Bretagne : 3 futures infirmières découvrent le quotidien des personnes vivant avec le VIH

, par Sandra

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Bretagne : 3 futures infirmières découvrent le quotidien des personnes vivant avec le VIH

Sandra  : Nous partons en Bretagne parce que nous avons une correspondante là-bas qui s’appelle Morgane qui depuis… ah, ça fait combien de temps ? 1 an je crois ? 1 an que l’antenne du Comité des familles Bretagne existe. Si vous voulez des renseignements vous pouvez nous appeler au 01 40 40 90 25. Il y a plein d’activités qui se font là-bas, c’est les mêmes valeurs que le Comité des familles à Paris sauf que ça se passe en Bretagne donc il y a forcément des spécificités. Donc n’hésitez pas, si vous êtes en Bretagne et que vous vous sentez isolés, vous êtes séropositifs, vous n’avez personne à qui parler de votre maladie, n’hésitez pas, il faut oser. Vous verrez que c’est super convivial, ils font des repas ensemble, des discussions sur la vie quotidienne mais aussi sur la vie avec le VIH évidemment. Et donc dernièrement Morgane a rencontré 3 étudiantes, 3 futures infirmières et elle a fait une petite interview. Je vous propose de l’écouter et on en discute après.

Début de l’enregistrement.

Morgane : Bonjour ! Je suis en compagnie de 3 charmantes jeunes filles du lycée de Notre-Dame à Guingamp. Je vais les laisser tout simplement se présenter à vous. Elles sont en bac ST2S.

Audrey  : Audrey, j’ai 17 ans.

Justine : Bonjour, moi c’est Justine, j’ai 17 ans.

Justine : Bonjour, moi c’est Justine et j’ai 20 ans.

Morgane : Est-ce qu’une de vous 3 peut expliquer en quoi consiste le bac ST2S ?

Audrey : Le bac ST2S regroupe le secteur du sanitaire et du social. L’épreuve au baccalauréat est composée d’une épreuve écrite coefficient 7 et d’une épreuve orale coefficient 7 également, dans lequel on doit présenter un projet technologique. On a décidé de contacter le Comité des familles dans le but d’étudier le projet en lui-même ainsi que les objectifs, les freins liés au projet.

Justine : Et de collaborer ensemble, travailler ensemble jusqu’à notre soutenance qui est au mois de mai.

Moi, je voudrai poursuivre mes études dans le domaine sanitaire. C’est-à-dire que je voudrai faire des études d’infirmière donc dans le but d’être infirmière et travailler du coup en milieu hospitalier.

Audrey : J’ai passé mon concours infirmier, j’aimerai être infirmière mais après me spécialisée dans la puériculture.

Justine : J’aimerai bien devenir infirmière du coup cette année j’ai passé des concours et si je ne les ai pas, j’irai en classe préparatoire l’année prochaine.

Morgane : Est-ce que du coup le fait d’avoir rencontré le Comité des familles, te permettra aussi comparé à d’autres d’avoir un échange avec des gens et avoir un regard nouveau sur certaines choses par rapport à tout ce que tu as pu entendre ou pas ?

Justine : Oui, parce qu’on a appris quand même beaucoup de choses sur le côté relationnel, vous êtes quand même une association de patients, vous vous entraider. Par exemple si un membre de votre association au niveau moral n’est pas très bien, vous vous organisez pour vous voir, vous faites des repas ensemble…

Morgane : Et côté médical et sérologie, est-ce que tu as appris des choses ?

Justine : Oui, j’ai appris des choses, déjà par rapport au fait, vos freins, si je prends l’exemple de quelqu’un qui a le VIH ou le sida, par rapport aux dentistes déjà, ça pose problème. Nous, on n’était pas forcément au courant.

Audrey : Les personnes qui sont atteintes du VIH n’ont pas accès aux soins funéraires et ne peuvent pas avoir de chimiothérapie et sont discriminées par les dentistes par exemple, ça m’a vraiment marqué.

Morgane : On peut avoir de la chimiothérapie mais on n’a pas le droit aux essais en fait. Par exemple, les gens qui ont le VIH n’ont pas le droit de faire partie des essais même s’ils vont très bien. On a le droit à la chimiothérapie mais comme je t’expliquais, c’est que souvent les gens ont la chimiothérapie alors qu’ils ne savent pas encore qu’ils sont séropositifs et du coup ça ne marche pas alors qu’il faudrait que les gens se fassent dépister du VIH quand ils apprennent qu’ils ont un cancer, s’ils voient que ça ne fonctionne pas, parce qu’on ne pense pas souvent que ça peut être ça.

Audrey : Et sinon, les conséquences que la maladie a sur le travail par exemple, qui sont souvent absents à cause de la fatigue et des pressions, comme j’ai pu le comprendre.

Je trouve qu’il n’y a pas du tout de différence à parler, partager des moments avec quelqu’un de séropositif et quelqu’un de, entre guillemets, normal. D’un point de vue extérieur, on ne voit même pas la différence.

Fin de l’enregistrement.

Sandra : C’était Morgane, Audrey, Justine et Justine au micro de l’émission Vivre avec le VIH. 3 futures infirmières, j’espère de tout coeur que ça va marcher pour elles. C’est un exemple, vous voyez comment ça se passe pour devenir infirmière. J’espère que les concours vont marcher. Donc, qu’en pensez-vous ? Moi, j’ai envie de me dire qu’il faudrait que les futures infirmières… comment dire, un passage obligatoire par, bon, par le Comité des familles ou alors qu’elles rencontrent en tout cas des personnes séropositives parce que je trouve que c’est quelque chose de super important.

Ilaria : Oui, en fait, je dirai que les exemples concrets, donc avoir possibilités d’écouter une personne vivant avec le VIH en face de toi, qui a quand même des connaissances, il faut mettre l’accent sur ça, c’est utile parce que ça te fait sortir de la notion écrite sur le livre et ça te donne la réalité des choses. Je suis tout à fait d’accord, il faut commencer le plus tôt possible, d’autant plus que c’est un âge où on peut travailler sur la prévention aussi de la même manière, donc c’est très intéressant. Tout mon support à l’antenne Bretagne qui fait toujours un excellent travail.

Sandra : Oui, ça c’est clair, gros big up à tous les bretons du Comité des familles Bretagne. Christian et Mohamed, avez-vous des choses à rajouter ?

Christian : Effectivement, par rapport à ce qu’elle a dit au niveau de la discrimination par rapport aux personnes séropositives qui ont parfois des problèmes dentaires. Moi, j’ai vécu le cas au niveau de la Salpêtrière. Voyez-vous, je me suis rendu pour une consultation et on a su que j’étais malade, séropositif, les bonhommes n’ont plus poursuivi très bien ce qu’ils avaient à faire. J’étais donc obligé de me déporter de là pour aller à l’hôpital Saint-Antoine où on m’a vraiment bien accueilli. Mais on doit davantage sensibiliser le personnel hospitalier sur les personnes vivant avec le VIH. Ce qu’elle disait est pertinent, ça m’a touché.

Sandra : Oui et il faut continuer à le dénoncer pour que les choses puissent bouger.

Mohamed : Moi, je n’ai rien à rajouter de spécial mis à part que ça continue quoi.

Sandra : J’en profite pour adresser mes encouragements à toutes les infirmières et à tous les infirmiers parce que je sais que les conditions de travail sont assez difficiles, leur travail n’est pas assez valorisé et ce qu’ils réclament en général c’est de meilleures conditions de travail pour mieux prendre soin des patients et évidemment aussi, une augmentation de salaire mais ce n’est pas leurs premières revendications. Donc j’espère que le prochain ou la prochaine présidente mais j’espère pas que ce sera la prochaine présidente, donc le prochain, même si je ne suis pas pro Macron mais voilà, on n’a pas trop le choix, donc j’espère que les conditions vont s’améliorer, que ce ne sera pas trop des paroles et qu’il y aura du changement.

Et aussi, en ce qui concerne les essais thérapeutiques pour les cancers, on avait reçu dernièrement Jean-Philippe Spano et Marianne Veyri qui sont du réseau cancervih et qui travaillent pour inclure les personnes séropositives dans les essais, donc il y a certaines conditions, charge virale indétectable depuis plusieurs années etc, mais les choses avancent, les choses bougent donc voilà, faut y croire. Mais c’est bien aussi de le dire, malheureusement il y a encore des personnes séropositives exclues des essais et ce n’est pas normal.

Mohamed : Je voulais rajouter qu’en province, ça se passe différemment que dans les grandes villes. Ils ont un autre mode de fonctionnement et de soins qui est totalement différent de celui de la région parisienne.

Sandra : Oui, les problèmes des déserts médicaux, effectivement, c’est un réel problème.

Mohamed : Et pour le suivi des patients.

Sandra : Oui, ce n’est pas du tout pareil, on aura l’occasion d’en parler sûrement avec Morgane et puis les autres membres du Comité des familles Bretagne. N’hésitez pas à réagir sur le site comitedesfamilles.net

Transcription : Sandra JEAN-PIERRE