Forum des auditeurs : quelles conséquences si on ne dit pas à son assurance qu’on est séropositif ?

, par Sandra

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Forum des auditeurs : quelles conséquences si on ne dit pas à son assurance qu’on est séropositif ?

Sandra : Nous continuons l’émission avec les messages des auditeurs. Je vais prendre le message de Hope Grace, qui nous remercie

- Hope Grace

Bonsoir Sandra et à toute l’équipe !
Merci pour votre disponibilité et votre soutien ! Dommage que ces injections ne soient pas encore effectives. Mais bon, nous continuons d’attendre vivement, puisque les essais sont plus ou moins prometteurs...
Que Dieu vous bénisse !!!

Sandra : Elle parle du traitement VIH sous forme injectable. On en a parlé la semaine dernière. J’ai diffusé une interview avec l’infectiologue Pierre de Truchis, qui nous a donné quelques éléments de réponses là-dessus. Merci pour ta fidélité Hope Grace. Je poursuis avec le message de Stéphan

- Stéphan

Bonjour. Au vu des aléas complexes dans le parcours de l’assurance emprunteur, finalement quelles réelles incidences y-a-t-il à ne pas déclarer sa séropositivité quand celle-ci reste indécelable et qu’on a aujourd’hui davantage de risques à décéder dans bien d’autres circonstances !!?? Car pour que l’assurance considère cette "fausse déclaration"aussi faut-il pouvoir justifier son décès du Sida. Telle est mon interrogation. Stephan/Montpellier.

Sandra : Avez-vous dans l’équipe déjà une réponse pour Stéphan ?
Mohamed : Si je peux répondre, ça c’est classique. Ce n’est pas relatif spécialement au VIH. Toutes les assurances demanderont à des personnes de 50 à 60 ans, qui auront une assurance vie, plénière ou de CPAM, ou je ne sais pas, autre chose par les fonds de pension, mais ils demandent si vous avez des problèmes de santé. Donc ça veut dire qu’à partir du moment où vous avez soit, ce qu’ils appellent des problèmes de santé, des choses incurables comme le cancer, pour eux, vous avez une durée de vie limitée, donc ils ne peuvent pas vous assurer sur la durée. Et c’est pour ça qu’ils sont réticents à vouloir assurer les citoyens alors qu’ils peuvent l’être.

Yann : Je pense que malheureusement, effectivement, si on déclare qu’on a une maladie chronique, l’assurance peut certainement accepter de nous assurer mais à un taux beaucoup plus important.

Sandra : Effectivement, pour les personnes qui ont, on dit, un risque aggravé de santé, il y a ce qu’on appelle la convention AERAS, qui permet aux personnes qui ont une maladie chronique de pouvoir quand même souscrire à une assurance. Mais il y a peut-être un risque qu’il y ait des surprimes, comme tu dis Yann, avec un taux d’intérêt plus élevé. Mais ça, il faut se renseigner, ce n’est pas toutes les assurances pareils. Mais sinon, Stéphan qui se demande est-ce qu’on doit le dire ou pas ? Moi, j’ai appelé Sida Info Service, et donc il y a des juristes qui peuvent répondre à ce type de questions, donc voici ce qu’ils m’ont répondu en gros. Effectivement, c’est du l’ordre du déclaratif. C’est comme pour les impôts, quel risque y-a-t-il à faire une fausse déclaration ? Impossible de le dire. Ca part sur une base de confiance, de sincérité. Pas vu, pas pris. Mais si l’assureur a envie de creuser et qu’il se rend compte que la personne est prise en charge à 100%... bah elle peut le découvrir. Comme tu disais Mohamed, pour contracter une assurance, il y a un dossier médical à remplir. C’est différent selon les assurances. Parfois faut voir comment les questions sont tournées aussi. On n’est pas obligé d’être précis, ça peut être des questions larges. Sauf si on a plus de 40 ans, des assurances peuvent demander un vrai bilan médical et elles ont le droit, c’est légal !
Après, sur les conséquences d’une fausse déclaration, si l’assureur le découvre. Pas de conséquence pénale, ce n’est pas un crime. Mais ça peut quand même aller jusqu’au tribunal administratif. Et l’assurance peut réclamer aussi le remboursement intégral du prêt. Et ça peut mettre les gens dans des situations assez dramatiques, si tout d’un coup l’assurance réclame le remboursement de ce qui a été versé, on va devoir peut-être vendre quelque chose d’important.

Donc, moi, mon conseil, c’est l’honnêteté. Je pense que c’est mieux, parce qu’on ne sait jamais. Pas vu, pas pris, bon. C’est un risque à prendre, c’est vous qui voyez.

Yann : Il y a une chose intéressante que relève Stéphan, c’est en fin de compte, si on meurt d’une maladie à l’hôpital suite à un VIH qui date, quel est vraiment la phrase qui a été mise par rapport au décès ? Est-ce que c’est suite à une maladie chronique de type VIH ou quoi que ce soit ou est-ce qu’on parle simplement d’une mort à infection pulmonaire par exemple. Là, j’ai plus envie de me retourner vers le médecin.

Jean-Philippe Spano : En général, on est là aussi comme le disait à l’instant même Sandra, dans l’honnêteté médicale et on est obligé de déclarer la cause du décès. Maintenant, il peut s’agir des deux. Il peut s’agir aussi d’une infection pulmonaire ou de toutes autres infections qui soient indépendante de l’infection à VIH.

Sandra : J’ai demandé aussi à la juriste de Sida Info Service, si jamais la personne meure, qu’est-ce qu’il se passe si elle n’a pas fini de rembourser totalement le prêt ? Est-ce que ça va se répercuter sur la famille ? Elle m’a dit que non. Si jamais par exemple la famille veut récupérer le bien qu’il avait presque acheté, il y a un nouveau contrat qui est mis en place. Ca, c’est quand même rassurant. Donc à vous de voir et je rappelle le numéro de Sida Info Service 0 800 840 800. Et elle m’a dit qu’ils ont un courtier, spécialisé dans le risque de maladies aggravées. Alors, elle ne voulait pas faire la pub mais simplement, on peut appeler et demander des conseils. Surtout par rapport aux surprimes, parce que fois parfois on se dit si on passe par la convention AERAS, ça va me coûter vraiment cher alors que finalement, pas tant que ça. Et puis on peut faire un prêt dans la tranquillité. Donc n’hésitez pas à contacter Sida Info Service.

Transcription : Sandra JEAN-PIERRE