Forum des auditeurs : « Séropositif depuis 3 mois, tout tourne dans ma tête, je ne dors pas »

, par Sandra

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Forum des auditeurs : « Séropositif depuis 3 mois, tout tourne dans ma tête, je ne dors pas »

- Message de Dramane

Bonjour Sandra,
Je m’appelle Dramane. Je vis dans le département du Tarn-et-Garonne (Montauban). Je voudrais vraiment que vous m’aidiez. Je suis étudiant étranger, je suis séropositif depuis 3 mois. J’ai déjà commencé mon traitement. Aujourd’hui je souffre vraiment car je n’arrive toujours pas à me retrouver. Tout tourne dans ma tête. Je ne dors pas. Mon médecin m’a donné des anti-stress, j’ai aussi un suivi de mon psychologue. Mais avec tout ça, je n’y arrive pas. J’ai 3 soucis majeurs : comment annoncer à ma famille ? Si je le fais, je suis sûr que je serai rejeté, j’ai peur d’être rejeté par ma famille car si cela arrive, je me suiciderai. Comme vous pouvez le constater le VIH est encore un sujet tabou en Afrique et mal vu. Ensuite, je suis étudiant étranger et j’ai fini les études, mon titre de séjour ne sera plus valable l’an prochain, comment ferais-je pour continuer mon traitement ? Apparemment, les préfectures ne donnent plus de titre de séjour pour les étrangers séropositifs récemment infectés. Moi je viens d’un pays où il y a actuellement la guerre et il n’y a pas de meilleurs suivis et traitements médicaux pour ce genre de maladie. J’ai peur de rentrer chez moi dans cette situation puisque je sais je n’aurai jamais un bon traitement pour ma séropositivité. Ça me ronge cette peur. Je souhaiterais solliciter votre aide ou si vous pouvez m’orienter vers une association dans ma localité qui peut m’aider. S’il vous plaît j’en vraiment besoin.

Bruno : Aujourd’hui en 2018 ou il y a plusieurs années, l’annonce, c’est toujours terrible. C’est vrai qu’il y a plusieurs étapes à passer, à franchir. Comme il le souhaite, il faudrait qu’il se mette en lien avec des associations où un peu comme le Comité des familles, on aborde toutes ces thématiques de l’annonce. Il pourra rencontrer des personnes qui sont comme lui. Qu’il n’hésite pas à pousser la porte, il sera bien accueilli.

Michel Celse : Je veux bien rajouter quelque chose sur l’autre aspect de la question, qui est celle de la possibilité, s’il n’a plus de droit au séjour en tant qu’étudiant prochainement de se maintenir au titre de son état de santé. Le principe, je ne peux pas juger du tout du cas d’espèce, je ne suis pas la préfecture, le principe est effectivement que ce droit est accordé dans la mesure où il n’y a pas dans le pays d’origine de possibilités pour lui d’être traité correctement. En revanche, ce n’est pas vrai de dire que les préfectures ne donnent plus de titre de séjour pour des gens qui seraient récemment infectés, ce n’est pas du tout dans les critères. Que ces procédures soient compliquées, qu’elles n’aboutissent pas toujours à un résultat positif, c’est certain. Mais en tout cas, pas pour cette raison-là. Ce qu’on peut lui conseiller, c’est de se rapprocher d’une association en mesure de l’aider sur ce plan-là. Il peut en avoir plusieurs, au plan national ou plus localement, mais ce qui est très important c’est qu’il soit accompagné dans les démarches qu’il pourrait entreprendre auprès de la préfecture dont il dépend. Par ailleurs, je n’ai pas été très attentif au moment où son titre de séjour étudiant se termine, mais il a tout intérêt à anticiper ses démarches plutôt qu’attendre de se retrouver en situation irrégulière sur le territoire, risquer une reconduite à la frontière, une expulsion et entamer des démarches à ce moment-là. C’est peut-être plus prioritaire que la question de l’annonce, pardon de faire des… c’est à lui de voir. Mais, ce n’est pas la peine qu’il se mette dans une difficulté encore plus grande de ce côté-là.

Sandra : Je ne connais pas d’associations dans le département du Tarn-et-Garonne. Mais bon, peut-être qu’il y en a. Yann, qui participe souvent à l’émission, m’a dit que ce n’était pas très loin de Toulouse. Je ne sais pas du tout, je suis nulle en géographie.

Michel Celse : C’est effectivement pas très loin de Toulouse. Je pense qu’à Toulouse il y a des possibilités.

Sandra : Il y a Act-Up que je connais, qui a une permanence droits sociaux, je pense qu’il pourra se renseigner.

Michel Celse : Il peut avoir Aides également. Peut-être même plus près, à voir. Mais il ne faut pas hésiter à aller taper à plusieurs portes.

Sandra : Pour l’annonce de la séropositivité à sa famille, je pense qu’il y a le temps. Déjà, Dramane, il faut que tu acceptes ta maladie, que tu acceptes de vivre avec le VIH. Une fois que tu auras bien compris ce que c’est le VIH, que la vie n’est pas terminée, que tu peux envisager l’avenir, fonder une famille, avoir des enfants qui ne seront pas infectés par le VIH grâce aux traitements. Là, tu pourras peut-être, si tu en as envie, ce n’est pas une obligation, mais tu pourras peut-être annoncer ta séropositivité à ta famille en expliquant que c’est une maladie comme les autres et que malheureusement, il y a pire comme maladie et qu’aujourd’hui, toi, tu as la chance d’être en France, j’espère que tu pourras le rester et donc tu pourras suivre ton traitement et avoir une longue vie. Donc, n’hésitez pas chers auditeurs à répondre à Dramane sur le site comitedesfamilles.net. Et puis vous aussi, vous pouvez partager votre expérience sur le site comitedesfamilles.net. On essaye de vous répondre, de vous orienter, on est ensemble.

Bruno : Les circulaires sur les migrations s’enchaînent selon les mandats. Nous, les associations, on est présent, on essaye d’être en veille pour que vraiment, ça se passe au mieux, pour le bien-être des personnes concernées.

Transcription : Sandra JEAN-PIERRE