Le VIH vu du web : nouveau vaccin préventif / Attention à ce que vous mangez ! / L’affaire des infirmières bulgares

, par Sandra

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Le VIH vu du web : nouveau vaccin préventif / Attention à ce que vous mangez ! / L’affaire des infirmières bulgares

Sandra : Le VIH vu du web par Alexandre Bordes.

Alexandre : Hello tout le monde ! Ah ça fait bizarre, je reviens parmi vous mes amis ! Cela fait longtemps, un sacré petit bail depuis ma dernière chronique ! Et on va commencer tout de suite avec la nouvelle qui ne nous apporte pas grand-chose hormis un relent désagréable dans la bouche, un goût de résidu d’estomac, on va parler de l’affaire des infirmières bulgares ! En 1999, dans l’hôpital libyen de Benghazi, cinq infirmières bulgares et un médecin palestinien sont accusés d’avoir inoculé le VIH à plus de 200 enfants. Un quart d’entre est décédé dans la foulée. En Libye l’affaire déchaîne les passions, Kadhafi est révolté et accuse directement l’Occident, arguant qu’il a les preuves que les coupables ont reçus l’ordre de, je cite, « pratiquer des expériences avec le virus du SIDA sur nos enfants ».

Nous sommes 18 ans plus tard, presque une dizaine d’années après la libération des infirmières et du médecin pourtant condamnés à mort. Et le journal Mediapart a révélé récemment que selon le journal de l’ancien premier-ministre Choukri Ghanem, vous savez, celui qui a été mystérieusement retrouvé mort noyé dans le Danube le lendemain de la publication révélant le financement libyen de la campagne de notre cher ancien Président, pardon, je m’égare. Selon ce fameux journal, donc, l’affaire serait en réalité un crime d’État mené par deux hauts responsables des services de renseignements libyens pour faire accuser les Occidentaux. En effet, deux jours après la libération des infirmières, en 2007, Ghanem écrit : « Abdallah Senoussi a pleuré pendant l’interrogatoire, affirmant qu’il souffrait d’un cancer, que les Bulgares étaient innocentes et que c’est lui qui s’était procuré les fioles de virus contagieux, ainsi que Moussa Koussa, alors chef des services secrets, que tous deux avaient injecté le virus aux enfant pour se venger de Benghazi.  »

Voilà voilà ! Evidemment, Moussa Koussa qui s’est exilé au Qatar a répondu aux interrogations, désignant l’incohérence des propos et l’extrême fatigue de son ancien collègue comme révélateurs de son incapacité mentale et physique définitive à répondre correctement à toutes ces questions.

Je vous l’avais dit, première nouvelle aux relents de vomi, donc, puisqu’on a encore une preuve que géopolitique et santé publique, finalement, ça ne rime pas tant que ça !

Sandra : Ouais, bah tu veux qu’on dise quoi ? Moi ça me dégoûte, qu’est-ce que tu veux dire ?

Alexandre : Voilà, je ne savais pas trop quelle question vous poser en fait. Genre, qu’est-ce que vous en pensez ?

Sandra : Next !

Alexandre : La deuxième information est teintée d’un peu d’espoir. Le 3 novembre dernier, donc la semaine dernière, a été injectée la première dose de ce qui s’annonce déjà comme un essai clinique de grande ampleur. En Afrique du Sud, pays le plus touché par le VIH avec presque 20 % de prévalence dans le pays, une quinzaine de centres médicaux vont expérimenter un vaccin préventif du VIH. Je rappelle pour ceux qui nous écoutent, un vaccin préventif doit éviter la contamination, et non guérir de la maladie une fois que celle-ci est contractée.

Cet essai est particulièrement important dans cette zone du monde où plus de 300 000 personnes s’infectent chaque année. Selon la chaîne eNCA, il a déjà rencontré un succès populaire puisque 5000 personnes se sont portées volontaires pour tester le produit. Le nom de code de ce prototype vaccinal, écoutez-le bien car vous ne le retiendrez sans doute jamais, et donc, ma phrase est potentiellement inutile, HVTN 702. Dans l’historique d’HVTN 702, on peut remonter à 2009. Je cite le site Internet Pourquoidocteur relayant l’information : « A cette date, un premier vaccin a été évalué en Thaïlande. Il a permis une réduction de 30 % du nombre de contaminations sur 3 ans et demi. Insuffisant pour une mise sur le marché, mais assez concluant pour poursuivre les travaux.

Une composition légèrement différente sera testée en Afrique du Sud. Elle cible le sous-type C du VIH, qui circule majoritairement dans le pays. « C’est un jalon important dans le domaine de la prévention du VIH, dans le monde entier », s’est félicitée sur eNCA Linda-Gail Bekker, directrice adjointe de la fondation Desmond-Tutu contre le VIH. »
Les volontaires recevront 5 doses du médicament pendant un an et seront suivis ensuite pendant trois ans. Vous l’avez donc compris, on aura les résultats de ce test de vaccin préventif en 2020. Que faut-il donc retenir, et bien que ce n’est malheureusement pas pour demain, mais qu’au moins, ça a l’air d’avancer, en tout cas selon moi. Je ne sais pas si selon vous, ça avance ?

Yann : Forcément, c’est une très bonne nouvelle.

Alexandre : Je suis assez d’accord.

Sandra : J’attends de voir. C’est bien d’en parler mais il ne faut pas sauter de joie encore.

Alexandre : J’ai l’impression que dans l’émission c’est un petit peu notre posture depuis quelques temps…

Sandra : Ouais, on est un peu blazé (rires).

Alexandre : Non, je pense que c’est de la prudence, de l’attente prudente plus que vraiment être blazé. C’est un fait, on ne sait jamais ce qu’il peut arriver. Maintenant voilà, il ne faut pas non plus placer tout ses espoirs dans un potentiel vaccin qui de toute manière ne montrera ses résultats qu’en 2020.

Je vais finir par un sujet sans trop rentrer dans les détails, cette fois, juste en vous invitant, chers auditeurs, chères auditrices, ne soyons pas sexistes, à écouter l’interview de RFI intitulée « VIH et alimentation ». Vous ne pouvez pas vous tromper, vous taper vih et alimentation sur Google, vous tombez directement dessus.

La journaliste Claire Hédon a réalisé l’interview très intéressante du nutritionniste et directeur de l’ONG Santé Diabète Stéphane Besançon. En guise de bref aperçu je vais vous donner un extrait de cette intervention, à la question des troubles métaboliques chez les patients sous trithérapie, voici la réponse, je cite : « On peut caractériser 2 troubles principaux : la lipodystrophie, qui est un trouble de répartition des graisses dans le corps des patients, et les anomalies au niveau des graisses sanguines comme le cholestérol et les triglycérides. Il est donc très important que nos auditeurs diagnostiqués et mis sous traitement pour une infection par VIH s’assurent que leur traitement, en plus des médicaments, inclus un bilan alimentaire permettant de corriger leurs habitudes alimentaires, ainsi que des conseils pour favoriser l’activité physique, lutter contre le tabagisme, l’hypertension artérielle. Ils permettront à la fois de prévenir le risque de survenue de diabète et de maladies cardiovasculaires. »

Donc, bien surveiller sa nutrition, c’est important, n’oubliez pas ! Je vous invite à écouter ou lire toute l’interview, VIH et alimentation sur le site Internet de RFI.

Sandra : Je dirai que c’est bien de dire aux personnes séropositives qu’il faut faire attention à ce qu’elles mangent, peut-être changer leurs habitudes alimentaires. Encore faut-il en avoir les moyens, ce n’est pas évident pour tout le monde. Ca demande de l’argent, d’avoir un toit, d’avoir une cuisine pour cuisiner tout simplement. Ce n’est pas tout le monde qui a ça. Donc, voilà, c’est bien de le dire mais après derrière il faut aussi donner les moyens.

Alexandre : Moi, j’avais une question plus particulière pour Yann ou pour Christian aussi. Mais Yann, toi qui est féru de cuisine en plus, d’ailleurs je tiens à faire un petit peu de pub, Yann cuisine particulièrement bien.

Sandra : Ca c’est vrai.

Yann : C’est gentil.

Alexandre : Est-ce que le VIH change quelque chose dans ta manière de manger, de cuisiner ?

Yann : Malheureusement non. C’est-à-dire que je sais très bien qu’il faudrait que je fasse plus attention aux matières grasses. Je ne sais pas faire de la cuisine sans générosité. Je vais avoir tendance à mettre un petit peu de beurre, je vais avoir tendance, voilà. Bien que je sais aussi faire de la cuisine fine, légère mais voilà, j’aime tout types de cuisine, et effectivement je ne mets pas en place ce qu’un séropositif devrait, c’est-à-dire faire plus attention encore que ce que je ne fais.

Alexandre : Et je pense d’ailleurs que, notamment en France, n’importe qui devrait faire attention à ce qu’il mange, pas seulement les séropositifs en général.

Yann : Mais on a quand même une chance et peut-être que ça va changer, étant donné qu’Ilaria notre responsable au Comité des familles de l’ETP est en plus diététicienne donc peut-être elle va réussir à faire prendre une conscience à nous tous séropositif. Je suis en attente.

Sandra : Oui, bientôt on aura une balance au Comité des familles.

Yann : Voilà une mauvaise idée ! Une idée qui peut faire que complexer les personnes comme moi (rires).

Alexandre : J’ai hâte de la tester cette balance.

Yann : Soirée balance, je ne sais pas si on va avoir beaucoup de monde.

Alexandre : Wouh ! Enorme ! (rires).

Christian : Une grosse différence, au départ, de culture, s’il faut parler de bouffe vraiment, moi je sui Bantou, Africain et quand je suis trempé dans cette Europe et que je me retrouve à manger des repas que je n’ai pas connu et tout ça, vraiment, comme Sandra disait, parler d’alimentation ça demande les moyens, un toit, ça demande beaucoup de choses et une bonne adaptation à tout ça. Donc, c’est très difficile.

Sandra : Bah merci Alexandre pour cette chronique. Ca faisait plaisir de l’entendre à nouveau et n’hésitez pas à réagir sur le site comitedesfamilles.net

Transcription : Sandra JEAN-PIERRE