Forum des auditeurs : les galères pour obtenir un titre de séjours pour soins / Solidarité au Cameroun

, par Sandra

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Forum des auditeurs : les galères pour obtenir un titre de séjours pour soins / Solidarité au Cameroun

Sandra : On va commencer l’émission avec le forum des auditeurs. Je vais prendre le message d’Amel. Elle n’est pas séropositive mais elle nous a contacté sur notre site parce qu’elle voudrait qu’on l’aide quand même dans son problème. Si jamais il y a des personnes qui peuvent l’aider, n’hésitez pas à nous appeler au 01 40 40 90 25 ou bien laissez un message sur le site comitedesfamilles.net.

- Message de Amel

Je voudrais donc vous informer que depuis le 06 septembre 2013 que je suis en France pour les soins ‎de ma fille, qui bénéficie de soins au sein d’un centre IME à Marseille, ce dernier m’a aidée pour avoir ‎le certificat MDPH pour 05 ans. Jusque-là, c’est très positif. ‎
Malheureusement ma situation vis-à-vis de la préfecture reste insolvable, depuis une année on me ‎délivre des APS (autorisation provisoire de séjour) de 04 mois, sans même me donner une raison pourquoi on ne me délivre pas de titre ‎de séjour ; et à chaque fois pour renouveler, je dois déposer un dossier de première demande. Des ‎tas de papiers, visite médicale pour ma fille, ARS, justificatifs, baille, EDF etc. sans oublier que je dois ‎faire la queue à la préfecture dès 04 heures du matin pour pouvoir, si avec chance, avoir un ticket et ‎déposer ma demande. Pas évident et très dangereux pour une femme seule qui vit avec 03 enfants ‎mineurs dont une lourdement handicapée.‎
Sur mon APS il est bien préciser que je n’ouvre pas le droit au travail ! L’argent que mon mari m’envoie ‎suffit à peine pour payer le loyer du T1 et pour pouvoir acheter des produits de base et de première ‎nécessité pour survivre car je ne perçois aucune aide CAF (caisse d’allocation familiale) ou autre. ‎
A défaut de titre de séjour je ne suis même pas capable d’avoir une carte de bus, je dois donc payer le ‎prix fort pour les transports ou juste marcher à pied comme je le fait très souvent.‎
Je peux citer beaucoup d’autres problèmes qui affectent non seulement ma vie mais aussi la ‎psychologie de mes 02 autres filles âgées de 9 et 7 ans, mais ce n’est pas le but de ma lettre.‎
Je voudrais bien votre conseil quoi faire, si ma fille est admise dans un centre IME (institution médico-éducatif), si elle a le certificat ‎MDPH (maison départementale des personnes handicapées), mes 02 autres filles sont scolarisées depuis 03 ans. Qu’est-ce que je peux faire de plus ?
Aidez-moi svp.‎
Amel ‎

Sandra : Amel, qui habite à Marseille. Si vous avez des aides à donner, des conseils à donner, n’hésitez pas à nous appeler au 01 40 40 90 25 ou vous laissez un message sur le site comitedesfamilles.net. Je ne sais pas si Christian ou Yann, vous avez quelque chose à dire à Amel ?

Christian : On compatit simplement en toute sincérité à sa douleur. Voyez-vous, nous sommes déjà en plein hiver, avec le froid et tout ça, la préfecture… elle est franchement dans la galère cette dame. Tout ce qu’on peut lui dire c’est de rester forte, de rester courageuse, de ne pas se décourager et de toute de les façons, ça finira par aller quoi.

Sandra : Je vais prendre le message de Laurette.

- Message de Laurette

Bonjour
J’avoue que j’étais dans le même état d’esprit que Merveille. La peur des effets secondaires. Les réponses à cet article m’ont également convaincues.
Je vis au Cameroun mais actuellement en déplacement. Pourrais-je avoir le contact de Hans Svp ?
Merci encore.

Sandra : Pour les fidèles auditeurs, vous avez tout de suite compris de qui nous parlions. Merveille, je ne sais pas si vous vous souvenez de qui c’est Yann ou Christian ?

Yann : Non.

Sandra : Pourtant, vous êtes des fidèles de l’émission ! Qu’est-ce qui se passe ? Bon, Merveille pour rappel c’est une femme séropositive qui vit au Cameroun et qui avait peur de commencer son traitement. Son infectiologue lui avait conseillé de commencer le traitement, mais elle avait peur. Donc on l’avait aidé ici à l’émission. Et puis moi je lui avais donné le contact de Hans, qui a une association au Cameroun, qui s’appelle Espoir Solidarité. Et puis il y avait aussi Caroline qui avait écrit un message à Merveille et puis depuis elle a commencé son traitement. Du coup, Merveille a pris le temps de répondre aussi à Laurette. Voici ce qu’elle dit :

- Réponse de Merveille à Laurette :


Bonsoir Laurette
Je suis contente de savoir que tu as commencé le traitement.
Je profite pour parler de mon expérience. La première semaine n’était pas facile. J’étais fatiguée, j’avais des petits malaises aussi parce que je prenais mes médicaments pendant le repas. Après les conseils du docteur Hans j’ai commencé à prendre deux heures après le repas du soir, je prends à 22h tous les soirs. Dès 19h30 j’évite de manger. Depuis que je le fais je n’ai plus les vertiges, plus de fatigue, voilà la troisième semaine hier j’ai mangé à 20h30 je n’ai pas eu de problème. Tout va bien.
Merci à Sandra, dr Hans et Caroline pour les conseils, je crois que mon témoignage encouragera biens d’autres personnes qui ont peur.
Merveille

Sandra : Voilà, je ne sais pas si vous avez quelque chose à dire par rapport à ces messages ? Non. En tout cas, merci à toi Merveille d’avoir pris le temps de répondre à Laurette et c’est bien que cette solidarité puisse continuer. J’ai l’impression qu’il y a un petit réseau qui est en train de se construire au Cameroun via le site et puis via l’association de Hans. Et si vous voulez le contact de Hans, vous nous laissez un message, pareil, sur le site comitedesfamilles.net. Et je vais prendre un dernier message d’un auditeur qui s’appelle CMA.

- Message de CMA

Bonsoir cela fait 8 mois que je suis en France j’ai du fuire mon pays à cause de ma séropositivité car dans mon pays le traitement n’est pas fréquent et aussi tu peux faire deux mois sans prendre des médicaments. S’il y en a on les réserve aux personnes de bonne famille et quand tu viens on te dit que c’est fini sans oublier les examens qui coûtent les yeux de la tête.
J’ai été chassé et tabassé par les frères et soeurs de mes parents étant donné que je suis orphelin de père et de mère, j’ai été humilié et mis à la rue et traité de sorcier. Si je restais encore là-bas, je me serai suicidé car c’était mon intention alors j’ai été aidé par un ami qui s’est occupé de mon visa et mon billet d’avion.
S’il vous plaît, aidez-moi, orientez-moi, comment vais je faire pour obtenir un titre de séjour pour soin depuis que je suis ici j’ai déjà perdu 20 kilos. Je me réveille tous les matins avec la fatigue et de violents maux de tête. Tous les deux jours je fais une diarrhée. Aidez-moi, je n’ai pas envie de mourir. J’ai deux enfants en bas âge qui sont pas infectés par la grâce de Dieu et ils n’ont que moi, aidez-moi.

Sandra : Voilà, c’est le message de CMA. Il avait laissé son mail, du coup, je lui avais envoyé un mail. Mais je n’ai pas eu de réponse de sa part. Il n’est pas repassé par le site. Donc je ne sais pas comment il va. J’espère qu’il a pu trouver des gens pour l’aider.

Yann : Il est en France ?

Sandra : Il est en France oui, ça fait quelques mois qu’il est en France.

Yann : Et apparemment il supporte toujours très mal le traitement en France ou…

Sandra : Bah je ne sais pas s’il a accès au traitement, s’il a pris le temps d’aller dans un hôpital pour avoir le traitement. Il ne le dit pas. Mais je pense si quand même, qu’il a dû aller dans un hôpital. Là, il posait des questions par rapport au titre de séjour. Donc j’espère qu’il a pu taper aux bonnes portes.

Christian : Je voulais juste dire quand même que notre ami a la grâce de prendre, quelqu’un qui puisse lui trouver un peu d’argent, un billet d’avion. Il a pris l’avion pour venir ici comparativement. Nous autres qui avons pris le zodiaque, foncé sur la méditerranée et avons passé toutes les péripéties, Dieu seul sait comment nous en sommes sortis de là. Disons que, puisqu’il est déjà là et il a cité un point, c’est quand même assez vrai, dans nos pays, franchement, faire les bilans, les examens au pays, c’est difficile, rarissime. Il faut vraiment avoir beaucoup d’argent. Le seul bilan qui est approximatif, qu’on peut mieux faire au Cameroun par exemple, comme j’ai cité, c’est au centre Pasteur. Il faut dépenser beaucoup d’argent pour qu’on te fasse un bilan approximatif, parce qu’on a quand même confiance en ce centre-là. Mais, dans tous les autres hôpitaux vraiment, ça coûte un peu cher mais ça n’a rien à avoir avec ce que nous vivons ici depuis que nous sommes quand même ici. Bon, par rapport à son titre de séjour, tel qu’on nous le fait comprendre, il n’a qu’à supporter, attendre, faire 1 an comme on nous l’a dit. Peut-être en moins d’un an, peut-être 6 mois s’il a déjà réussi à réunir un certain nombre d’éléments, il pourra demander. Mais au mieux c’est d’attendre un an, réunir toutes les preuves possibles pour pouvoir demander son titre de séjour. Vraiment qu’il rendre grâce, qu’il soit fière d’être entré dans de si bonnes conditions et qu’il continue. Bientôt, il verra la lumière.

Alexandre : CMA a dit quelque chose de très fort je trouve. En gros, s’il avait été obligé de rester là-bas, il se serait suicidé. Maintenant qu’il est en France, il n’a plus envie de mourir, il veut continuer à vivre. Et ça, je trouve que c’est déjà un point de départ plus qu’important. Je pense que maintenant qu’il est là, il a la niak quoi. Du coup, ça c’est déjà le démarrage par lequel ça peut s’arranger. Je ne sais pas si ça va s’arranger. J’espère sincèrement que ça va s’arranger. Je ne sais pas quel est le fond du problème non plus, si c’est parce qu’il ne prend pas ses traitements, ou parce qu’il prend ses traitements et il a des complications…

Sandra : Quand il était dans son pays en Afrique, il n’avait pas de traitement. Donc c’est pour ça que son état de santé s’est dégradé.

Alexandre : Mais maintenant qu’il est là…

Sandra : Normalement, il a les traitements.

Alexandre : C’est le problème de titre de séjour qui reste. Malheureusement, je n’ai jamais été confronté, j’ai la chance de n’avoir jamais été confronté aux problèmes de préfecture, hormis juste pour faire ma carte d’identité comme tous les jeunes français qui ne se rendent pas forcément compte de la chance qu’ils ont. Donc, je ne peux pas donner de conseils et j’ai l’impression qu’en préfecture en plus, les conditions pour obtenir les titres de séjours pour soins empirent d’années en années. Mais juste, persiste et courage.

Transcription : Sandra JEAN-PIERRE