La première fois que j’ai rencontré un homme homosexuel... Cozette raconte

, par Sandra

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La première fois que j’ai rencontré un homme homosexuel... Cozette raconte

Sandra : De retour à l’émission de radio Vivre avec le VIH, nous allons maintenant écouter l’épisode 3, Il était une fois Cozette. Souvenez-vous, Cozette a découvert sa séropositivité en 2007. C’est son ex-compagnon qui lui a transmis le VIH. Son compagnon ne l’avait pas prévenue de sa séropositivité et pourtant elle a réussi à lui pardonner. Pour écouter son témoignage, je vous propose de réécouter l’émission de la semaine dernière où elle explique comment elle a pu réussir à pardonner. Et là on va encore en savoir un peu plus sur elle. Cozette c’est quelqu’un qui a fait un parcours associatif et les associations lui ont permis de découvrir beaucoup de choses. Je vous propose d’écouter ça.

Début de l’enregistrement.

Cozette : Puis j’ai également découvert des associations de patients, une entraide, une fraternité, une possibilité finalement de se comprendre assez facilement, qu’on ne retrouve pas justement dans les associations lambda où on peut faire des activités ou même si on a une passion. Le rapport à l’autre est différent. Ca m’a aussi beaucoup apporté. J’ai découvert aussi les homosexuels, parce que moi alors là je ne connaissais pas du tout ! Non mais, je savais que ça existait mais je n’avais jamais eu l’occasion d’en rencontrer un seul dans ma vie. J’avais quand même 51 ans. Mais bon, je ne sais pas, j’en avais peut-être rencontrés mais je ne savais pas qu’ils l’étaient mais en tout cas, bon voilà. Avoir des relations amicales avec des personnes, des hommes homosexuels, pareil c’est… pour moi ça a été vraiment une grande richesse. Donc, que du bonheur !

Fin de l’enregistrement.

Sandra : Voilà, Cozette au micro de l’émission de radio Vivre avec le VIH, qui a découvert les homosexuels à 51 ans, dans des associations. Alors vous, la première fois que vous avez rencontré un homosexuel c’était quand, où, comment ? (rires).

Yann : Oh moi je pense que ça devait être sur la plage de Nice quand je me faisais draguer par un gros… comment on appelle ça ? Un pédéraste, voilà, un enculé quoi.

Sandra : Ah ! D’accord !

Yann : Grossomodo, c’est ça.

Sandra : Génial !

Yann : Beau gosse, sur la plage de Nice et il y avait plein de personnes adultes qui tournaient autour, tu veux pas une glace, tu veux pas un machin, c’est ça les premières rencontres.

Sandra : Ce n’est pas top quand même. Alexandre, toi, tu te souviens ou pas ?

Alexandre  : Je ne me souviens pas de la première fois. Je sais que j’ai de très bons amis qui sont gays. Bon, je n’aime pas trop dire cette phrase parce que ça fait un petit peu le genre, Nadine Morano avec son ami noir (rires). Je tiens à le dire, ce n’est pas du tout dans ce sens-là.

Yann : Non, alors, va plus loin. As-tu déjà été comme ça dragué alors que tu étais gamin ou…

Alexandre : Ah bah quand j’étais gamin, ah non. Non, ce que j’ai fait en revanche, je suis allé, alors là c’est l’anecdote complète, je suis allé dans une boite gays. C’était il y a 2 ans je crois. C’était avec mes amis à l’école.

Yann : Ah ça y est ! Je te reconnais ! (rires).

Alexandre : A l’école après la majorité, ce n’est pas l’école primaire ! (rires). Et je suis allé dans une boite gays dans le Marais et c’était un de mes meilleurs souvenirs en boite. Déjà, j’avais une de mes amies qui était avec moi et je n’avais pas du tout à faire attention à est-ce qu’il n’y a pas des gros relou qui essayent de lui mettre des mains aux fesses ou quoi que ce soit. Et à l’inverse, c’était moi qui… non, je rigole. Non mais c’est un environnement…

Yann : C’est légitime ce que tu dis. C’est pour ça qu’il y a beaucoup de nanas qui vont aussi dans les boites gays.

Alexandre : C’est un environnement autant très tactile mais pas en chien entre guillemets, comme dans les boites traditionnelles. C’est-à-dire que, enfin, c’était marrant parce que je me suis fait draguer par un mec de 40-50 ans, qui est venu me voir et qui m’a dit…

Sandra : Yann il dit c’était lui ! (rires)

Alexandre : Non, ce n’était pas Yann (rires).

Yann : Je me déguise quand je vais dans une boite, j’ai des grosses moustaches, une moto et un blouson noir (rires).

Alexandre : Le mec est venu me voir et m’a dit dans l’oreille : “Salut, ça va”. Et genre, je me suis tellement souvenu… j’ai jeté des yeux un peu effrayés avec mes potes à côté qui ont dit vas-y, on vient te sauver et tout.

Sandra : C’est normal, t’as à peine 20 ans, c’est bon quoi.

Alexandre : C’était assez marrant.

Sandra : Ok, c’était pour l’anecdote.

Alexandre : J’ai des amis gays et ça fait partie de ceux avec lesquels je me marre le plus en général.

Sandra : Merci à vous deux pour votre partage, on va continuer d’écouter le récit de Cozette. Alors donc son parcours en association lui a permis aussi de faire un travail sur le pardon, elle nous explique ça.

Début de l’enregistrement.

Cozette : Je fais partie de l’interassociatif “Femmes et VIH” depuis 3-4 ans maintenant au nom d’Actif Santé. Et on a eu un colloque où un des ateliers portait sur pénalisation et criminalisation du VIH. Et donc là moi j’ai sauté sur l’occasion, j’ai dit alors là, c’est pour moi ça. Moi j’ai dit que j’aimerai bien animer cet atelier. Alors là, j’ai bossé comme une folle, comme je n’y connaissais rien. J’ai découvert un domaine incroyable. J’ai appris beaucoup et d’une certaine façon là-aussi, c’était un travail salutaire pour moi. Peut-être que ça a été un deuxième point à mettre sur le tableau de mes sentiments.

Fin de l’enregistrement.

Sandra : Cozette au micro de l’émission de radio Vivre avec le VIH. Voilà, la question du pardon. Pardonner quelqu’un qui a transmis le VIH, est-ce possible ou pas ? Pour Cozette, ça l’est. Yann, penses-tu que pour toi c’est quelque chose de possible de pardonner ?

Yann : Oui, complètement. Après, ça dépend de la manière dont c’est fait. Ca dépend si la personne réitère cette contamination d’une manière complètement pensée. On sait que ça existe malheureusement. Moi, je pense que dans le soin, quand on démarre le soin, il est important de pouvoir déjà passer à autre chose et ça fait partie de l’acceptation. Je crois que dans le déni souvent, on est encore dans la culpabilité et dans la vengeance. Une fois qu’on arrive à dépasser ça, même si c’est très difficile, j’entends bien, ça permet d’avancer, de commencer à s’occuper de soi.

Sandra : N’hésitez pas à réagir sur le site comitedesfamilles.net. Yann, tu voulais rajouter quelque chose ?

Yann : Je vais être triste le jour où Cozette nous lâche et n’a plus rien à nous raconter.

Sandra : La semaine prochaine encore ! Alors la semaine prochaine ce ne sera pas sur ça. Mais elle va venir directement pour nous parler de la loi travail, la loi El Khomri, sur la médecine du travail.

Yann : La loi quelle connerie ? (rires)

Sandra : Voilà c’est ça (rires). Pour ceux qui ne connaissent pas, c’est l’occasion. Alexandre va se faire un plaisir…

Yann : Cozette en live alors !

Sandra : Dans les studios radios !

Yann : Elle est célibataire Cozette ?

Sandra : Ecoute, tu lui demanderas (rires). Et donc dans son prochain témoignage, elle nous parlera de l’annonce. L’annonce de la séropositivité à ses enfants, au travail, à son partenaire.

Yann : On la remercie en tout cas de cette tranche de vie, très honnête, qu’elle nous livre.

Sandra : Vraiment oui, très sincère. Et n’hésitez pas à réagir sur le site comitedesfamilles.net.

Transcription : Sandra JEAN-PIERRE