Marisol Touraine est-elle la Wonder Woman de l’hépatite C ?

, par Sandra

JPEG - 60.7 ko
Marisol Touraine, ministre de la Santé, le 23 mai à Paris. Photo Bertrand Guay. AFP
Marisol Touraine est-elle la Wonder Woman de l’hépatite C ?

Sandra : Il y a une super nouvelle, c’est sur l’hépatite C. Marisol Touraine a fait une annonce à l’occasion de la journée des hépatites. Donc c’est une femme politique et vous allez me dire si vous trouvez que son annonce est plutôt, elle est en mode “des paroles, des paroles” (diffusion d’un extrait de la chanson Paroles, paroles de Dalida) ou est-ce qu’elle est en mode “Wonder Woman” (diffusion d’un extrait du générique Wonder Woman)

Voilà, alors je vais vous lire les quelques déclarations… quoi Alexandre, t’es mort de rire, moi je trouve ça original.

Alexandre : Original. Je ne m’attendais pas à ça (rires).

Yann : Ah moi j’ai envie de la poster en super woman la Marisol.

Sandra : Alors je vais lire ses quelques déclaration et vous allez me dire ce que vous en pensez.

À l’occasion de la Journée de lutte contre les hépatites virales, Marisol TOURAINE, ministre des Affaires sociales et de la Santé, a annoncé l’accès universel aux traitements innovants contre l’hépatite C. Chaque malade qui le souhaite pourra en bénéficier. Ces traitements sont actuellement réservés en priorité aux patients dont l’état de santé est le plus préoccupant, conformément aux recommandations de la Haute Autorité de Santé (HAS).

En s’engageant pour l’accès universel aux traitements contre l’hépatite C, Marisol TOURAINE choisit d’assurer à toutes les personnes infectées l’accès à un médicament antiviral particulièrement efficace. L’accès à ce traitement ne dépendra plus que du choix du patient éclairé par son médecin

Marisol TOURAINE a déclaré : « Le progrès thérapeutique permet aujourd’hui de guérir l’hépatite C. Les nouveaux traitements disponibles sur le marché sont, à ce titre, porteurs d’espoir pour les 500 000 personnes atteintes de cette maladie en France. En dépit de leurs prix élevés, nous avons traité 30 000 patients, dont l’état de santé était particulièrement préoccupant. Nous devons aujourd’hui aller plus loin et garantir l’accès de tous les malades à ces traitements. Au nom du progrès médical. Au nom, aussi, de notre engagement contre les inégalités de santé. ».

La France est aujourd’hui le seul pays à mettre à disposition des patients certains traitements avant même leur autorisation de mise sur le marché, grâce à un système d’autorisation temporaire d’utilisation unique au monde. C’est ce qui nous a permis de commencer la prise en charge des patients bien avant les autres pays européens.
Le système de santé français garantit l’accès de tous aux traitements, sans discrimination. Ce doit être le cas des traitements innovants comme des autres.

Je vais m’arrêter là pour l’instant. Je suppose que tous les deux Yann et Alexandre, vous avez vu cette annonce. Qu’en pensez-vous ? Est-ce du blabla ou du concret ?

Yann : Non, je suis obligé de croire que c’est du concret. Je suis super content pour les 500 000 personnes qui n’ont pas pu encore avoir accès à ce médicament parce que, je rappelle, il fallait avoir un foie largement F2 voire F3, c’est-à-dire en fibrose avancée. Donc là c’est une chance. En fin de compte, ils ont dû se réunir avec tout le poids des associations, tous les gens qui réclamaient justement le coût exorbitant de ce traitement qui a réduit un petit peu, on avait eu une annonce, tu te rappelles, comme quoi il passait de 70 000 à 42 000 euros. Et je pense qu’ils se sont réunis et ils ont pris leur calculette et ils se sont aperçus qu’effectivement même si ça coûtait cher 500 000 ça coûtera beaucoup moins cher si on attend les cancers, si on attend toutes les complications qu’amène l’hépatite C quand on ne la traite pas, c’est-à-dire un cancer du foie.

Sandra : Alexandre est-ce que tu souhaites t’exprimer sur ce sujet ?

Alexandre : Non, je pense que Yann a tout dit. Moi personnellement, j’attendrai les premiers résultats, les premières grosses baisses de personnes atteintes de l’hépatite C en France.

Sandra : Tu es un petit peu septique ?

Alexandre : Non, je suis juste attentiste. J’attends de voir. C’est sûr, c’est une belle annonce en tout cas qui a été faite.

Yann : Et puis on va le savoir assez vite parce que je pense qu’au Comité des familles on a des personnes qui justement étaient en attente. C’est fou parce que ça veut dire attendre que la maladie se développe pour pouvoir accéder au traitement. Eh bah là apparemment, ce ne sera plus le cas et c’est vraiment une victoire pour tout le monde.

Sandra : Alors ça va prendre plusieurs mois parce qu’il faut qu’elle écrive à la Haute Autorité de Santé, etc. qu’elle fasse des démarches mais elle s’est engagée à le faire. Normalement, d’ici septembre, on devrait quand même avoir des bonnes nouvelles à vous annoncer. Et je vais juste terminer par rapport au prix, parce que le prix est toujours élevé. Voici ce qu’elle a dit :

La France est le premier pays à avoir négocié le prix de ces médicaments pour le traitement de l’hépatite C. La connaissance des prix publics pratiqués sur notre territoire par nos voisins leur a d’ailleurs permis de bénéficier d’une base de négociation plus favorable avec les laboratoires. Le temps est venu pour la France de renégocier ces prix. L’extension des indications et l’arrivée de médicaments concurrents doivent permettre de faire diminuer le prix des traitements. J’ai donc demandé au Président du Comité économique des produits de santé (CEPS) de mener des discussions en ce sens. Il est plus que temps que le sens des responsabilités l’emporte. Dans leur intérêt même, les laboratoires doivent jouer le jeu.

Donc je pense que c’est clair et espérons que ceux qui bossent dans les labos jouent le jeu vraiment. N’hésitez pas à réagir sur le site comitedesfamilles.net, dites-nous si vous pensez que ce ne sont que des paroles, des paroles ou alors si vous trouvez que Marisol Touraine est en mode Wonder Woman, on serait curieux de connaitre vos avis et seront lus dans les prochaines émissions.

Transcription : Sandra JEAN-PIERRE