Déficiences cognitives : un vieillissement accéléré chez les personnes séropositives ?

, par Sandra

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Déficiences cognitives : un vieillissement accéléré chez les personnes séropositives ?

Sandra : J’ai une bonne nouvelle pour les personnes séropositives. Information que j’ai vu sur le site Actions Traitements.

"Les déficiences cognitives et les anomalies de la structure cérébrale ne semblent pas connaître un déclin accéléré chez les personnes vieillissant avec le VIH en comparaison avec des personnes séronégatives, selon une recherche présentée à la CROI en février dernier, à Seattle.

James Cole de l’Impérial collège de Londres et ses collègues ont comparé un groupe de 134 personnes séropositives sous traitement antirétroviral et un groupe témoin comprenant 79 personnes séronégatives. Les chercheurs ont conclu : « cette analyse ne trouve pas de preuves concernant le vieillissement accéléré du cerveau au fil du temps » chez les personnes avec une suppression virale continue.

Le trouble neurocognitif associé au VIH demeure une comorbidité mal comprise chez les personnes séropositives. Alors que la démence aiguë du sida est maintenant rare chez les personnes qui reçoivent un traitement antirétroviral efficace, des problèmes cognitifs plus subtiles – dont certains peuvent être révélés que par des tests spécialisés – restent courants. Le déclin cognitif est une préoccupation à mesure que les patients infectés par le VIH vieillissent ; plus de la moitié des personnes vivant avec le VIH aux Etats-Unis ont plus de 50 ans."

Sandra : Voilà, c’était la nouvelle que j’avais envie de vous annoncer. Qu’en pensez-vous ? Qu’avez-vous compris ?

Jean-Michel Gognet : On sait effectivement depuis quelques années qu’on a une dégénérescence un peu plus rapide que pour les personnes séronégatives. Ca, on le voit statistiquement. Il y a un risque de vieillissement prématuré qui occasionne des décès d’ailleurs plus précoces que moi je considère comme des décès qui sont liés au VIH directement.

Yann : On est de moins en moins dans un état de démence comme on a connu effectivement, bien avant la trithérapie où il y avait des cas très violents. Mais ça n’empêche pas qu’on a une reconnaissance quand même pour fréquenter suffisamment de séropositifs qui prennent des médicaments depuis 20 ans à quand même des déficiences de l’ordre de la mémoire. Et je te dirai Sandra, tu sais je pense encore à l’émission de la semaine dernière où on a reçu le spécialiste Jean-Philippe Spano où on recevait un des spécialistes du rein et du VIH à la Salpêtrière, où d’un seul coup il nous disait qu’il y avait une reconnaissance importante de cancers quand même chez les personnes séropositives alors que dans toutes les études qu’on avait eu un petit peu précédemment, c’était bien reconnu qu’il n’y avait pas de cancers plus présents chez les personnes séropositives. Bon, je te dirai qu’on entend tout et son contraire. Donc c’est un peu difficile.

Sandra : C’est vrai que quand j’ai lu cette info, j’ai appelé Actions Traitements parce que je ne comprenais pas. En même temps vous dites que ce n’est pas courant et en même temps à la fin vous dites à la fin que quand même on remarque que chez certaines personnes séropositives, il y en a quand même. Ils m’ont dit oui, mais quand on compare avec plein de personnes séropositives, finalement ce risque n’est pas aussi important qu’on peut le percevoir. Après, nous on va p’tre rencontrer des personnes séropositives qui ont des problèmes et tout ça, mais comparé à la population qui n’est pas séropositive, il ne faut pas s’inquiéter davantage. Après il m’a dit, si jamais vous avez des doutes, vous demandez à votre infectiologue de pouvoir consulter un neurologue et puis il va faire des tests rapides qui vont pouvoir vérifier si oui ou non, il y a vraiment de quoi s’inquiéter parce que je connais des personnes séropositives qui disent, j’ai des trous de mémoire et tout, mais n’est-ce pas normal ? Parce que ça peut arriver à tout le monde d’avoir des trous de mémoire. On ramène tout au VIH mais parfois c’est juste le fait qu’on vieillit, la vie fait que la mémoire est aussi moins performante.

Yann : C’est vrai que mes statistiques, j’ai vite compris qu’il fallait que je les fasse plus tôt par rapport à toute la fréquentation de personnes séropositives que je connais.

Jean-Michel Gognet : Moi, on m’a souvent dit qu’il y avait effectivement une prévalence aux cancers, aux problèmes cognitifs, etc. chez les personnes séropositives. Mais en revanche, ils se font beaucoup plus et beaucoup mieux dépistés. Donc effectivement la prise en charge est plus rapide, ce qui faisait qu’on pouvait arriver à avoir une vie correcte.

Transcription : Sandra JEAN-PIERRE