Cozette, séropositive depuis 2007 : « J’ai dû faire un travail sur moi pour lui pardonner »

, par Sandra

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Cozette, séropositive depuis 2007 : « J’ai dû faire un travail sur moi pour lui pardonner »

Sandra : C’est la suite. Episode 2 de l’histoire de Cozette. Souvenez-vous, nous l’avons écouté la semaine dernière, à l’émission Vivre avec le VIH. Vous pouvez retrouvez l’émission sur le site comitedesfamilles.net. Cozette nous a raconté le jour où elle a appris sa séropositivité. Je ne vais pas raconter à sa place, je vous invite plutôt à écouter son témoignage. Et là, on va découvrir la suite, deuxième partie. Là c’est le jour où elle a accepté de commencer son traitement VIH. On écoute et on commente après.

Début de l’enregistrement.

Cozette : Bon bah là après c’était les effets indésirables des traitements sur les intestins. J’ai quand même réussi à ne jamais m’arrêter de travailler. Bon, c’est vrai que je n’aime pas m’arêter de travailler. Ce n’est pas mon tempérament. Mais enfin bon, c’est vrai que là il y avait des sacrés effets indésirables. J’en ai parlé autour de moi à des amis et j’ai eu le numéro de téléphone d’une homéopathe, la mère d’une amie m’a donné le numéro d’une homéopathe qu’elle estimait. Cette homéopathe était apparemment très demandée parce qu’il fallait compter 6 mois de délais de rendez-vous. Elle m’a téléphonée et m’a dit de toute façon vous savez moi je ne suis pas spécialisée en VIH. Donc je ne tiens pas à vous recevoir parce que je ne pourrai pas vraiment vous être utile. En revanche, prenez un rendez-vous avec le professeur K. qui est généraliste homéopathe et en attendant, vous pouvez peut-être essayer le Tiorfan. En fait, c’est un médicament qu’on donne pas mal aux enfants, qui ont des problèmes intestinaux. J’ai commencé à faire ça. Au début j’en ai pris 3. Un matin, midi et soir.

Sandra : Donc en plus de ton traitement VIH.

Cozette : Oui. Ca, c’était pour les problèmes intestinaux. Liés aux traitements VIH.

Sandra : Ca faisait beaucoup de comprimés j’imagine ?

Cozette : Oui mais bon. De toute façon elle m’avait prévenu, elle m’avait expliqué le professeur que c’était un traitement d’attaque, qu’on était obligé de faire ça pour… de toute façon à l’époque, je n’y connaissais rien. Je ne mettais absolument rien en doute. Donc elle m’avait dit c’est un traitement de cheval. En revanche, quand votre charge virale sera indétectable, ça j’avais bien entendu, là, on pourra alléger le traitement. J’étais prévenue que je pouvais avoir des effets indésirables importants. Donc j’ai réussi en 1 an à maîtriser le transit intestinal. Donc en espaçant en fait les prise de Tiorfan en parallèle aux ARV. Donc j’étais quand même contente. Pour moi, c’était efficace. On ne peut jamais dire que les traitements sont efficaces sur tout le monde.

Fin de l’enregistrement.

Sandra : Cozette, au micro de l’émission de radio Vivre avec le VIH qui nous raconte les étapes de son annonce du VIH et sa vie en fait. Qu’en pensez-vous ? Là, elle a eu des effets secondaires dûs au traitement et elle s’est dit pourquoi pas l’homéopathie. Déjà, autour de la table, connaissez-vous l’homéopathie ?

Yann : Oui, oui bien sûr. Une maladie douce… enfin une… (rires). Vous avez compris le lapsus ? Une médicamentation douce et qui fonctionne sur certaines personnes. Après, il y a toujours cette polémique de, est-ce qu’il n’y a pas de placebo dans l’homéopathie. Mais je connais plein de gens qui se soignent avec l’homéopathie et qui en sont très ravis.

Sandra : Donc oui, l’homéopathie, c’est soigné sans traitement. Avez-vous eu déjà eu recours à l’homéopathie ?

Yann : Quand j’étais enfant, je crois que ma mère…

Sandra : Ah bon ?

Yann : Oui, oui, quand on prenait un coup notamment, elle nous donnait, ça devait être un style d’arnica. Nous on connait un peu le pommade où… je n’ai plus le nom en tête, mais c’était toujours amusant parce que d’un seul coup tu te prends un petit truc où il y a plein de petites pilules. Ca n’a pas de goût…

Alexandre : C’est les petits granulés ?

Yann : Oui, c’était assez ludique. Tu as connu Alex ?

Alexandre : Oui, oui. C’était des petits granulés minuscules.

Yann : Ce qui veut dire qu’on a des parents bien meilleurs que les vôtres quoi (rires).

Sandra : N’importe quoi ! (rires).

Yann : Ils ont tout essayé avec nous surtout, c’est ça ! (rires).

Esther : Nous, on n’était pas malades (rires).

Sandra : Je ne sais pas si toi Yann tu es d’accord avec ça, mais…

Yann : Moi, je suis toujours d’accord pour essayer les médecines douces. Je me rappelle moi, pour des grandes nervosités, j’avais testé l’acupuncture et ça m’avait très bien réussi pour quelqu’un de très nerveux, je conseille, pour retrouver un aspect de… je ne connaissais pas le Comité des familles à cette époque autrement j’aurai foncé dans le yoga tu penses bien !

Sandra : Est-ce que les médecines douces, tu arrives à en parler à ton infectiologue ? Est-ce qu’il t’entend là-dessus ?

Yann : Oh bah je pense qu’il m’entend vu que déjà en médecine douce je prends de l’herbe, qui s’appelle de la marijuana, et qui me permet d’éviter tous les médicaments de confort tel que anxiolytique ou autres.

Sandra : N’hésitez pas à en parler à votre infectiologue si vous avez des effets indésirables, parce que peut-être que vous pouvez changer de traitement…

Yann : En revanche, on ne l’a trouve pas encore en pharmacie sur ordonnance la marijuana, pas encore, pas en France.

Sandra : Tu parles du cannabis thérapeutique.

Esther : Je voulais dire, par rapport aux autres types de médicaments, comme les plantes. Il y a maintenant une personne qui est emprisonnée en France, j’ai lu ça sur une pétition, j’ai oublié de noter toutes ces informations. La semaine prochaine si vous voulez je peux vous les donner. Parce que c’est une des plus ancienne herboristerie de Paris, c’est l’herboriste de la place de Clichy. Donc la personne qui gère l’herboristerie est emprisonnée pour ne pas avoir les papiers de pharmaciens. Donc l’industrie pharmaceutique de nouveau qui veut conquérir le monde…

Yann : C’est clair !

Alexandre : J’en avais entendu parler. Elle ne devait plus exercer parce qu’elle n’a pas le diplôme de pharmacien.

Yann : Elle est fermée du coup ?

Esther : Je ne sais pas.

Yann : Vous en avez une excellente aussi qui est dans les jardins du palais royal, l’herboristerie du palais royal qui s’appelle… je crois que c’est rue Molière, à vérifier. Et là, vous pouvez trouver notamment des choses incroyables comme de la guimauve naturelle. Ce qui évite à vos enfants quand ils font les dents, je parle vraiment en bas âge, de prendre une racine comme on faisait toujours chez moi. C’est toujours mieux d’avoir un bout de racine naturelle dans la bouche qu’un morceau de plastique ou quoi que ce soit. Par les plantes, on soigne encore très bien et beaucoup de maux.

Sandra : En tout cas, pour les personne séropositives, je dirai que si votre traitement vous procure des effets indésirables, ne l’arrêtez pas. Parlez-en à votre infectiologue et pourquoi pas chercher en plus, évidemment ça fait des choses en plus à prendre, essayez de soigner les effets indésirables par d’autres moyens comme l’a fait Cozette.

On va s’écouter un deuxième extrait. Yann, la semaine dernière, tu me demandais, suite à l’annonce de sa séropositivité, donc en fait elle l’a appris par son compagnon. Son compagnon lui a dit qu’il venait d’apprendre sa séropositivité et donc qu’elle aussi peut-être était séropositive. Ca n’a pas loupé. Et elle va nous raconter ce qui s’est réellement passé.

Début de l’enregistrement.

Cozette : En réalité, cet homme-là, il savait qu’il était séropositif. Mais c’était un porteur sain. Moi, évidemment, je n’y connaissais strictement rien. Je ne savais même pas que les porteurs sains ça existait. Il était suivi régulièrement et on lui avait dit contenu que vous êtes porteur sain, vous n’avez pas besoin de prendre de traitement. Donc lui, il imaginait qu’il n’avait pas besoin de mettre des préservatifs. En revanche, il a eu un rendez-vous, donc avec le docteur qui le suivait qui lui a dit : “oh là, vos résultats nécessitent de prendre un traitement donc je vais vous prescrire un traitement”. Et c’est à ce moment-là qu’il s’est dit, il faut que je la prévienne parce qu’on ne sait pas. En fait, ce qui a dû se passer, évidemment, c’est après avec le recul que j’ai imaginé ça, ce qui a dû probablement se passer, c’est qu’il y a eu un moment où ça a basculé pour lui, que la quantité de virus dans le sang qu’il avait, elle a dû être plus importante. Du coup il est devenu contaminant et puis bon, c’est vrai que dans les rapports sexuels, il y a des rapports sexuels qui peuvent… moi j’ai eu l’herpès à ce moment-là, et comme je n’avais jamais eu ça, je n’ai pas reconnu tout de suite. Qui dit herpès dit saignement. Qui dit saignement dit risque accrue de contamination. Je pense qu’il y a eu une conjugaison de paramètres qui ont fait que… et il n’a pas eu le temps de m’avertir que voilà, c’était parti.

En fait, là j’ai eu une intuition. Quand il venait chez moi, il venait toujours avec un cartable. J’ai eu l’idée de regarder dans son cartable. J’ai dû avoir l’idée que les raisons qu’il me donnait n’étaient pas les bonnes. Je ne sais pas. J’ai quand même regardé dans son cartable et là, chose que je ne fais jamais, j’ai horreur, je déteste ça, même avec mes enfants je n’ai jamais été regarder dans leurs cahiers de classe ou leurs tiroirs ou je ne sais pas quoi. Je déteste ça. Et là, je l’ai fait et je n’ai pas regretté quand même parce que j’ai découvert tout un historique. En fait, il avait tous ses résultats dans son cartable, je ne sais pas pourquoi il trimbalait ça. Ca, c’est à lui qu’il faudrait poser la question. Donc j’ai découvert qu’il était… c’est là que j’ai vu qu’il avait des résultats, des examens de laboratoire depuis des années. Du coup évidemment, je lui en ai parlé. Je lui ai dit je suis désolée, j’ai fouillé dans tes affaires mais bon, j’ai eu une intuition et il s’est avéré que j’ai découvert le pot aux roses. Il y a eu une bagarre, je me suis cassée une dent tellement j’étais en colère. J’ai dû serrer les mâchoires… je l’aurai tué en fait. J’avais envie de le tuer. Du coup bah, j’ai dû serrer les mâchoires avec une force incroyable, je me suis pété une dent. Et puis on s’est séparé.

Après j’ai dû faire un travail sur moi pour lui pardonner parce que je ne voulais pas. J’ai pensé à lui intenter un procès. Mais à ce moment-là j’étais déjà dans l’association AIDES. Et j’ai eu la chance de pouvoir en parler lors d’une randonnée à quelqu’un qui avait un peu de bouteille, qui avait beaucoup de connaissances sur tout ce qui est VIH et qui m’a déconseillé en disant : “Tu ne vas penser qu’à ça, l’issue ne sera pas forcément positive, tu vas déployer beaucoup d’énergie, ce serait préférable que tu fasses un effort de pardon”. Et du coup, effectivement, j’ai mis 1 an. Ca m’a pris beaucoup de temps mais ça m’a aussi fait réfléchir, lire. J’ai découvert des tas de possibilité aussi… j’ai lu des livres qui m’ont été utiles aussi par ailleurs. Donc du coup, cette année de travail sur le pardon ça m’a été aussi très bénéfique et j’en ai encore des effets positifs.

Fin de l’enregistrement.

Sandra : Cozette, au micro de l’émission de radio Vivre avec le VIH. Et je vous invite à réagir sur le site comitedesfamilles.net parce que l’heure tourne et je ne voudrai pas que la rubrique culturelle soit trop écourtée. Alexandre, je te passe la main.

Alexandre : Merci Sandra. Merci à Cozette, on attend la suite de son témoignage. Du coup on peut dire la suite au prochaine épisode

Sandra : C’est ça !

Transcription  : Sandra JEAN-PIERRE