sandra : Bon bah tu vois Abdou, ton message a suscité une bonne discussion, merci encore. N’hésitez pas à laisser vos messages sur le site comitedesfamilles.net

Transcription : Sandra JEAN-PIERRE