Le VIH vu du web : pénuries mortelles au Vénézuela / le rapport Ban Ki-Moon / Kit de dépistage VIH

, par Sandra

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Le VIH vu du web : pénuries mortelles au Vénézuela / le rapport Ban Ki-Moon / Kit de dépistage VIH

Sandra : La rubrique le VIH vu du web avec Alexandre Bordes, c’est parti !

Alexandre : Notre première information concerne le Vénézuela. Vous vous rappelez, la semaine passée, Esther vous donnait dans sa chronique les détails d’une pétition en espagnol sur la pénurie de médicaments au Vénézuela. Il est temps de donner de plus amples informations sur ce sujet.

Alors, à la base, cette chronique s’appelait le VIH vu de Twitter et c’est depuis Twitter que de premiers éléments de réponse nous sont parvenus. La twittos Lola Venez nous a ainsi précisé qu’il y avait une pénurie pour à peu près tous les médicaments depuis plus d’un an. Où en sommes-nous, fin mai 2016, au Venezuela, en termes de médicaments ?

Le 26 mai le média français I-Télé publiait une vidéo, un cours reportage dans lequel on peut voir en images la situation médicale du pays. Le texte en commentaire de la vidéo indique ceci : “Dans les hôpitaux de Caracas, des centaines de patients attendent leur traitement, parfois, ce sont les familles qui doivent fournir médicaments, repas, et draps, la monnaie nationale s’est effondrée avec la chute des prix du pétrôle, le prix des produits importés a explosé et le FMI s’attend cette année à une inflation de 700%, chaque jour, de longues queues se forment devant les supermarchés de Caracas, le rationnement et le contrôle des prix par l’Etat sont devenus la norme depuis 2015, le 23 mai, le gouvernement a multiplié par dix le prix de la farine de maïs”. Vénézuela, la pénurie s’éternise, c’est une vidéo du site I-Télé.

Rentrons un peu plus dans les détails à l’aide de ce que nous savons dans les médias. Début janvier, le Président de la Fédération pharmaceutique du Vénézuela tirait déjà la sonnette d’alarme. Je cite, “Au Vénézuela, les pénuries de médicaments atteignent 80%. Les médicaments pour de nombreux traitements sont introuvables. C’est une situation sans précédent, car dans le passé, quand les pénuries dépassaient 15%, le secteur pharmaceutique était en alerte. Mais aujourd’hui, la situation est très sérieuse, et pourrait empirer si le gouvernement ne prend pas d’actions.”

Selon lui, les moyens de remédier à cela sont de relancer la production nationale de médicaments, ce qui permettrait d’éviter de creuser la dette du pays. Je cite : “Malheureusement, des patients sont en train de mourir à cause du manque de médicaments. Il n’y a pas de matériel pour la chirurgie parce l’État refuse d’accepter ce qui arrive dans le pays. Il faut clairement hausser le ton et dénoncer ce qu’il se passe. Ces problèmes peuvent être résolus grâce à des organismes internationaux.”

Concrètement, le pays manque de tout, et l’article d’I-Télé conclue : “Les pénuries touchent tous les secteurs, et notamment l’alimentation. Une situation qui s’explique par l’effondrement de la monnaie nationale, dans le sillage des cours du pétrole. Le marché noir et l’inflation - supérieure à 100%, ont explosé depuis 2012”.

Un manque de devises pour financer des importations se traduit, au Vénézuela, par un manque de produits de première nécessité, farine, ou médicaments entre autres.

Pour terminer, le 30 mai, selon le site de la Télévision Centrale de Chine, je cite, “Le gouvernement chinois a fait don de 96 tonnes de médicaments au Vénézuela pour aider les patients qui souffrent du virus Zika et du syndrome de Guillain-Barré. La livraison inclut un fluide thérapeutique et d’immunoglobine G utilisé pour aider à garder les patients hydratés et booster leur système immunitaire.” Information à confirmer.

Tous les liens pour en savoir plus seront publiés sur Twitter, notre compte, @VIHRadio.

Sandra : Merci Alexandre pour cette première information. N’hésitez pas à réagir sur le site comitedesfamilles.net. Yann, quand tu entends ce genre d’information, est-ce que tu ne te sens pas un peu impuissant ?

Yann : Oh sur tellement de thèmes. On n’est pas grand-chose. Mais c’est pour ça que toutes nos radios libres permettent de crier haut et fort toutes ces injustices.

Sandra : Oui, il faut continuer d’en parler c’est ça. Et puis je suis sûre qu’il y a des actions humanitaires qui existent dans ces pays donc lancez-vous si vous en avez marre d’être impuissant, allez-y, foncez ! Alexandre, une deuxième information ?

Alexandre : En effet. Augmenter l’investissement de chaque pays dans la lutte contre le VIH et renforcer les actions, c’est ce que préconise le rapport de Ban Ki-Moon, Secrétaire Général des Nations-Unies. Selon Seronet, le rapport met en évidence qu’il y a un risque sérieux de ne pas en finir avec l’épidémie de VIH en 2030 si "aucune action n’est mise en œuvre dans les cinq prochaines années". Le rapport de l’ONU a pour titre : "Accélérer la riposte pour mettre fin à l’épidémie de sida". Il révèle que les grands progrès réalisés ces quinze dernières années en matière de lutte contre le sida pourraient être perdus si les efforts sont relâchés, si les investissements stagnent, etc.

S’il y a des points positifs à noter dans le rapport, un traitement rapide à plus grande échelle qui a grandement aidé le déclin de 42% des décès dûs au SIDA depuis 2004, par exemple, il y a des points négatifs à revoir. La baisse des financements en règle général, qui n’est pas sans conséquences, je cite, “bien que de nouveaux outils de prévention et de nouvelles approches aient vu le jour, les programmes de prévention du VIH ont été affaiblis ces dernières années en raison d’un manque de leadership, d’une faible responsabilité et de financements déclinants”.

De plus, Seronet indique que le VIH s’est amplifié dans certaines zones, en Europe de l’Est et en Asie Centrale, où la contamination se fait en majorité par échanges de seringues.

22 millions de personnes n’ont toujours pas accès au traitement. Pour continuer à lutter efficacement et à garantir l’objectif de fin de l’épidémie du SIDA en 2030, Ban Ki Moon préconise d’abroger les lois punitives ainsi que les politiques répressives qui pénalisent les relations sexuelles entre personnes de même sexe, les consommateurs de drogue et les professionnels du sexe, car celles-ci entravent l’accès aux services de santé. Nous devons renforcer les démarches axées sur les droits fondamentaux, notamment celles qui promeuvent l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes", de garantir l’accès aux services pour les personnes les plus touchées, les plus marginalisées et qui sont les premières victimes de discrimination, notamment les personnes vivant avec le VIH, les jeunes femmes et leurs partenaires sexuels en Afrique subsaharienne, les enfants et les adolescents du monde entier, les homosexuels et les hommes ayant des relations sexuelles avec les hommes, les travailleurs du sexe et leurs clients, les usagers de drogues injectables, les personnes transgenres, les prisonniers, les personnes handicapées, les migrants et les réfugiés". Seronet indique d’ailleurs non sans humour que ça en fait, du monde.

Pour finir, c’est le financement qui a garanti les progrès de ces dernières années, et que ces financements doivent donc être augmentés dans les pays à revenus faibles et moyens. En 2014, 19,2 milliards avaient été débloqués dans ces derniers, ce seront 26,2 milliards de plus qu’il faudra d’ici 2020 pour espérer enrayer l’épidémie d’ici 2030. Toutes ces informations sont présentes dans l’article “Fin de l’épidémie VIH : un nouveau rapport montre qu’il est urgent d’agir.” sur le blog Seronet.

Sandra : A bon entendeur, salut ! Moi je dis que ce sont des arguments à mettre pour toutes les associations de lutte contre le VIH quand ils font leurs demandes de subvention, etc. Donc n’hésitez pas là aussi à réagir sur le site comitedesfamilles.net. Alexandre, dernière information.

Alexandre : Et on finit avec une bonne nouvelle, quand même ! La finaliste du Prix de l’inventeur Européen dans la catégorie “PME”, donc petites et moyennes entreprises, est une franco-britannique, elle s’appelle Helen Lee, et elle a inventé un kit de dépistage du VIH. L’article des Echos commence comme ça, “un simple échantillon sanguin et les résultats sont immédiats”.

Pourquoi cette phrase est une révolution, car actuellement, un test basique dans les régions les plus touchées nécessite un personnel qualifié, un acheminement de plusieurs semaines des prélèvements sanguins via transport réfrigéré, soit une perte de temps monstre pour les patients, le temps de recevoir le diagnostic.

Et bien avec ce kit, qui fonctionne sur le même principe qu’un test de grossesse, c’est à dire le fameux une bande deux bandes pour voir si négativité ou positivité il y a. Les avantages sont nombreux, permettre un diagnostic immédiat dans des centres de dépistage et de traitement situés directement dans les zones les plus sensibles. Je cite les Echos : En Afrique subsaharienne, près de 25 millions de personnes vivent aujourd’hui avec le virus. Elles représentent 70 % des personnes contaminées dans le monde. L’invention d’Helen Lee a déjà permis de diagnostiquer 70.000 personnes, notamment au Malawi et en Ouganda, qui ont pu ainsi entamer un traitement.

Cette invention présente plusieurs avantages. Les résultats sont visibles instantanément à l’oeil nu et ne nécessitent pas de microscope ou de personnel qualifié. De plus, le test réagit directement au VIH et non à la présence d’anticorps anti-VIH dans le sang, comme les autres tests. Cela facilite le dépistage chez les nourrissons nés d’une mère séropositive. En effet, jusqu’à l’âge de 18 mois, les enfants n’ont pas encore des anticorps suffisamment développés pour faire face à la maladie. Or, sans soins, 50 % des nourrissons atteints du VIH meurent avant leur deuxième anniversaire. Enfin, les kits peuvent être stockés à des températures allant jusqu’à 37° C pendant neuf mois. Ils fonctionnent à l’électricité et leurs batteries ont une autonomie de huit heures en cas de panne de courant. Fin de la citation. L’article s’intitule Un kit révolutionnaire pour dépister le VIH, et c’est sur le site Internet lesechos.fr !

Sandra : Alexandre, pourrais-tu préciser quelle est la différence avec les autotests ?

Alexandre : Les autotests sont des tests consommables j’ai envie de dire. Dans le sens où on peut s’en servir qu’une seule fois. On les achète, ce sont des petits tests qu’on achète…

Yann : On prend une goûte de sang…

Alexandre : Et ensuite le test est utilisé, on ne peut pas s’en servir pour tout le monde. Alors que ce test ça a la taille d’une machine à café et on peut s’en servir plusieurs fois de ce test…

Yann : Certainement qu’on change la languette tout simplement.

Alexandre : Voilà. De plus il y a deux grosses différences…

Yann : Le coût certainement.

Alexandre : A terme puisqu’en effet, les autotests, comme c’est du consommable, c’est quelque chose qu’on achète une fois. Une fois qu’on dépensé les 27 euros, c’est fini et on ne peut plus s’en servir. Ce nouveau test, une fois qu’il est dans le centre dépistage, on peut s’en servir de nombreuses fois. Donc ce sont des économies. Derrière, il y a deux grosses différences c’est que le test permet de détecter directement le VIH et pas les anticorps du VIH. Les autotests détectent seulement les anticorps VIH et n’ont pas une précision, ne sont pas fiables à 100%. Derrière, le nouveau test a une fiabilité apparemment bien plus élevée. Il y aussi une autre grosse différence et ça c’est quelque chose de bien plus utile. C’est le fait que le test d’Helen Lee peut calculer directement la charge virale du patient. Donc à terme c’est directement utile pour envisager un traitement dès qu’on a le diagnostic. Et le diagnostic est immédiat.

Sandra : Belle invention. J’espère qu’elle va vraiment fonctionner et que ce sera un outil de plus dans la prévention. C’est génial, bravo. N’hésitez pas à réagir sur le site comitedesfamilles.net

Transcription : Sandra JEAN-PIERRE