Le VIH vu du web : Pécresse se moque des malades / 1 million de séropositifs en Russie / 1 injection à la place du traitement VIH

, par Sandra

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Sandra, Alexandre, Jenny et Marie
Le VIH vu du web : Pécresse se moque des malades / 1 million de séropositifs en Russie / 1 injection à la place du traitement VIH

Alexandre : Comme vous le savez, la semaine dernière avait lieu la conférence de l’épidémiologiste France Lert. Vers un Paris sans SIDA, c’est le titre de son rapport. Le 3 90 d’ici 2020 dans Paris, c’est possible, et si l’objectif est atteint, on peut espérer un horizon sans nouvelle contamination en 2030. Le 3 90, qu’est-ce que c’est, c’est 90% au moins de personnes séropositives diagnostiquées, 90% au moins de personnes diagnostiquées traitées, 90% au moins de personnes traitées en virémie contrôlée, ce que nous appelons charge virale indétectable. En 2014, en France, 96% des personnes séropoitives étaient traitées et 94% de ces personnes étaient en charge virale indétectable. C’est au niveau du dépistage que le bat blesse, 81% des personnes étaient diagnostiquées. Vous ciblez le problème, l’effet protecteur du traitement sur la transmission n’est pas possible tant qu’il n’y a pas eu de diagnostic. Mais vous voyez, s’il reste du chemin, nous sommes sur la bonne voie. Vers un Paris sans SIDA, pourquoi spécifiquement Paris ? En 2014, la moyenne de découverte de VIH en France est de 100 cas par million, à Paris, elle est de plus de 500 cas par million. La prévalence est 5 fois plus élevée à Paris. Il a été question de la prévention combinée, la mise en avant de la PrEP, du préservatif, du traitement et du dépistage le plus fréquent possible. Le reportage complet, le discours de France Lert, d’Anne Hidalgo, les moyens économiques mis en place, ne ratez pas notre reportage, il sera diffusé la semaine prochaine.

Vous le saviez, il a été aussi question de cette mesure discriminatoire du Conseil Régional d’Île-De-France visant les personnes en situation illégale bénéficiant de l’Aide Médicale d’Etat. Valérie Pécresse a en effet supprimé les aides aux transports pour ces personnes, arguant ironiquement que ça n’était pas à la région de leur payer leur nouvelle télé. “Ils ne peuvent pas s’offrir une télévision, est-ce que c’est notre rôle de leur offrir une télévision ?”. Oui, oui, se déplacer est vu par Madame Pécresse, comme un loisir, que dis-je, un luxe accessoire. Elle n’a visiblement jamais eu le problème de la recherche d’emploi ou des démarches administratives, ou même du déplacement pour soins à régler. Lorsqu’une personne malade arrive en France, elle ne peut souvent pas se permettre d’attendre la régularisation de ses papiers. Ne serait-il pas plus intelligent de favoriser une simplification administrative pour la régularisation de la situation de ces personnes précaires, comme le préconise le rapport de France Lert ? Non, stigmatisons, isolons, toujours plus, toujours plus. Et après on s’étonne que la précarité et le désespoir augmente. Toute personne a droit à se déplacer pour se soigner, pour vivre. Le déplacement est une condition sine qua non de la recherche de l’emploi, et à terme de l’intégration de la personne présente en France. Et après, ça vient pleurer sur une montée du communautarisme, mas en réalité, l’intégration, ils n’en veulent pas, et cette mesure est un véritable crachat fait à toutes les personnes immigrées séropositives en situation le plus souvent précaire. Je l’avais déjà dit dans une émission précédente, les malades doivent passer avant toute considération économique, tout besoin d’effort budgétaire. C’est mon point de vue. Valérie Pécresse, par cette mesure, vous vous moquez des malades, vous vous moquez éperdument de l’évolution du VIH chez les personnes qui viennent ici par nécessité, par seule volonté de survivre. Une pétition existe en ligne, sur Change.org, Rétablissez les aides aux transports pour les personnes sans-papiers, c’est notre demande, c’est absolument nécessaire, et croyez-moi, ça n’est pas cela qui plombera encore plus le porte-monnaie des Français.

Sandra : Anastasie, est-ce que tu étais au courant de cette nouvelle mesure qu’a fait voté Valérie Pécresse ?

Anastasie : Oui, mais je ne me suis pas vraiment étendue sur la question. Mais je suis au courant effectivement. Et je trouve ça vraiment inadmissible et inhumain au fait.

Sandra : Et vous, je ne sais pas si au sein de votre association, vous en avez entendu parler, Jenny et Marie ?

Marie : Non. On vient de découvrir cette mesure et évidemment on s’associe à tous ceux qui sont contres cette mesure, parce qu’elle est discriminatoire et je pense qu’à l’heure où en est en ce moment en France, on n’a pas besoin de ça en plus.

Sandra : Voilà, ensemble, c’est comme ça qu’on arrivera à se faire entendre. Attention, Valérie Pécresse, on arrive ! Bon, on poursuit avec tes autres informations Alexandre.

Alexandre : Le 19 mai dernier, j’en parlais déjà dans le VIH vu du Web, la Russie avait 930 000 personnes vivant avec le VIH, nombre augmentant terriblement à cause de la dégradation déplorable de la politique de prévention dans le pays, stoppée par la logique orthodoxe extrémiste du gouvernement. C’était il y a 8 mois, et plus récemment on parlait du million de malades atteints avant 2020. Nous sommes en 2016, le million de malades, c’est un fait, nous y sommes. C’est le site Internet PourquoiDocteur qui a relayé l’information la semaine dernière, le Président du centre fédéral AIDS de Russie Vadim Pokrovsky a sonné l’alerte, et était même allé plus loin en assurant à Reuters que le seuil du million et demi de malades était sans doute déjà franchi. Bon, la Russie, c’est 144 millions d’habitants, il y a donc 1% de la population qui est séropositive en Russie, l’un des chiffres gigantesques qui obscurcissent l’horizon d’un avenir sans SIDA. En effet, en 2014, 90 000 nouveaux cas VIH ont été déplorés. 57% des personnes contaminés l’ont été par le biais d’injections de drogues. Et pour finir avec des chiffres, 30% des personnes séropositives seulement sont traitées.

Sandra : Voilà, jackpot ! Un million de personnes séropositives en Russie, malheureusement. Et j’ai peur que ça ne cesse de…

Alexandre : Un million au moins.

Sandra : Oui, ceux qui se connaissent. Et j’ai peur que ça augmente. Je ne sais pas si vous connaissez la situation des personnes vivant avec le VIH en Russie ?

Anastasie : Non.

Sandra : Et d’ailleurs, la Russie c’est un pays qui interdit l’entrée des personnes séropositives.

Alexandre : Ca fait partie des 40 pays qui interdisent l’accès aux personnes séropositives.

Sandra : N’hésitez pas à réagir sur le site comitedesfamilles.net. Une autre info Alexandre ?

Alexandre : Cette fois on va parler de nanotechnologies. Alors je vous arrête immédiatement, ne changez pas de chaîne (déjà parce que ça servirait à rien, c’est pas la télé), il s’agit d’une possible avancée connue et pistée depuis des années déjà. En quoi les nanotechnologies peuvent avoir leur utilité dans l’avancée des traitements ? Alors, je vais essayer de faire au plus court, les médicaments par voie orale ont plusieurs défauts, il n’atteignent pas toutes les cellules de l’organisme, ce sont comme des matériaux brutes qui vont tomber et se dissoudre d’un coup. C’est pourquoi il y a nécessité de reprendre son traitement tous les jours, ou plusieurs jours par semaines pour les patients en allègement thérapeutique. Avec l’injection de traitement anti-rétroviral, et non plus ingestion, il y a la possibilité de s’aider de la nanotechnologie pour deux choses différentes. Eviter la surmédication en permettant aux ARV de se diffuser petit à petit, et donc d’espacer les prises de traitement, et atteindre les fameuses cellules réservoirs basées dans les forteresses du VIH comme les yeux, le système nerveux, les testicules, par exemple. Pour aller plus en détail, les nanotransmetteurs utilisés permettraient de diffuser une plus petite quantité d’ARV mais mieux répartie dans le corps et sur une plus longue durée. L’injection à la place de l’ingestion, concrètement, lorsque le site Sidaction.org a publié cet article en 2014, il était question d’une possibilité d’une injection par mois suffisante, et c’était vu comme une possibilité réaliste. Retournons désormais en 2016, selon le blog Seronet, à la mi-janvier, Michel Sidibé, donc le directeur exécutif de l’ONUSIDA, a évoqué les ARV par injections en Algérie lors d’une rencontre régionale sur l’accélération du dépistage du VIH dans la région Mena (Moyen-Orient et Maghreb). Les mots de Michel Sidibé, ce sont ces mots : “bientôt, les personnes vivant avec le VIH seront traitées par une seule injection, tous les quatre mois, au lieu d’un comprimé quotidien, comme c’est le cas actuellement”. Comment ? Grâce aux avancées thérapeutiques qui ont permis de réduire la palette de traitements administrés, ainsi que la fonte véritable du coût de la prise en charge thérapeutique par patient.

Sandra : Intéressant ! Je pense que ce serait une révolution assez bénéfique pour les personnes vivant avec le VIH. Qu’est-ce que tu en penses Anastasie ? Une injection au lieu du traitement. Est-ce que tu aimerais ?

Anastasie : Oui bien sûr. Mais pour l’instant cet un rêve. J’attends quand même le jour venu quoi.

Sandra : Oui, pour l’instant ce sont des études.

Anastasie : Ca reste des mots en fait. Je pense que tant qu’on n’a pas le résultat en pharmacie avec des personnes qui nous donne la chose et qui nous disent, faites ça dès demain, je pense qu’on peut prendre les informations mais il faut essayer de garder le plus de distance possible.

Sandra : On va ne pas s’enflammer, pas de fausses espérances, de fausses joies, c’est vrai. Information à prendre avec précautions. Puis n’hésitez pas à réagir sur le site comitedesfamilles.net

Transcription : Sandra Jean-Pierre