La voix des séropositifs diffusée sur les ondes radiophoniques à Paris, en province et en Afrique !

, par Sandra

JPEG - 994.5 ko
Mohamed et Christian
La voix des séropositifs diffusée sur les ondes radiophoniques à Paris, en province et en Afrique !

Sandra : Vous êtes à l’écoute de l’émission Vivre avec le VIH, la seule émission qui donne la parole aux séropositifs et à ceux qui les aiment et vous êtes toujours à bord de la machine à remonter le temps ! Je vous rappelle que c’est les 25 ans de FPP, Fréquence Paris Plurielle, et donc à cette occasion, on s’est dit que ce serait intéressant de revenir sur l’histoire de l’émission Vivre avec le VIH et puis aussi l’histoire du Comité des familles.

A partir de 2oo1 on commençait à connaître des auditeurs, on a commencé à faire des ateliers … » Il y avait une chronique juridique (lecture de textes officiels, décrets), les premiers auditeurs qui ont eu la parole ont demandé qu’on réponde plutôt à leurs questions. La radio est devenue rapidement interactive. survivreausida.net se présente comme une antenne de solidarité. Tous les mardis, à 17 heures en direct, 60 minutes de débat, d’information et d’actualités pour s’informer et s’exprimer sur les questions qui comptent pour les séropositifs. Grâce à sa proximité, cette radio répond aux besoins des auditeurs, dont certains déçus par les grandes structures et marginalisés par les institutions. La radio aborde des questions liées au VIH dans ses aspects à la fois sociaux, politiques, juridiques et médicaux. Une part importante est consacrée à la participation des auditeurs. La parole est saisie par courrier, via le site Internet et par téléphone. Les personnes concernées sont de plus en plus nombreuses à oser s’exprimer. La radio garantit l’anonymat et favorise une liberté de parole propice aux confidences.

« Notre expérience nous permet d’agir et de parler en notre propre nom. Nous ne voulons pas que d’autres s’expriment à notre place , mais ceci ouvre la porte à de véritables solidarités ! » Des spécialistes sont invités pour parler de la grossesse et du VIH, des chercheurs dans le domaine de la santé des précaires acceptent de venir répondre aux préoccupations des auditeurs…

L’émission de radio est diffusée sur Internet et par un réseau de radios locales.

Les radios locales qui nous diffusent !

La Ciotat sur Fréquence Nautique, 107 FM, dimanche de 23h à 00h.
Lorraine sur Radio RPL, 89.2 FM, mardi de 20h à 21h.
Marseille sur Diva FM, 101.8 FM, le mardi de 21h à 22h
Gers sur Radio Côteaux, 104.5 et 97.7 FM, le samedi à 20h00.
Toulouse sur Canal Sud, 92.2 FM, le mardi de 16h à 17h
Saint-Etienne sur Loire FM, 100.9 FM, le lundi de 18h à 19h.
Montpellier sur Radio Clapas, 93.5 FM, le mardi à 12h et le jeudi à 10h.
Pau sur Radio País, 89.8 FM, le mardi à 18h.
Dans le Morbihan sur Plum’FM, 102.1 FM, le mardi à 16h et le dimanche à 22h.
Radio Tongolo, la première radio web afro de France
Niger sur Boukoki FM, la voix de la jeunesse à Niamey, du lundi au vendredi à 9h30 heure locale.

L’émission “Survivre au sida” est diffusée au Niger par la radio. Le Comité essaie de trouver une fréquence d’accueil au Maroc, au Burkina… Le Comité peut faire profiter des outils qu’il a développés et de ses contacts. Cela est arrivé au Comité de passer un appel à la radio pour récupérer des médicaments pour des urgences (dans des cas de conflits, de ruptures de stocks…). Mais iI est difficile que les médicaments correspondent vraiment aux besoins, et de plus certains pays sont victimes de la corruption. L’intérêt réel est de dénoncer ainsi les gouvernements qui n’assurent pas la santé de leur population. Une lettre ouverte rédigée par une femme vivant avec le VIH en Côte d’Ivoire a été relayée sur le site pour dénoncer une rupture d’antiviraux à Abidjan. Elle a circulé largement et, 5 jours plus tard, le problème était réglé. Venue en France par la suite, elle est devenue une militante active du Comité. Les personnes qui suivent le Comité sur Internet en Afrique, lorsqu’elles arrivent en France viennent aussi au Comité.
Dénoncer les gouvernements qui n’assurent pas la santé de leur population. C’est une phrase que j’ai envie de retenir. En 2017, c’est toujours un fait d’actualité malheureusement et je ne sais pas toi Mohamed et vous chers auditeurs, mais je me sens impuissante face à tout ça, que peut-on faire ?

Mohamed : Ah ouais mais là, ce serait dur parce que déjà en France, on a du mal à défendre notre propre trithérapie on va dire, si on peut en parler comme ça, en tant que malade, alors dans des pays d’Afrique ou du tiers-monde, ils trouvent que ce traitement est relativement cher, coûteux. Donc, ce serait l’idéal de faire une grande pharmacie internationale et de pouvoir délivrer ces médicaments à tous les gens qui sont atteints des pathologies de VIH et autres et hépatites. Ou alors de le restreindre et de le faire payer pour tout le monde. Là, ce serait une politique plus équilibrée. Mais je ne pense pas qu’ils en sont là aujourd’hui de pouvoir délivrer ce médicament comme ça, sur le marché. Déjà, ça vaut relativement cher pour se le procurer alors pour des pays qui ne sont pas encore très aux normes, il risque d’avoir des problèmes de corruption qui font parties des moeurs et des dérives, des déroutes de médicaments. Mais ce serait bien qu’ils aient des soins adaptés sur place.

Sandra : En tout cas, pour tous ceux qui sont en Afrique, je pense beaucoup à ces personnes parce que je sais qu’il y a beaucoup d’auditeurs qui nous écoutent. On pense à vous, on ne vous oublie pas. On est là. Si vous avez envie de vous exprimer à la radio, de dire ce qui se passe dans votre pays, n’hésitez pas, il faut prendre la parole. Vous pouvez aussi laisser des messages sur notre site comitedesfamilles.net, c’est en parlant que peut-être les choses vont bouger.

Mohamed : Il y a déjà des associations. Au début, c’était un peu tabou. Maintenant, ils ont commencé à se monter. A nous d’essayer d’apporter un relais de médicaments ou de prévention, de conseils pour qu’ils puissent avoir un suivi là-bas, et comme ça, les Africains commenceront aussi à sortir de leur torpeur. Parce qu’eux, c’est encore plus l’épée de Damoclès, d’annoncer au village qu’ils sont séropositifs, c’est encore aberrant. Même si on est encore en 2017, ils ne le conçoivent pas. Mais maintenant, ça commence à se monter, en groupe, surtout dans les capitales. Donc ce serait bien que ça perdure.

Sandra : Et puis je vais citer, il y a beaucoup d’associations qui font un travail exceptionnel, Médecins du monde, Médecins sans frontière. Et puis d’autres associations dont je ne connais pas le nom mais qui agissent pour les personnes malades et qui malheureusement ne peuvent pas bénéficier des médicaments parce qu’il faut les payer, parce que le trajet est long à faire. Il y a quand même des choses qui se font, faut pas baisser les bras, garder courage.

Mohamed : Il y a aussi peut-être une lacune qu’on peut considérer c’est qu’il faut quand même un suivi médical, des virologues qui puissent en même temps… que ça aille avec le traitement et que si le traitement doit être diminué ou changé…

Sandra : Ca, c’est un autre problème aussi, de pouvoir avoir...

Mohamed : Le suivi médical avec les patients, avec leur traitement…

Sandra : On va faire une nouvelle pause musicale. Je vous propose d’écouter deux rappeurs. El Detter et X-Dy qui ont aussi écrit une chanson pour les familles vivant avec le VIH et j’ai eu la chance de les entendre chanter en live. On écoute et on réagit après.

Diffusion du titre “Une pensée” El Detter et X-Dy

Sandra : Vous êtes à l’écoute de l’émission Vivre avec le VIH. C’était El Detter et X-Dy, ils ont fait ce titre en 2010 à l’occasion du Méga couscous des familles vivant avec le VIH. Mohamed, qu’est-ce que tu en penses ?

Mohamed : Très bien ! C’est sympa des jeunes comme ça, Francs-Moisins, qui sortent d’une cité, qui parlent comme ça, une pensée pour tous les malades. C’est bien, ça laisse un symbole. Eux ils en ont connus beaucoup et c’est vrai que la liste est longue au niveau de ceux qui sont partis. Donc c’est bien de laisser pour la mémoire quelque chose qui reste gravé dans la boite.

Transcription : Sandra JEAN-PIERRE