La recherche s’intéresse aux vieux séropositifs

, par Sandra

La recherche s’intéresse aux vieux séropositifs

Sandra : Une dernière question, nous avons parlé des vieux séropositifs, les séropositifs vivent plus longtemps, on a parlé de comorbidités, mais comment vont-ils dans l’ensemble ? On a parlé de cancer, de maladies cardiovasculaires. Ca peut peut-être faire peur à ceux qui se disent, ok je vieillis mais je vais avoir encore une maladie en plus à gérer. Est-ce que dans l’ensemble les vieux séropositifs sont en bonne santé, vont bien ?

Rosemary Dray-Spira : Déjà ce qu’on observe c’est qu’il y a un vieillissement de la population séropositive et aujourd’hui il y a à peu près 40% des personnes qui ont plus de 50 ans et plus de 13% qui ont plus de 60 ans. On commence vraiment à avoir des vieux séropositifs. Les études internationales montrent que l’espérance de vie des personnes séropositives se rapproche, devient comparable à l’espérance de vie de la population générale. Après c’est ce que je disais tout à l’heure, on a des pathologies qui apparaissent, qui touchent l’ensemble de la population et qui ont tendance à apparaître un peu plus tôt dans la vie parmi les personnes séropositives. Donc c’est sûr que dans cette population les messages de prévention vis-à-vis du tabac, de l’alcool, du surpoids, c’est des messages de prévention qui doivent particulièrement être bien intégré parmi ces personnes. Mais ce sont des personnes qui vivent de mieux en mieux et vieillissent de mieux en mieux avec leur maladie.

Tina : C’est aussi parce que maintenant les personnes qui vieillissent n’ont pas eu à prendre les anciens traitements qui avaient plus d’effets négatifs sur l’ensemble de la santé et j’imagine que petit à petit les personnes vieillissantes iront de mieux en mieux.

Rosemary Dray-Spira : Tout à fait. C’est ce qu’on espère.

Yann : Avec quand même des trucs comme des problèmes de répartitions de graisse, avec des pertes de libido, avec la mémoire qui flanche un petit peu…

Sandra : Est-ce que ça aussi ce n’est pas dans la population générale ?

Yann : Moi je le vois plus dans les personnes qui sont traitées depuis très longtemps, séropositives depuis très longtemps. Des difficultés à se concentrer, ça revient beaucoup.

Rosemary Dray-Spira : C’est très difficile. Pour l’instant nous n’avons pas les données, les informations qu’il faut pour confirmer que c’est plus dans la population séropositive. On a quelques indices qui font penser que ce genre de problème arrive plus tôt dans la vie des personnes séropositives. Là-dedans qu’est qui joue ? C’est probablement multifactoriel. Il y a probablement la maladie VIH elle-même, les traitements et puis voilà, tous les facteurs de risque associés. C’est un domaine où la recherche est très dynamique et ce qu’on voit c’est que les personnes en tout cas vivent de plus en plus âgées et ce qui pose des nouveaux problèmes d’ailleurs parce qu’on a des personnes âgées qui ont besoin d’aller dans des maisons de retraite, des problèmes qu’on ne connaissait pas du tout et qui posent des problèmes particuliers dans le contexte du VIH et donc il faut aussi que les pouvoirs publics réfléchissent à ça.

Transcription : Sandra Jean-Pierre