Bretagne : stop à la solitude des séropositifs, le Comité des familles est là pour toi !

, par Sandra

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Pascal et Morgane
Bretagne : stop à la solitude des séropositifs, le Comité des familles est là pour toi !

Sandra : Direction la Bretagne !

Diffusion d’un extrait de la chanson “J’entends le loup, le renard et la belette” de Tri Yann

Sandra : Morgane, faut m’expliquer, pourquoi vous entendez le loup, le renard et la belette chanter ? Qu’est-ce qu’il se passe chez vous ?

Morgane : C’est parce qu’il y a beaucoup de loups, de renards et de belettes (rires).

Sandra : Et ils chantent ! D’accord ! (rires). Ok, La dernière fois que nous avons parlé de l’antenne Comité des familles Bretagne, c’était pour donner les dates de vos permanences. Comment ça s’est passé ? Je crois que votre nombre de membres a bien augmenté depuis ?

Morgane : Bah écoute je trouve que pour déjà quelques mois d’existence, on est à 15 adhérents.

Sandra : Super.

Morgane : Après on a des gens autour bien sûr en plus qui nous suivent. On a fait pas mal de choses quand même. On a fait un stand au mois de janvier à la journée COREVIH Bretagne, où il y avait eu le stand avec les autres associations de la région, enfin, l’autre association de la région parce qu’il y a qu’une autre sur toute la région. Après nous avons aussi fait des repas conviviaux car la mairie de Saint-Brieuc nous octroie une salle une fois par mois où on se rejoint et on fait des repas et chacun, soit prépare chez lui la veille et l’emmène soit sur place, ça dépend vraiment de combien on est et ce qu’on veut faire à manger. C’est chacun décide, un peu comme à Paris, de ce qu’il a envie de préparer. Nous avons été mangé aussi chez une de nos adhérente le week-end dernier au soleil, sur sa terrasse et dans son jardin. Nous, on était 13 dont 10 adultes et 3 enfants. On a mangé un barbecue. Après nous sommes allés nous balader sur la plage. Dimanche prochain, nous faisons un pique-nique plage avec les enfants, les familles, tout le monde quoi et nous venons après la semaine prochaine, nous faisons un jumelage avec le Comité des familles Paris. Nous venons à 7 à Paris pour passer un week-end avec les membres du Comité des familles Paris afin que ceux de Bretagne voient comment fonctionne Paris et comment échanger, faire des parcours. C’est vrai que c’est complètement différent la province et Paris. On met les mêmes actions mais on essaye de faire en sorte qu’elles coïncident à ce qui se passe en Bretagne car c’est beaucoup plus de ruralité, c’est beaucoup plus de déplacement. Je roule beaucoup plus que ce que je marche. Tandis qu’ici je marche plus que ce que je roule (rires). C’est un peu la différence. Mais après les gens je vois bien, ça évolue. Les gens sont contents et quand je vois les gens avec le sourire, c’est tout ce qui m’importe.

Sandra : Je rappelle le contact c’est le 07 68 33 10 40 et il y aussi le mail comitedesfamilles.stbrieuc@gmail.com.

Une question, comment les nouvelles personnes sont accueillies ? J’appelle, comment ça se passe ?

Morgane : La particularité de la Bretagne c’est un peu ça. Nous n’avons pas de local. Du coup en fait ça dépend. Je les rencontre soit par le biais d’une association qui ont des appartements thérapeutiques qui s’appelle les Nouëlles. J’ai aussi l’infectieux du centre hospitalier d’Yves le Foll où tous les patients, là je parle des Côtes d’Armor, ça m’est arrivé que le docteur Daniel me fasse signe de prendre contact avec cette personne. Donc j’appelle la personne. Ou ça dépend si la personne veut m’appeler ou je l’appelle, ça dépend de la situation. On se voit à l’extérieur donc nous essayons de trouver un endroit où il n’y a pas trop de monde, où on peut discuter tranquillement, qu’il n’y ait pas d’enfant. Donc c’est vraiment au cas par cas. Je vais d’abord les voir moi dans un premier temps pour expliquer ce qu’on fait, comment on fonctionne, pour que ça aille petit à petit et après elles viennent. Mais dans un premier temps, c’est nous qui allons les chercher. Ils ne viennent pas tout seul. Certains, les gens qui ont déjà vécu à Paris ou ailleurs, qui ont déjà vécu le monde associatif viennent. Mais les gens qui arrivent et qui ne connaissent pas le milieu associatif ou n’ont jamais connu, ne savent pas ce que c’est, ils se demandent pour faire quoi ? Donc ils ne viennent pas. Et en fait, le fait de passer le dimanche dernier un repas, c’était très agréable, j’ai vu une dame, elle s’est cru en famille. C’était un repas de dimanche dominical familiale.

Sandra : Avec quelles questions viennent les gens ? C’est quoi leur demande ?

Morgane : En fait, c’est pareil. On est très différent. Du coup, chacun a vraiment ses questions. Ca peut être juste être avec du monde. Ne pas vouloir en parler, ne pas parler de soi, ne rien dire. Pas de problème. Ca peut être j’ai envie d’avoir des enfants, comment on fait ? Ca peut être aussi j’ai envie que mon conjoint parle avec un autre conjoint. Ca peut être juste manger ensemble, tout simplement. Etre ensemble, pouvoir échanger. Ou passer des moments ensemble sans en parler aussi. C’est important de passer des moments sans en parler, mais juste être ensemble. Ils n’ont pas forcément de questions les gens. Elles viennent après. D’abord, ils se taisent, ils écoutent. Après quand on est tous ensemble, ils se parlent et il n’y a plus de question.

Mohamed : En province, ils ont plus de préjugés par rapport au VIH que dans les grandes villes. Parce qu’ils ont déjà des problèmes d’accès aux soins, c’est loin. La confidentialité n’est pas régulée de la même façon en province.

Morgane : C’est beaucoup ça, c’est la confidentialité qui fait peur.

Bruno : Bonjour aux bretons. Je tenais à dire bravo à Morgane et à tous les nouveaux membres qui nous ont rejoint. C’est vrai que c’est un réel de travail de maillage, proximité sur le terrain. On s’appelle régulièrement. C’est vraiment sur le terrain qu’elle crée tous ses liens. Moi, pour revenir un tout petit peu sur le Comité, depuis le début du Comité, on a toujours eu des sympathisants que ce soit au niveau national ou international. Donc c’est pour ça qu’on a mis en place un peu ce réseau de correspondants. Il y a deux ans, c’était vraiment bien étoffé. Tous les membres ont décidé de passer à l’étape suivante de créer une antenne. Tout ce qui va avec, la demande financement et tout ça. Morgane avec tout son réseau ont des compétences. Nous à Paris, on a été une assistance plutôt sur le logistique, on s’est déplacé pour les rencontres et tout ça. Mais là, je pense qu’elle commence à avoir un bon petit réseau et puis nous on est toujours là pour assister. C’est la première antenne pour le Comité qui s’ouvre sur le national. J’espère que ce sera un bon exemple. On est toujours là, on sera derrière toi.

Sandra : Il reste 3 minutes d’émission, d’autres réactions ?

Morgane : Je voulais remercier Pascal que vous avez reçu la semaine dernière. C’est quelqu’un que j’ai connu très jeune, grâce à lui et son militantisme, justement, j’en suis arrivée là aujourd’hui. Je reprends un peu le relais. Je suis fière de l’avoir connu et d’en être arrivé là. Voilà, je voulais juste lui faire un gros big up et à tous les bretons et à tout ceux qui nous écouterons.

Christian : Quand moi j’ai reçu ce sms, j’ai tout de suite pensé que Morgane devrait peut-être nous faire un câble du côté de la Bretagne...

Sandra : Alors oui explique aux auditeurs. Parce que j’ai envoyé un message pour dire qu’aujourd’hui, nous allons enregistrer une émission où nous recevrons Morgane de Bretagne. Et donc tu t’es dit que Morgane ne serait pas dans le studio c’est ça ?

Christian : Oui.

Morgane : Par téléphone.

Christian : Je suis fier de voir Morgane et donc peut-être, j’espère que ça ne rend pas jaloux. Si par ailleurs il y a d’autres antennes du Comité des familles qui sont implantées dans d’autres régions, à Nantes, Nice… C’est la toute première en Bretagne ? Voilà, je comprends que tu as fait un véritable gros travail.

Morgane : Je suis la première mais pour les autres, je serais là aussi pour eux s’il faut bien sûr. C’est comme ça que ça fonctionne.

Sandra : On arrive à la fin de l’émission.

Morgane : Rendez-vous le 8 juillet !

Sandra : Pour la soirée moules/frites ! Moi, je serai là évidemment.

Morgane : Des moules de la baie de St-Brieuc, qu’on va aller chercher.

Mohamed : Je passe un grand bonjour à tous les auditeurs et à toute la Bretagne.

Sandra : Pour s’inscrire pour la soirée moules/frites, il faut le faire avant mercredi sinon vous ne pourrez pas venir : 01 40 40 90 25 ou sur le site comitedesfamilles.net

Transcription : Sandra JEAN-PIERRE