Le VIH vu du web : Alternative à la vaccination / La lettre ouverte de SOS Hépatites / Accès aux soins limité

, par Sandra

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Le VIH vu du web : Alternative à la vaccination / La lettre ouverte de SOS Hépatites / Accès aux soins limité

Sandra : La rubrique le VIH vu du web par Alexandre Bordes, c’est parti !

Alexandre : Des anticorps peuvent-ils éviter l’infection à VIH ? La rédaction d’Allodocteurs.fr a publié un article intitulé « VIH : des anticorps pour éviter l’infection ». Elle s’est basée sur une étude publiée dans la revue Nature le mercredi 27 avril dernier.

L’article nous explique le principe de l’immunisation passive, à savoir le fait d’injecter des anticorps chez une personne pour la protéger contre une infection à venir. Concernant le VIH, des recherches ont été faites sur des macaques. Les singes ont obtenu par cette technique une protection efficace contre une infection arrivant quelques jours après. L’article parle d’une protection des singes contre l’infection allant de 12 à 23 semaines. Les anticorps utilisés sont des molécules humaines provenant d’individus infectés par le VIH.

Alors, à cette avancée, on peut soumettre deux questions, premièrement, comment ça se fait qu’on ait pas trouvé ça avant ?

Je cite : « Selon le site Internet de la revue Nature, des études ont déjà mis en évidence que l’injection de ces immunoglobulines à des individus infectés permettait de diminuer de façon drastique, mais sur de courtes périodes, la quantité de virus présente dans le sang de ces personnes. Les chercheurs savent également que l’administration de ces anticorps à des singes, un ou deux jours avant une exposition au SHIV, les protège de la contamination.

La nouveauté de l’étude parue mercredi dernier est que " les auteurs ont voulu mimer ce qui est la réalité chez l’Homme, c’est-à-dire des doses plus faibles [que dans les expériences précédentes]. Auparavant, on faisait une injection d’immunoglobulines puis on exposait des souris ou des macaques à une seule grosse dose de virus, 10 à 100 fois plus forte que ce que l’on estime être la dose transmise à un humain lors d’une exposition au VIH. La nouveauté, c’est qu’une seule injection d’anticorps ultra puissants permet de protéger les singes d’une inoculation répétée du virus SHIV, même à faible dose ; mais la dose n’est pas plus faible que ce que l’on verrait chez l’Homme ; c’est plus faible que ce qui a été fait par le passé dans ces modèles" précise le Dr Mouquet. »

Il s’agirait donc là d’une alternative à la vaccination, utiliser des anticorps en guise de prophylaxie pour les populations à risques. La prophylaxie, je vous rappelle, c’est le processus qui permet d’éviter la transmission et la propagation de la maladie.
C’est une avancée à suivre, on aura l’occasion d’en reparler dans une émission spéciale prévention dans le courant du mois.

Comme d’habitude, je poste le lien de l’article sur Twitter @VIHRadio, il est tiré de Francetvinfo.fr et s’intitule VIH : des anticorps pour éviter l’infection.

Sandra : Vos réactions sur le site comitedesfamilles.net. Est-ce qu’il y a des réactions autour de la table ? Des questions pour Alexandre ?

Yann : Non, ça parait être une avancée supplémentaire.

Sandra : A suivre, comme toujours la recherche. Une autre info Alexandre ?

Alexandre : On continue avec le VHC. J’en profite pour prévenir les éventuels néophytes de l’émission, lorsque l’on dit VHC, on parle de l’hépatite C. Pour l’hépatite B, c’est le VHB par exemple.

J’en reviens à mon sujet, l’association SOS Hépatites a envoyé une lettre ouverte adressée à Marisol Touraine, notre ministre de la Santé. Ce texte contient divers témoignages de personnes atteintes d’hépatite C. Des personnes qui ont 40 % de fibrose qui n’autorisent pas le traitement, qui manquent d’argent pour partir à l’étranger et pouvoir ainsi profiter de ces nouveaux médicaments. Car en effet, ces dernières années, pour résumer le contexte en une seule phrase, on peut soigner l’hépatite C et surtout en guérir complètement. Et cela grâce à des nouveaux traitements qui agissent en plusieurs mois. Seulement, le prix de ce traitement, c’est plusieurs dizaines de milliers d’euros, il est donc pour le moment destiné aux cas de VHC les plus avancés. Voilà, ça c’est un résumé grosso-modo et absolument pas détaillé du sujet.

Je cite Seronet, via lequel j’ai découvert l’information : « Pascal Mélin, hépatologue et président de SOS hépatites rappelle dans cette lettre ouverte que le "gouvernement a fait le choix de rationner l’accès aux soins, réservant ces traitements aux malades à un stade avancé de la maladie, en violation directe avec notre constitution et nos principes d’accès à la santé". L’association conteste d’autant plus ce choix que l’Etat "possède pourtant des outils légaux pour s’opposer aux laboratoires pharmaceutiques qui pillent notre système de santé solidaire". Même si des discussions entre tous les acteurs ont lieu pour un élargissement des critères actuels voire un accès à toutes les personnes vivant avec le VHC, SOS hépatites voulait faire passer le message qu’aujourd’hui "les malades ne peuvent plus attendre". C’est ce qu’ils expriment dans des témoignages que publie le site de l’association.

Chaque jour, jusqu’au 25 mai 2016, date de la journée nationale de lutte contre les hépatites virales, le site publiera de nouveaux témoignages sur les conséquences de l’accès limité aux traitements actuellement en vigueur. »
L’autre problématique est l’existence de génériques présents à l’étranger, de plus en plus de malades s’exposent au risque de la contrefaçon car certains médicaments génériques sont présents pour 500 euros dans certains pays lorsque le coût du traitement en France est supérieur à 40 000 euros.

Je vous invite à lire l’intégralité de l’article de Seronet et bien évidemment, la lettre ouverte de SOS Hépatites que je poste sur Twitter dès maintenant.

Sandra : Vos réactions sur le site comitedesfamilles.net. Ca, c’est encore une lutte.

Yann : J’ai envie de mettre un coup d’éclairage aussi sur un article à propos de tout ce trafic de médicament et notamment les médicaments qui soignent de l’hépatite C. Sur le dernier numéro de Siné Mensuel du mois dernier que vous trouvez encore en kiosque.

Sandra : Merci. D’autres réactions ?

Yann : J’ai tellement parlé sur cette radio du cursus difficile pour obtenir mes médicaments, malgré une confiance absolue après 22 ans avec la même infectiologue. Renseignez-vous avant d’aller faire la demande parce qu’en insistant un petit peu, effectivement, vous n’êtes peut-être pas en F3, fibrose 3, comme tu disais Alex, mais voilà quoi, le médecin est quand même là pour nous donner les médicaments qui existent et on ne doit pas entendre des trucs comme “comprenez la sécu ça coute cher, etc.”. Revenez vers SOS Hépatites et vers les associations pour savoir, pour vous renseigner et déjà ne pas être un mouton face à la caste des médecins.

Sandra : N’hésitez pas à nous demander des renseignements au 01 40 40 90 25. Alexandre, la dernière info ! Oui, tu as un son pour nous.

Début de l’enregistrement.

Eric Goemaere : Le fait que 3 personnes sur 4 ne soient pas sous traitement dans cette région-là a deux conséquences principales. Première conséquence, qui est sur la mortalité, même si ce n’est que 18% du total des gens qui vivent avec le VIH. En fait on estime que c’est 27% de la mortalité qui est attribuable au VIH. Donc il y a une surreprésentation de la mortalité et elle augmente puisqu’aujourd’hui la seule manière, et on le sait bien, de prévenir cette mortalité, c’est de traiter les gens. Il y a 10 ans, on était entre 10-15%. Aujourd’hui on est à 27%. Donc de plus en plus parce que cette région est délaissée en terme de traitement, il y aurait une mortalité importante. Deuxième conséquence, c’est une conséquence sur l’incidence. L’objectif aujourd’hui n’est plus uniquement d’arrêter la mortalité, c’est d’arrêter l’épidémie. L’ONUSIDA a donné des objectifs très clairs, de contrôle de l’épidémie en 2020 et de l’arrêter en 2030 si on utilise le traitement à large échelle et on arrive à traiter 90% des gens qui sont infectés.

Alexandre : Une région dans laquelle 3 patients sur 4 n’ont pas accès aux soins, il s’agit de l’Afrique occidentale et centrale. Eric Goemaere est médecin et référent tuberculose et VIH pour Médecin Sans Frontières. C’est lui que vous venez d’entendre, là, dans cet extrait tiré d’une vidéo réalisée pour le Huffington post. 5 millions de personnes infectées par le VIH n’ont pas accès aux soins en Afrique occidentale et centrale. C’est le titre de l’article, la vidéo dure 7 minutes, et le rapport de Médecin Sans Frontière qui établit ce fait s’intitule « Le Prix de l’oubli ». 3 patients sur 4 n’ont pas accès aux soins en Afrique Occidentale et Centrale, je trouve ça aberrant, et je vous invite à lire le rapport de MSF ainsi qu’à visionner cette vidéo, « il faut arrêter l’épidémie du SIDA en Afrique occidentale et centrale ».

Pénurie de traitement, on est au coeur du sujet du jour je pense, Sandra, avec notamment l’appel de Pierrot qui devrait pas tarder à arriver.

Sandra : Peut-être mais je pense qu’il a eu un souci parce que là, l’heure avance et je pense qu’on n’aura malheureusement pas le privilège de l’entendre aujourd’hui. Vos réactions sur le site comitedesfamilles.net, je ne sais pas s’il y a une réaction particulière à ce que vient d’énoncer Alexandre ?

Esther : La même chose qu’avant non ? C’est du racisme encore. Extermination facile des populations. C’est des gros mots mais c’est comme ça. Il faut qu’ils assument. Les compagnies qui sont propriétaires des droits d’auteurs des médicaments qui mettent des prix abusifs. Un prix n’est pas une réalité. Une maladie est une réalité. Un prix c’est une invention.

Yann : Surtout quand on sait que l’Etat français peut contrer ce type de prix exorbitant. C’est le problème des lobbies quoi.

Transcription : Sandra JEAN-PIERRE