Sidaction 2017 : les victoires contre le VIH/Sida mises en avant

, par Sandra

PNG - 505.8 ko
Sidaction 2017 : les victoires contre le VIH/Sida mises en avant

Sandra : Ca, c’est la musique du Sidaction !

L’année dernière, nous avons parlé du Sidaction à l’émission Vivre avec le VIH. Pour rappel le Sidaction c’est une association de lutte contre le VIH/Sida. Chaque année, des campagnes dans les médias sont diffusées afin de récolter des dons. Bon là, je résume grossièrement ce que c’est le Sidaction. Si vous voulez en savoir plus, vous allez sur le site sidaction.org et vous trouverez l’historique, etc. Et l’année dernière, les messages ça donnait ça :

« Laura, ça fait 3 ans qu’on bosse dans le même bureau. Tu vois, j’aimerai vraiment me dire que si elle est toujours absente, c’est parce que c’est une grosse feignasse. Mais avec sa maladie, elle n’a même plus le courage de se lever. Avec le sida, la vie est beaucoup plus compliquée. »

« Yoanne, oui, Yoanne c’est un de mes étudiants. J’aurai tellement préféré dire que s’il a raté son examen, c’est parce que c’est un petit branleur. Mais depuis qu’il est le sait, il n’arrive plus à penser à autre chose. Avec le sida, la vie est beaucoup plus compliquée. »

Sandra : Et du coup nos réactions à l’émission c’était :

Sidaction 2016 : le misérabilisme est-il nécessaire pour récolter des fonds ?

Yann : Dans l’ensemble les séropositifs comme je suis, n’ont pas tellement apprécié cette campagne qui était pour nous très discriminante surtout qu’on essaye quand même de changer le visage du séropositif en Europe, en France. Parce qu’en dans d’autres pays européens c’est encore plus compliqué. Mais voilà quoi, c’est assez rassurant parce que le quidam n’a pas tellement accroché, ce côté un peu misérabilisme, ça ne prend pas apparemment. Et moi bien sûr, en tant que séropo, ce n’est pas du tout ce que je défends comme image même si dieu sait quand on apprend sa séropositivité même en 2016, ça reste un météorite et qu’on a l’impression de tout perdre je veux dire, tous ses repères en tout cas. Il y a tellement de choses ici en France pour briser l’isolement que je ne sais pas si c’est une bonne technique. Alors après peut-être que la pitié fait donner plus d’argent. Faut voir aussi ce côté commerce et comment ramener de l’argent. Les mecs se mettent autour d’une table en disant qu’elle est le truc qui peut faire que les gens vont mettre l’argent, la main à la poche quoi.

Annabel Desgrées Du Loû : Le Sidaction c’est très important et pour nous en particulier les chercheurs parce qu’ils nous aident énormément à faire de la recherche et puis c’est des gens vraiment bien à Sidaction. Mais je suis tout à fait d’accord avec tout ce qui a été dit et ça me fait plaisir effectivement qu’on ait ces réactions-là dans la rue parce que nous ce qu’on voit dans l’enquête dont je vais parler tout à l’heure, c’est exactement le contraire. C’est-à-dire qu’effectivement, il y a ce qu’on appelle la capacité de résilience, mais c’est-à-dire qu’après le diagnostic, on voit que le diagnostic ça file un coup au moral, mais qui ensuite, on se remet en selle et surtout les choses concrètes, c’est-à-dire, on voit qu’il n’y a pas d’impact sur… il n’y a pas de perte du travail, de rupture du couple. La vie continue. Et je pense que c’est ça qui est important à dire.

Sandra : Et cette année, ça change ! Voici ce que vous allez entendre ou voir

« Contre le sida, on a remporté de nombreuses victoires. Mise au point de la trithérapie, réduction des risques de transmission, espérance de vie plus longue. Et malgré toutes ces victoires, en France, plus de 150 000 personnes vivent toujours avec le virus du sida et il n’existe toujours pas de vaccin. Le combat n’est pas terminé. Donnez. Donnez au 110 ou sur sidaction.org »

Sandra : Voilà, alors Mohamed et Christian, puisque vous êtes là, vous allez me dire qu’est-ce que vous en pensez de cette nouvelle campagne de Sidaction ? Allez-y.

Mohamed : Je voudrai dire que je suis assez satisfait dans l’ensemble que cette journée mondiale contre le sida continue…

Sandra : Alors ce n’est pas journée mondiale, c’est Sidaction. Parce que la journée mondiale, c’est le 1er décembre et Sidaction c’est en mars.

Mohamed : Oui, mais l’un dans l’autre les causes se rejoignent et je pense que c’est bénéfique. Comme on parlait de l’étude faite aux USA, je pense qu’ils ont fait appel à des subventions pour pouvoir exercer ces recherches. Il en est de même je pense pour les chercheurs contre le VIH qui cherchent à soulever des fonds pour que la recherche s’améliore et pour que le traitement soit plus souple et allégé. Donc je pense que c’est toujours une bonne idée et que la recherche a besoin des moyens et plus on cherche, plus on aura de chances de trouver. Comme on dit, celui qui cherche, trouve.

Christian : Il faut davantage de moyens et c’est à la dernière partie du spot, donnez, donnez, donnez au 110. Vraiment, donnez davantage parce que soyons quand même honnête, soyons sérieux. Pour nous autre, moi qui suis arrivé ici en tant que migrant, je le demeure toujours et quand même, franchement, en tant que migrant malade, vivant avec le VIH, si aujourd’hui je suis logé quelque part, je suis dans un hôtel social, c’est quand même grâce à Sidaction. Si je peux avoir quelques tickets restaurants de temps en temps, c’est grâce à Sidaction. Si je peux aller manger dans les restos du coeur et tout, parce que n’ayant rien, étant complètement démuni, franchement c’est grâce à Sidaction. Je suis sûr que ces gens-là oeuvrent pour la plupart, ils ont les salariés mais pour la plupart ils sont des volontaires, ils travaillent avec un coeur, un esprit, une bonne volonté d’aider. Quand moi je vois un peu ce qu’ils font, c’est très touchant, c’est énorme ! Les mêmes subventions qu’ils donnent ici aux différentes associations, pour aider les personnes vivantes avec le VIH, pour que les gars ne soient pas dans la rue, ne prennent pas mal leurs médicaments, ne serait-ce qu’à avoir un petit confort, c’est-à-dire, se retrouver, avoir un équilibre moral et tout, les mêmes subventions, ils les donnent aussi en Afrique, à certaines associations que je ne vais pas citer, ils n’utilisent pas cet argent à des bonnes fins. Ils construisent, je l’ai toujours dit, villa, achètent des grosses voitures, narguent les malades, ne s’occupent pas réellement des malades et au final, font des gros voyages, vont en Europe, un peu partout. Pourtant, ici, c’est différent. Vous allez remettre aux bénéficiaires, aux personnes malades des tickets par exemple, vous avez le rôle de trouver des logements sociaux, ces gens-là, ils appliquent ! Je vois comment on travaille au Comité des familles, je vois comment ça se passe là-bas. Tout est appliqué, tout est respecté avec les financements que ces associations reçoivent. Franchement, je loue davantage l’initiative de Sidaction et les mots me manquent parce que je ne sais pas comment, qui avait pensé à un truc comme ça, comment ça s’est passé et puis, les bonnes âmes de bonne volonté qui financent aussi Sidaction et tout, par rapport à tout ce qu’ils font, vraiment, ils ne le font pas mal. Ils font bien, parce que cet argent est véritablement bien utilisé.

Sandra : D’accord ou pas avec Mohamed et Christian, dites-nous. Vous pouvez réagir sur le site comitedesfamilles.net, dire ce que vous pensez de cette nouvelle campagne de Sidaction.

J’ai eu l’occasion de me rendre à la soirée de lancement de cette campagne. Bon, comme d’habitude c’est assez… champagne et paillette évidemment, puisque ce sont les journalistes qui sont invités, les animateurs télés, etc. Donc c’est vraiment une soirée de communication et non pas une conférence de presse puisque les journalistes sont là pour écouter le discours de Sidaction. Sidaction dit aux journalistes ce qu’il faut dire et lors de cette soirée, on n’a pas l’occasion de poser des questions. C’est dommage. Cette soirée de lancement était aussi traduite en langue des signes, ça c’est bien.

Pierre Bergé, président de Sidaction a pris la parole, alors on voit que le temps passe, cette fois-ci Pierre Bergé était dans un fauteuil roulant mais il dit qu’il fait reculer sa vieillesse en s’indignant ! Car contre le sida, il lutte. Il a rappelé que c’est la lutte pour les droits des personnes toxicomanes, pour les femmes prostituées, pour les personnes migrantes, pour la liberté. Il avait tout de même un discours assez positif en disant qu’on accompagne moins nos amis aux cimetières. Il a tenu a rappelé d’entrée de jeu que qu’il n’y a pas de vaccin.

Ensuite c’est Line Renaud, vice-présidence de Sidaction qui après avoir rappelé l’importance de donner a posé cette question “Savez-vous qu’une personne séropositive qui prend son traitement VIH ne transmet plus le VIH ?”. Enfin, je reformule, mais elle l’a dit. Ah ! Je me suis dit enfin on en parle clairement ! J’espère que les journalistes vont pouvoir transmettre cette information.

Ce message, Florence Thune l’a clairement appuyé. Elle est directrice des programmes Sidaction France, et elle a donné son témoignage ! Témoignage que vous pouvez retrouver sur le site de sidaction, ça s’appelle “La vie avec” Il a été diffusée lors de cette soirée, j’ai essayé de le retrouver sur le site mais il y a que la version écrite. J’aimerai bien que ce type de témoignage soit aussi diffusé pendant les pubs télé, parce que vraiment, je vais citer un extrait, c’est vraiment ce genre de témoignage que les personnes entendent :

« J’ai attendu plusieurs mois pour annoncer ma séropositivité à ma famille. Celui qui m’a aidé, c’est la star du basket Magic Johnson, que j’ai vu un soir à la télé. Il expliquait qu’il était séropositif et qu’il allait bien grâce à un nouveau traitement qu’on appelait la trithérapie. Son témoignage, venant d’une personne directement concernée, a été un véritable tournant, qui m’a permis de libérer ma parole.

Au niveau social, j’ai la chance d’avoir un environnement familial, amical, professionnel qui me permet de témoigner sans avoir peur d’être stigmatisée. C’est une grande chance que beaucoup d’autres personnes séropositives n’ont malheureusement pas, et c’est pour cela que je continue de témoigner, pour donner de l’espoir à ceux et celles qui viennent d’apprendre leur séropositivité.

Je n’ai pas d’enfant aujourd’hui à cause de ce virus. Pourtant grâce aux progrès des traitements, on peut avoir des enfants en étant séropositive. Mais psychologiquement, j’ai été pendant dix ans dans l’impossibilité de redémarrer une relation. Quand cela est finalement arrivé, j’ai considéré qu’il était trop tard pour envisager de devenir maman. Quand j’ai rencontré cette personne, le moment le plus difficile a été de lui annoncer ma séropositivité. Mais cela n’a rien changé pour lui, et on est maintenant ensemble depuis 10 ans.

Bien sûr les progrès de la médecine ont été considérables. Ce qui est libérateur aujourd’hui, c’est de savoir que lorsqu’une personne séropositive est sous traitement et en charge virale indétectable, elle ne peut pas transmettre le virus. C’est un message qui a du mal à passer, pour autant c’est une grande victoire pour les personnes séropositives : en cas de rupture de préservatif, ou même si elles n’en utilisent pas, elles peuvent se dire, si elles suivent correctement leur traitement et ont une charge virale indétectable qu’elles ne contamineront pas pour autant leur partenaire. Cette idée n’est pas toujours facile à intégrer. Une fois que j’ai pu, moi-même, l’accepter, ça a été une grande libération tant dans ma vie personnelle que dans mon combat dans la lutte contre le VIH. Quel soulagement !

On se retrouve aussi aujourd’hui avec les premières personnes sous traitement qui intègrent des maisons de retraite. Des situations qu’il va falloir aussi apprendre à accompagner… Il ne faut pas relâcher nos efforts. De nombreux combats restent à mener. Le regard que porte la société sur les personnes séropositives en fait partie ; j’aimerais un jour que lorsqu’on annonce sa séropositivité, on nous demande simplement comment on va plutôt que de chercher à savoir comment on a été contaminé . »

Sandra : Voilà, quelques extraits du témoignage de Florence Thune. Si tout le monde pouvait entendre, lire ce message, ce serait vraiment génial. Qu’en pensez-vous ?

Christian : Ah mais oui voilà quand même quelque chose qui est clair, très clair. Une personne séropositive qui prend bien son traitement et qui a une charge virale indétectable n’est plus contaminante. Donc, j’ai rencontré des compatriotes qui ont fait des aventures avec des femmes. Et après quelques temps, ces dames sont venues leur dire que non, c’est toi qui m’avait contaminé, patati et patata. Maintenant, ce sera bien à vérifier ! Si le compatriote n’est pas contaminant et qu’il est indétectable, je ne sais pas au niveau de la justice comment ça va se voir (rires).

Sandra : Alala. Tu ris mais il y a des histoires malheureusement comme ça, où il y a des accusations. Juste, je veux rappeler qu’il faut aussi que le partenaire séronégatif, admettons que le partenaire soit séronégatif, il faut que lui aussi n’est pas d’autres infections sexuellement transmissible, parce que sinon, la condition s’annule. Donc il n’y pas que le partenaire séropositif qui doit faire attention, il y a aussi celui qui n’est pas séropositif qui doit...on doit aussi se poser la question, mais au fait, est-ce que toi aussi t’es clean ?

Mohamed : Moi, pareillement, je suis très satisfait du témoignage de cette personne parce qu’elle a quand même pu réaliser… malgré tout elle a eu un peu de chance car elle était bien encadrée, parce que bien souvent les personnes que j’ai rencontrée, à l’annonce du VIH, les personnes s’éloignaient. Donc là, elle a eu un effet contraire, elle a eu le cadre familial, des amis, ça lui a remonté le moral de voir le basketteur, et de là, il y a une parole qui est très belle à souligner, c’est que les gens ne se rendent pas compte aujourd’hui, mais pour la majorité qui sont VIH depuis très longtemps et qui se font soigner avec une trithérapie, c’est vrai que de fait, comme dit Line Renaud, ils ne deviennent plus contaminants. Et ça, il faut que les personnes se le rentrent dans la tête et qui se disent je peux avoir des relations sexuelles, plus détendues et que malgré tout, il y a même de toute façon un traitement qui peut s’appliquer juste après les rapports sexuels. Donc je pense qu’il faudrait un peu minimiser les risques.

Sandra : Tu parles du traitement d’urgence ?

Mohamed : Oui.

Sandra : Bon, qui n’est pas à prendre à la légère, c’est un comprimé VIH.

Mohamed : C’est déjà une sécurité, c’est ce que je veux dire.

Sandra : Oui, il y a des moyens. N’hésitez pas chers auditeurs à réagir sur le site comitedesfamilles.net. Dites-nous ce que vous en pensez, puis ce serait intéressant de connaitre vos réactions suite à la campagne du Sidaction qui va se dérouler là, fin de cette semaine, 24, 25, 26 mars, sur 3 jours. Donc dites-nous comment votre entourage réagit. Essayer comme ça de lancer la conversation “le Sidaction, qu’est-ce que tu en penses ?”.

Christian : Par rapport à l’entourage qui voit toujours la chose mal, peut-être que le jour où un chef d’Etat courageux, va se lever et dire que moi aussi j’ai le sida, on prendra ça au sérieux !

Sandra : S’ils n’ont pas le VIH ?

Mohamed : Il y a déjà des élus, il y a Jean-Luc Roméro qui s’est affirmé, avec les élus contre le sida.

Sandra : Il y a un politique en Grèce aussi qui a brisé le tabou et qui a dit, je suis séropositif.