Un génocide sanitaire annoncé au Gabon : rupture de médicament VIH

, par Sandra

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Un génocide sanitaire annoncé au Gabon : rupture de médicament VIH

Sandra : De retour à l’émission de radio Vivre avec le VIH, normalement nous devrions être déjà avec Pierrot. J’espère qu’il va bien car il vit dans des conditions difficiles. En attendant, je vais vous faire un topo de ce qui se passe au Gabon.

Vous le savez, l’accès au traitement VIH n’est pas partout le même dans le monde. Trop de pays sont encore concernés par des ruptures de traitement VIH ou tout simplement la non disponibilité des traitements VIH. La semaine dernière, nous avons été interpellé par Pierrot qui vit au Gabon. Je vous lis son message qu’il nous a envoyé sur notre page Facebook :

ALERTE SANTÉ / LES PORTEURS DU VIH EN DANGER DE MORT

UN GÉNOCIDE SANITAIRE EST ENTRAIN DE SE PRODUIRE DANS NOTRE PAYS. IL N’Y A PLUS D’ANTIRÉTROVIRAUX.

N’est-ce pas catastrophique ! Les personnes vivant avec le VIH, PVVIH, vivent, depuis plus de 6 mois, un calvaire dû à la pénurie des Antirétroviraux, (ARV). Un sérieux danger pour leur survie. Conscientes que cette pénurie impacte négativement sur leurs vies, les PVVIH se sont retrouvées samedi 23 Avril courant, dans les locaux de l’ONG Lumière au carrefour Léon Mba.

Y a-t-il encore un ministère de la santé dans ce pays ????

Oui, Pierrot, je suis d’accord avec toi. Que font Paul BIYOGHE MBA, Célestine OGUEWA BA , Marie-Françoise DIKOUMBA, nommés tous les trois pour bosser au Ministère de la Santé, de la Prévoyance sociale et de la Solidarité nationale du Gabon ?

Nous le répétons sans cesse dans cette émission, Vivre avec le VIH, longtemps, aussi bien qu’une personne séronégative, c’est possible, à conditions d’avoir accès au traitement ! Mais à cause de gens incompétents placés à la tête du ministère de la Santé du Gabon, bati sur du sable, les Gabonais meurent du SIDA. En 2016, des séropositifs meurent encore du SIDA.

Imaginez-vous un peu, arrivez à votre service d’infectiologie et voir écrit : « Information : le service d’infectiologie informe aux patients et familles qu’il y a une rupture de médicaments antirétroviraux. Nous nous en excusons du désagrément et vous prions d’être tolérants. »

J’ai dû lire la dernière phrase plusieurs fois pour être sûre d’avoir bien lu. Et j’ai cherché la définition du mot désagrément. Ca veut dire : « contrariété, sujet qui cause du souci. Il s’agit généralement d’un événement, d’une information, d’une nouvelle fâcheuse. »

Là, on t’annonce juste que tu vas peut-être mourir car plus de traitement. Et en plus il faut être tolérant !

Non ! Refusons de les laisser faire ! Je ne sais pas encore comment nous pourrons faire du bruit sur cette affaire, mais nous sommes preneurs de toutes les idées. Ensemble, on peut et on doit faire pouvoir faire quelque chose car être bonne en santé devrait être accessible à tous.

Là maintenant, je comptais donner la parole à Pierrot, qui est un témoin direct de ce qui se passe au Gabon pour les personnes qui survivent avec le VIH. Mais malheureusement il n’est pas encore en ligne. J’espère qu’il va bien, je prendrai de ses nouvelles très rapidement. Et moi en fait, j’avais une idée, c’était d’écrire une lettre, qu’on va tous rédiger ensemble, une lettre qui s’adresse à ces différentes personnes qui bossent au ministère de la Santé du Gabon et envoyer des mails, les harceler pour qu’ils prennent conscience, leur envoyer plein de lettre, on commence comme ça. Communiqué de presse, pétition, faut vraiment faire du bruit là-dessus pour essayer de faire bouger les choses. Je ne sais pas ce que vous en pensez dans l’équipe ?

Alexandre : Je pense que c’est une bonne idée.

Sandra : Ouais, j’ai toujours des bonnes idées (rires).

Alexandre : Faut peut-être pas pousser non plus (rires).

Sandra : En tout cas, c’est pour dire à tous les Gabonnais séropositifs qu’on a pris conscience du problème et qu’on va faire des choses pour vous aider et c’est normal.

Yann : Ca va être difficile de toute façon parce que c’est un problème de corruption notable, qui existe dans beaucoup de pays africains notamment. Et donc, il faut savoir que ces pays sont subventionnés, touchent de l’argent pour pouvoir justement traiter les patients. Où est passé cet argent ? C’est la question fondamentale.