Le VIH vu du web : gratuité des traitements en Afrique du Sud / Prison et santé / Suite de notre pétition contre la mesure de V.Pécresse

, par Sandra

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Une partie de la bande de l’équipe radio Vivre avec le VIH : Yann, Alexandre, Christian, Mohamed et Sandra
Le VIH vu du web : gratuité des traitements en Afrique du Sud / Prison et santé / Suite de notre pétition contre la mesure de V.Pécresse

Alexandre : L’espérance de vie des Sud-Africains, de 63 ans actuellement, devrait passer à 70 ans d’ici 2030, d’après le porte-parole du Ministère de la Santé en Afrique du Sud, Joe Maila.

Alors, première question de cette nouvelle saison, à votre avis, dans le studio, pourquoi, comment ça se fait, par quel miracle les sud-africains vivront-ils en moyenne 7 ans de plus dans 15 ans ? Alors aucune idée, je vois des airs circonspects !

Yann : Un accès plus facile aux antibiotiques ?

Alexandre : Un accès plus facile, tu commençais bien et ensuite, aux ?

Yann : Aux antiviraux.

Alexandre : Aux antirétroviraux, bien joué Yann. Bravo, ça fait 5 points pour Yann. C’est un jeu sur 5 points donc c’est bon, tu as déjà gagné.

La réponse, les ARV, les médicaments antirétroviraux sont gratuits pour toutes les personnes séropositives depuis jeudi dernier.

Voilà, on commence notre grande rentrée avec la bonne nouvelle ! C’est une information venant d’un correspondant de la BBC à Johannesburg, la mesure devrait bénéficier à pas moins de 4 millions de personnes qui n’étaient pas encore sous ARV.

L’Afrique du Sud est le pays avec le plus grand programme de traitement au monde pour une raison : c’est le pays le plus touché par le VIH/SIDA. Sur les 52 millions d’habitants, il y aurait entre 10 et 20 % de la population touchée soit entre 6 et 10 millions de sud-africains, chiffres tirés d’un article RFI datant de fin 2015.

Vous pouvez retrouver l’ensemble des informations sur le site de la BBC, ou suivre notre compte twitter @VIHRadio pour en savoir plus.

Sandra : Super, ça fait du bien de commencer avec une bonne nouvelle comme ça. Et j’en profite pour vous dire que la semaine prochaine, on recevra une personne qui va nous parler de l’Afrique du Sud parce que c’est quelqu’un qui est spécialiste de l’Afrique du Sud et de la Côte d’Ivoire. Donc on en saura plus sur les conditions de vie des personnes séropositives en Afrique du Sud. Alexandre, une autre info ?

Alexandre : Une autre info en effet. Aujourd’hui, nous parlons de santé évidemment, mais aussi de détention, et donc de condition de vie des personnes malades en détention. Justement, ce début septembre, Seronet a publié une synthèse d’un rapport de l’IGAS sorti au début de l’été. L’IGAS, c’est l’Inspection Générale des Affaires Sociales, et le rapport, quant à lui, est, je cite, une évaluation du dernier plan d’actions stratégiques relatif à la politique de santé des personnes détenues en France entre 2010 et 2014.

Grosso modo, que dit ce rapport ? Depuis 1996, les dépistages de VIH sont systématiquement proposés, c’est également valable pour les hépatites en prison. Par contre ce n’est pas forcément le cas des autres IST.

Par rapport au traitement post-exposition, celui que l’on doit prendre après avoir pris un risque, Seronet
et l’IGAS nous disent : en cas de contact à risque évalué par un médecin, la personne concernée doit recevoir dans l’heure un TPE, un traitement post-exposition, indique le texte. « Manifestement, cette possibilité est peu connue : dans 47 % des établissements, les personnes détenues n’étaient pas informées de ce dispositif et dans 39 % seulement les personnels pénitentiaires étaient informés de la possibilité de recourir au TPE. »

Par ailleurs, si le personnel de santé attribué au milieu carcéral a doublé de 1997 à 2013, l’augmentation de 25 % de la population en milieu carcéral fait qu’il y a des difficultés pour trouver certains types de professionnels de santé, comme les médecins psychiatres ou les dentistes. Enfin, je cite Seronet : L’IGAS a également constaté d’importants problèmes de distribution des médicaments, a fortiori lorsqu’ils doivent être pris quotidiennement. Les week-ends et jours fériés, la distribution de médicaments n’est assurée que dans 16 UMSP (Unités Sanitaires en Maisons Pénitentiaires) sur 173 !

Pour lire le résumé Seronet du rapport, je poste le lien sur Twitter @VIHRadio, vous pouvez aussi le retrouver sur leur site Seronet.info.

Sandra : Merci Alexandre. Des réactions dans l’équipe radio. Je sais qu’on va aborder le sujet tout à l’heure mais peut-être déjà vous avez une remarque à faire, des questions à poser ?

Yann : La première chose qui me choque c’est qu’on parle de ça comme si qu’il était naturel que les week-ends et jours fériés, on ne puisse pas distribuer parce que c’est certainement un manque de professionnel et de personnes qui travaillent dans ces maisons. Mais je veux dire, on est encore très loin du compte.

Sandra : Oui, il y a d’énormes progrès, améliorations encore à faire. Si vous n’avez pas d’autres réactions, je propose qu’on fasse une petite pause musicale et… Ah pardon !

Alexandre : Et j’ai une autre info, une dernière info.

Sandra : J’ai cru que tu avais terminé… (rires)

Alexandre : Merci Sandra pour cette… (rires). Alors j’ai une dernière info qui n’est pas information tirée d’Internet. Je vous indique juste que notre pétition mise en ligne sur change.org a dépassé les 1000 signatures cet été. Le sujet, on vous le rappelle, le Comité des Familles se bat pour que les aides pour le transport pour les personnes sans-papier bénéficiaires de l’Aide Médicale d’État soient restaurées. Des aides qui leur permettaient de ne pas avoir à payer l’intégralité des 70 euros du Pass Navigo pour faire les allers et retours nécessaires à leurs soins. Bon, première information, évidemment, depuis août, l’abonnement au mois du Pass Navigo est passé de 70 à 73 euros. En dehors de cette joyeuseté, nous avons rencontré au festival Solidays Valérie Pécresse qui nous a parlé de cette suppression. Elle a rejeté la faute sur Manuel Valls, arguant que s’il souhaitait que la Région Ile-De-France fasse du social, il n’avait qu’à envoyer les fonds nécessaires pour cela.

Valérie Pécresse nous a ensuite informé que les personnes touchées par sa mesure pouvaient contacter les services sociaux de chaque mairie. Ceux-là même pourraient prendre en charge le transport pour que les concernés puissent se rendre chez leur médecin. Dans les faits, c’est une information qui mérite quelques recherches, qu’a mené Sandra. Selon la mairie du 20ème, donc, il peut avoir des possibilités d’aides pour financer un titre de transport mais cela se fait individuellement. Il faut que ce soit la personne concernée qui aille au service social de la mairie d’où elle réside. Ensuite un dossier est constitué.

À tester, donc, même si la logique de se déplacer à la mairie pour obtenir un moyen de se déplacer, je vous admets que je trouve le procédé original.

La pétition, vous pouvez la suivre sur change.org, “Rétablissez les aides aux transports pour les personnes sans-papiers”.

Sandra : Merci Alexandre ! Ta chronique est terminée ?

Alexandre : Ma chronique est terminée.

Sandra : Je suis désolée ! (rires)

Alexandre : Pas de problème, c’est la rentrée, on est tous fatigué, voilà…

Yann : L’enquête que tu as faite Sandra a donné quoi en gros ? Tu sais, quand tu as été à la mairie du 20ème.

Sandra : Ah, je n’ai pas encore… j’ai juste appelé la mairie du 20ème et ils m’ont dit que oui, c’est possible d’aider une personne mais…

Yann : Il faut qu’elle habite l’arrondissement…

Sandra : Il faut qu’elle habite le 20ème. Il n’y a pas d’aide générale quoi.

Yann : Et ce qui nous inquiète, nous par rapport au public qu’on a, c’est que ce sont souvent des personnes qui n’ont rien, c’est-à-dire pas encore de papiers, pas de titre de séjour…

Sandra : Pas de logement.

Yann : Ceux-là ils n’entrent dans aucune case.

Sandra : En fait, il faut un justificatif qui prouve qu’ils ont au moins passé une nuit dans la ville concernée ou l’arrondissement concerné. C’est compliqué, c’est sûr. Au cas par cas. On va essayer de tester cette méthode avec quelques-uns de nos membres qui sont dans cette situation. Et puis s’il y a d’autres personnes qui vont tester, d’autres associations, n’hésitez pas à échanger les informations parce que c’est ensemble qu’on va pouvoir réussir à aider ces personnes-là.

Transcription : Sandra JEAN-PIERRE