L’herboriste de place Clichy est-il coupable ou innocent ?

, par Sandra

JPEG - 128.4 ko
L’herboriste de place Clichy est-il coupable ou innocent ?

Sandra : Vous avez peut-être reconnu le générique de l’émission “Faites entrer l’accusé”. Ca ne rigole pas aujourd’hui ! On va parler de cet herboriste qui a été condamné. La semaine dernière on en a parlé. On n’avait pas toutes les infos. Esther disait que c’était encore un coup du pouvoir pharmaceutique qui veut écarter les herboristes pour pouvoir avoir le monopole sur la santé des gens. J’ai retrouvé quelques articles et on va pouvoir en débattre ensemble aujourd’hui à l’émission.

C’est article paru dans sciences et avenir. Il affirmait pouvoir combattre 80 % des maladies, dont le sida, avec des plantes : l’herboriste Jean-Pierre Raveneau a été condamné mercredi 17 février 2016 à un an de prison avec sursis pour "exercice illégal de la pharmacie en récidive". Le tribunal correctionnel de Paris l’a également condamné pour"commercialisation ou distribution de médicaments (...) dépourvus d’autorisation de mise sur le marché, ouverture d’un établissement pharmaceutique sans autorisation et contrebande de marchandises prohibées". Il a assorti la condamnation d’une mise à l’épreuve de trois ans. Un an de prison ferme et 50.000 euros d’amende avaient été requis à son encontre.

Hypertension, virus H1N1, troubles de la prostate, psoriasis, paludisme, fibromes, herpès génital ou constipation extra-forte... Jean-Pierre Raveneau expliquait à ses clients pouvoir combattre 80 % des maladies. Un de ses produits, le Viralgic, interdit à la vente en France par une décision de justice en 2011, affirmait même "agir directement sur le virus" du sida "en renforçant les défenses immunitaires pour aider à le combattre".

Sauf que depuis 1941, la loi réserve aux seuls pharmaciens de l’Ordre et à leurs officines le quasi-monopole de l’exploitation des plantes médicinales à l’exception de 150 d’entre elles, jugées non-toxiques.

Le dernier herboriste diplômé a, lui, disparu en 2000 à 95 ans. Et Jean-Pierre Raveneau, bien que docteur en pharmacie, n’était plus inscrit à l’Ordre et n’exerçait pas dans une officine. Il avait d’ailleurs déjà été condamné en septembre 2011 à un an avec sursis et 15.000 euros d’amende pour exercice illégal de la pharmacie pour la vente du Viralgic.

"Je ne délivre pas d’ordonnances, rien que des conseils. J’ai vendu des plantes et des mélanges, mais pas des médicaments. Mon but a toujours été d’apporter du bien-être. Quand je parle de combattre (une maladie), c’est s’y opposer mais je n’ai jamais prétendu guérir telle ou telle pathologie", avait plaidé le prévenu.

Et sur le site plante et santé, j’ai vu un autre article avec un autre angle. Là, c’est plutôt pour défendre l’herboriste. Et donc il y a un passage où c’est écrit “À quand un statut pour les herboristes ?”. Je vais vous citer un extrait de l’article.

Le couple paye ainsi lourdement son combat pour défendre l’herboristerie traditionnelle, et pas celle qui relève officiellement du monopole pharmaceutique. Pharmaciens de formation, ils ne sont en effet pas inscrits à l’Ordre. Par ailleurs, le diplôme d’herboriste ayant été supprimé en 1941, tous ceux qui veulent exercer cette profession se retrouvent, on le constate à nouveau aujourd’hui, dans une situation juridique périlleuse. Jointe par téléphone par Plantes & Santé avant le rendu du jugement, Nicole Sabardeil nous avait confié : « Notre objectif a toujours été d’apporter des conseils de santé, nous n’avons jamais prétendu guérir telle ou telle pathologie et encore moins le sida, comme l’affirme l’accusation ». Et donc l’article pousse à soutenir cette herboristerie en continuant de s’y rendre. C’est l’herboristerie qui est à place Clichy.

Qu’en pensez-vous Yann et Alexandre ? Est-ce que l’herboriste méritait d’être condamné selon vous ou… je trouve que c’est une affaire compliquée !

Alexandre : En fait, on ne peut pas vraiment savoir sans faire nous-même le testing et aller là-bas en posant des questions sur telle ou telle maladie. On ne peut pas savoir s’il dit la vérité quand il dit je n’ai jamais prétendu guérir quoi que ce soit. Peut-être qu’il est honnête ou pas…

Yann : Si on est dans le bien-être, je suis à 200% d’accord. On a qu’à voir tous les pays qui soignent par les plantes. Ce n’est pas de la fausse médecine. Après, s’il a fait effectivement des annonces en disant : “Je peux guérir de ceci ou cela”. Après je ne comprends pas comment il puisse être condamné si jamais il n’avait pas fait d’annonces fausses. Mais bien sûr qu’il y a beaucoup de charlatans dans ce monde-là.

Sandra : Oui, c’est ça. Soyez prudents et oui, si jamais vous entendez quelqu’un dire : “Je peux guérir le VIH ou quoi”, méfiez-vous ! Il s’agit sans doute d’un charlatan.

Yann : Parce que moi je connais, alors ça m’intéresse, je vais y passer si vous voulez, mais je connais depuis longtemps, depuis que je suis arrivée à Paris, une herboristerie qui a pignon sur rue, qui est dans le premier arrondissement dans les jardins du palais royal, l’herboristerie du palais royal, et bah je vais aller avec un petit micro peut-être faire une mini interview, enquête, à savoir quel type de plante ils vendent et qu’est-ce qu’ils peuvent m’assurer de me soigner comme maladies par exemple.

Sandra : Bonne idée. Puis peut-être que j’irai place Clichy pour poser quelques questions. On vous tient au courant si ça vous intéresse et n’hésitez pas à réagir sur le site comitedesfamilles.net

Transcription : Sandra JEAN-PIERRE