Pétition VIH : Rupture de traitement VIH au Vénézuéla / A quand les préservatifs gratuits en Colombie ? / Sexisme au Mexique

, par Sandra

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Pétition VIH : Rupture de traitement VIH au Vénézuéla / A quand les préservatifs gratuits en Colombie ? / Sexisme au Mexique

Alexandre : Vous le savez sans doute, le Comité des familles a lancé en février dernier une pétition qui fait office d’appel à l’aide des personnes sans papiers bénéficiant de l’aide médicale d’Etat. Ces personnes n’ont plus de réduction sur le titre de transport depuis une mesure de Valérie Pécresse les visant. Rétablissez les aides aux transports pour les personnes sans papiers, c’est le titre de notre pétition sur change.org. Elle a déjà reçu le soutient de Jean-Luc Roméro, de Cécile Duflot entre autres et nous approchons des 1000 signatures. Nous continuons de faire entendre notre voix. N’hésitez pas à nous soutenir. Mais j’en reviens à toi Esther. C’est vrai, c’est une question qu’on peut se poser, existe-il d’autres pétitions relatives au VIH dans le monde ?

Esther : Oui, il y en a beaucoup de pétitions. Moi, comme je suis espagnole, je suis allée vers les pétitions dans le monde hispanophone pour aussi parler un petit peu en espagnole ici dans cette émission et inviter déjà toutes les personnes qui peuvent être concernées pour s’approcher au Comité des familles, s’ils pensent qu’ils ont besoin de renseignements, etc. parce que parfois, peut-être c’est difficile quand on ne parle pas la langue.

Et donc je voulais juste commencer par la première pétition qui concerne une des associations plus importante au niveau national en Espagne. Elle s’appelle CESIDA Madrid. C’est une pétition qu’ils ont fait envers la Consejería de Sanidad de la Comunidad de Madrid c’est en gros comme le secrétariat d’Ile-de-France, on va dire, qui s’occupe de la santé. Et c’est une pétition qui a été lancée le 8 mars 2016 et qui heureusement a été réussie avec 391 signatures. La pétition dit : denunciamos el abandono de la Comunidad de Madrid en la respuesta al VIH. Ce qui veut dire qu’ils dénoncent que la communauté de Madrid, c’est comme le conseil régionale d’Ile-de-France, on va dire, n’a pas donné les subventions qu’ils avaient promis. Donc ils ont été forcés de faire une pétition pour que les gens les soutiennent et arriver à faire un entretien avec le conseiller de santé pour qu’ils versent ces subventions.

Alexandre : C’était des subventions qui étaient déjà allouées ?

Esther : Oui. Des subventions de 2014 et donc ils ont payé tous les frais des programmes, ils ont dû avancer tous ces sous pour pouvoir soutenir le programme et Madrid, le Conseil régional ne faisait rien.

Yann : On ne peut que les féliciter surtout que 391 signatures, ce qui n’est pas non plus énorme, a permis de récupérer ces fonds qui de tout de façon étaient obligatoirement à verser vu qu’ils avaient été alloués l’année précédente donc.

Esther : Seulement avec 391 signatures qu’ils ont réussi à avoir le rendez-vous avec le conseiller. C’est important à savoir que cette association, c’est une association nationale. Ce n’est pas une petite association. Surtout, c’est important de savoir que c’est quelque chose qui se passe en Espagne avec beaucoup d’associations dans beaucoup de domaines.

Yann : Nous, on est où par rapport à notre pétition ? On va être reçu à un moment ?

Sandra : Par Valérie Pécresse ?

Yann : Oui ou son cabinet.

Sandra : J’espère ! Au moins. Normalement, il était question de ça. Donc on va relancer, parce que j’ai l’impression qu’on nous a un peu oublié.

Yann : Mais on ne lâche rien de toute façon.

Alexandre : Est-ce que les baisses de subvention, voire les oublis de subvention, vous pensez que c’est possible dans un avenir proche en France ?

Yann : En France, je sais qu’on a les subventions qui sont versées l’année d’après non ?

Sandra : Ca dépend. Par exemple, c’est vrai que pour l’Agence Régionale de Santé, l’ARS, ils trainent pour les subventions. C’est long.

Yann : Donc, faut toujours jongler.

Esther : Il faut toujours être attentif, ne pas penser que c’est donné. Ils essayent d’enlever les sous dès qu’ils considèrent que c’est moins important. En Espagne en tout cas, c’est comme ça.

Je voulais juste continuer avec une autre pétition qui vient de Celiner Ascanio de Quito. C’est une toute petite pétition. Je n’ai pas prêté attention à celles qui avaient beaucoup de signatures ou moins, seulement à la date. Elle a été publiée le 15 avril 2016. Elle dit “no más muertes : insistamos en la ayuda humanitaria de medicinas para Venezuela”. Ca veut dire plus de mort : un appel à l’aide humanitaire de médicament pour le Vénézuela. Faut savoir que les informations concernant le Vénézuela sont assez différentes. Ca dépend la personne ou l’organisme qui va le publier. Donc j’invite s’il y a quelqu’un du Vénézuela qui connait vraiment la situation dans le pays, qu’il nous appelle parce que je ne peux pas vraiment dire c’est ça qui se passe, c’est ça qui ne se passe pas. J’ai recueilli quelques informations. Celle-ci dit qu’au Vénézuela il y a un manque de 80% des médicaments, selon la fédération de pharmaciens de Vénézuela. Mais si on voit les informations qu’ils donnent au gouvernement, ils ne disent pas ça. Ils disent le contraire. Après je suis allée vers une publication d’une association qui s’appelle Accion Ciudadana contra el sida qui dit que les médicaments pour le VIH vont être finis en juin 2016. Donc là. Ils sont en train d’utiliser les réserves de 2015. Vous pouvez aller sur son site http://www.accsi.org.ve/ . J’invite les personnes concernées du Vénézuela à nous appeler à nous informer vraiment de ce qui se passe dans le pays.

Alexandre : En parlant de ça, Sandra j’avais une petite question pour toi, par rapport au Gabon. Vous vous demandez sans doute chers auditeurs, où est-ce qu’on en est avec cette pénurie de traitement antirétroviraux ?

Sandra : Je n’ai pas de nouvelle de Pierrot ces derniers temps. Je lui avais demandé de l’aide pour écrire une lettre au ministère de la santé du Gabon. Tu fais bien de me le rappeler, je vais le contacter pour que ça puisse suivre.

Esther : Au Vénézuela le problème c’est que beaucoup de personnes, selon les informations que je vous ai données, sont obligées de sortir du pays pour essayer de trouver. Ce n’est pas facile de sortir du pays quand on habite au Vénézuela. Je crois qu’il serait très intéressant de voir, écouter quelqu’un qui peut nous raconter son histoire.

Je continue avec les deux dernières pétitions. La troisième pétition, c’est une pétition qui vient du Mexique, faite par Nosotras por la igualdad. Ca veut dire Nous en féminin pour l’égalité. Adressée au président de la République. C’est une pétition qui concerne les personnes séropositives mais surtout qui est une pétition pour deux directrices du secrétariat de l’emploi, qui ont été virées et qui s’occupaient d’insertion des personnes séropositives entre autres. Elles ont été virées de façon illégales, elles demandent la justice pour elles. Elle disent que toutes les informations qui avaient dans son ordinateur ont été vidées et ces postes de travail ont été pris par deux collègues hommes. Donc tout le travail qu’elles étaient en train faire on peut imaginer est parti aussi avec elles.

Alexandre : C’est un problème de sexisme là ?

Esther : Oui. Ce qu’on peut lire dans la pétition, c’est qu’il y a un gros problème de sexisme, de machisme au Mexique. Et donc bon, beaucoup de décisions là-bas vont être prises par les hommes qui suivent le rôle d’homme macho.

Alexandre : C’est marqué particulièrement dans la loi mexicaine ?

Esther : Non. C’est dans la culture du pays.

Alexandre : C’est dans les moeurs.

Yann : Et peut-être certainement qu’en plus ces deux personnes femmes avaient des choses à dénoncer et c’est peut-être pour ça aussi qu’elles ont été écartées.

Esther : Oui. Elles s’occupaient exactement des programmes qui ont une relation avec l’égalité des genres, les normes pour l’égalité entre les hommes et les femmes, le respect des droits humains, pour un Mexique sans travail d’enfant, elles coordonnaient le réseau qui s’occupe de l’insertion avec les personnes handicapées adultes et âgées et avec le VIH.

Yann : Elle est toujours en ligne cette pétition ?

Esther : Oui, elle n’a pas beaucoup de soutien et comme je disais au départ, ce n’est pas pour dire, aller signer cette pétition, c’est juste pour donner une voix aux petites choses qui se passent dans le monde. Donc, c’est un collectif qui lutte pour le droit des femmes.

Alexandre : On passe à ta dernière pétition du coup.

Esther : La dernière, c’est une petite pétition faite par Luis Miguel Pinzón Cano, Bogota - Colombie. Et qui est adressée aux gouvernants et aux différents maires de Colombia. Ils demandent tout simplement des préservatifs gratuits dans les villes moins favorisées de Colombie parce que selon lui, il y a beaucoup de méconnaissance de ce problème, des problèmes de transmission, etc. Ils demandent des dispensaires gratuits. C’est une bonne idée je crois.

Yann : Et ça n’existe pas du tout là-bas ?

Esther : Apparemment non.

Yann : Oui parce qu’on voit déjà qu’on a du mal avec la prévention avec les préservatifs, alors qu’ils sont quand même accessibles et gratuits si on va aussi bien à l’hôpital dans les services de maladies infectieuses, que dans tous les plannings familiales. Ce n’est pas du tout difficile. Que je n’entende pas quelqu’un me dire : “ah oui mais les préservatifs ça coûte cher”. Il y a moyen de les avoir gratuit, rapprochez-vous même d’une association. Et en même temps ça vous permettra de vous faire dépister si ce n’est pas encore fait.

Alexandre : Et on rappelle qu’au Comité des familles, vous avez des préservatifs !

Yann : Préservatifs féminins aussi.

Alexandre : J’avais une question par rapport à ça c’est, est-ce qu’il n’est pas aussi important de mettre l’accent sur la prévention en expliquant parce qu’il y a la moitié des personnes qui ne savent pas quels sont les 4 moyens de transmission du VIH par exemple. En plus de ça, est-ce qu’il ne faut pas expliquer ? Parce que, quand on donne des préservatifs aux gens c’est bien mais sans doute il y en a beaucoup, si on va dans des collèges et lycées, même en France, tu donnes des préservatifs gratuits aux gens dans des distributeurs de préservatifs, ce n’est même pas dit qu’ils s’en servent. Ils ne sauront pas pourquoi.

Esther : Oui, ça pourrait être facile aussi d’inclure une petite note avec les infos, mettre une petite note explicative, à quoi ça sert.

Yann : Non mais c’est à l’intérieur du préservatif.

Alexandre : Oui mais…

Yann : Oui, la vraie prévention, rappeler les 4 modes de transmission. D’ailleurs, tu vas en profiter pour nous les rappeler (rires).

Alexandre : Bien joué ! Les moyens de transmission. Par la transmission sexuelle, donc les rapports sexuels. Ensuite, la transfusion sanguine. Ensuite, par les échanges de seringue. Et enfin, la transmission mère-enfant.

Sandra : Bravo !!!

Yann : Bon, la transfusion sanguine, normalement ça n’a plus lieu.

Sandra : En France en tout cas non. Après peut-être qu’il y a des pays où malheureusement les conditions ne sont pas les mêmes. Bon. On ne sait pas tout.

Alexandre : Merci Esther pour cette chronique, vous retrouverez toutes ces pétitions publiées sur notre compte Twitter @vihradio. Si vous voulez vous intéresser à ces pétitions, voir ce qui est écrit. Bon, il faut maîtriser l’espagnol.

Yann : Je me mets immédiatement derrière mon poste, je suis là en pleine théâtralité, et je me dis oh la la c’est bien cette voix exotique espagnole qui fait penser au Brésil aussi. Je trouve ta rubrique tout à fait dans l’esprit de notre Comité des familles mais aussi de FPP qui est toujours là pour dire haut les injustices qui se passent partout.

Alexandre : Je n’aurai pas dit mieux. N’hésitez pas à commenter sur les réseaux sociaux.

Transcription : Sandra JEAN-PIERRE