Saône-et-Loire : Saint-Valentin séromantique chez Jean-François

, par Sandra

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Saône-et-Loire : Saint-Valentin séromantique chez Jean-François

Sandra : Direction la Saône-et-Loire avec Jean-François. Question pour l’équipe radio et l’invité, la Saône-et-Loire ça se trouve où ?

Philippe Sogni : Bourgogne sud, Mâcon.

Sandra : Ah mais fallait pas le dire tout de suite, fallait les laisser chercher. Vous êtes trop forts pour nous.

Yann : Le médecin m’a enlevé les mots de la bouche.

Sandra : Oui, bien sûr.

Tina : Ce n’est pas loin de Lyon.

Yann : Pas très loin, c’est la route en tout cas.

Tina : Parce que Jean-François m’a expliqué que pour venir chez lui il faut aller direction Lyon.

Sandra : Ok. Effectivement c’est en Bourgogne, c’est le 71. Jean-François est un correspondant du Comité des familles et souhaite participer à l’émission Vivre avec le VIH, et je vous propose de l’écouter tout de suite.

Début de l’enregistrement.

Jean-François : Bonjour, j’ai 46 ans, je suis marié, j’ai des enfants et j’habite dans la Saône-et-Loire, pas très loin de Mâcon.

Sandra : Aujourd’hui si tu participes à l’émission de radio Vivre avec le VIH c’est parce que tu veux à nouveau lancer un appel à tous les séropositifs de ta région.

Jean-François : Exactement. Parce que je n’arrive à rencontrer personne ici. Je cherche pas tous les moyens qui me sont possibles d’avoir des contacts ici dans la région parce que c’est vrai que c’est assez difficile, pour se réunir, faire des repas, discuter de ce qui se passe sur Paris et tout ça et éventuellement même monter vous voir à plusieurs pour les grands événements et les choses comme ça.

Sandra : Au fond, à quoi ça servirait que tu puisses rencontrer d’autres personnes séropositives. Toi, par exemple, tu n’es pas dans un objectif de rencontre amoureuse puisque tu es déjà marié. Qu’est-ce que ça t’apporterait de rencontrer d’autres personnes séropositives et qu’est-ce que ça pourrait apporter aux autres selon toi ?

Jean-François : Je recherche un petit peu des personnes pour perpétuer ce qui se passe chez vous. Surtout pour faire quelques réunions, parler un petit peu de la maladie, des traitements, des choses que vous faites là-bas à Paris et puis l’été pouvoir sortir ensemble, faire des activités, faire des choses comme ça. Et puis aussi le fait que c’est vrai que je ne suis pas dans la recherche d’une situation amoureuse mais bon, ça peut être le cas de certaines personnes, éventuellement faire des rencontres pour que des personnes puissent se rencontrer aussi. Donc c’est un petit peu dans ce but-là que je le fais, pour un petit copier ce que vous faites sur Paris et après prendre des renseignements, venir vous voir pour les grandes occasions, essayer de créer quelque chose ici sur la région. Pour qu’il y ait quelque chose sur la région quand on est tout seul c’est un peu difficile.

Sandra : Ça fait des années que tu essayes de ramener du monde autour de toi. Qu’est-ce qui se passe ? Pourquoi les gens ne viennent pas ?

Jean-François : Je pense que peut-être les gens essayent d’être plus discrets qu’à Paris. À Paris je pense qu’il y a tellement de monde que les gens ne font pas attention donc ils ont peut-être plus la facilité de pouvoir se rencontrer. C’est vrai qu’ici en campagne c’est peut-être un peu plus compliqué, les gens se cachent peut-être davantage. J’ai du mal à comprendre un petit peu pourquoi.

Sandra : Toi, tu n’as pas peur que les gens sachent que tu es séropositif ?

Jean-François : Moi je n’ai pas de problème entre séropositifs quoi. Après je ne me cache pas plus que ça. Moi, je vais à ma pharmacie à côté, je prends mon traitement tout ça. Bon après je ne suis pas quelqu’un qui le crie sur tous les toits non plus. Moi, ça ne me dérange pas que les gens connaissent ma séropositivité et puis bon qu’on puisse en parler. De toute façon, toutes les démarches pour rencontrer les personnes resteront confidentielles et discrètes. Après, les personnes qui veulent aller plus loin, on verra.

Sandra : Un journaliste avait fait un article sur toi qui était anonyme, il y avait juste une photo de tes mains mais, c’est un petit village et du coup quelques voisins se sont rendu compte que ça parlait de toi. Ils ont appris ta séropositivité. Comment ces gens-là ont réagi ?

Jean-François : Je n’ai pas eu de problème par rapport à l’article. Les personnes qui m’ont reconnu ont bien réagi. Je n’ai pas eu de soucis par rapport à ça, je n’ai pas été jugé, j’ai bien été accepté. Il n’y a pas eu de retombé sur mes enfants, par rapport à l’école ou quoi que ce soit. Je suis quelqu’un d’assez ouvert, que les gens connaissent ce que je suis ça ne me dérange pas. Après ça peut déranger d’autres personnes. Moi je ne suis pas dans ce cas. Les gens acceptent beaucoup plus le fait qu’on soit séropositif avec les traitements, tout ça, les informations qu’on peut avoir. Donc moi personnellement je n’ai pas eu de soucis. Beaucoup de gens qui m’ont reconnu, beaucoup de gens qui m’ont dit : « on aurait préféré que tu nous le dises toi-même que de l’apprendre par le journal ». Après c’est un choix que j’ai fait, les gens que je rencontre je ne leur dis pas non plus spécialement que je suis séropositif. Ca regarde que moi. Après dans un cadre plus investi, à ce moment-là, je suis là. Moi je ne suis pas dans ce contexte, je ne me pose pas la question de est-ce qu’on va découvrir ou pas, je m’en fous un peu. J’assume ce qui je suis et jusqu’à présent je n’ai pas eu de problème par rapport à ça.

Sandra : Tu disais que tu souhaiterais rencontrer d’autres personnes concernées par le VIH pour faire des sorties conviviales, mais aussi pour parler de sujets qui concernent le VIH. Est-ce qu’il y a un sujet, des questions que tu te poses particulièrement sur le VIH ?

Jean-François : Je ne me pose pas trop de questions parce que j’ai quand même beaucoup de renseignements et puis c’est vrai qu’avant j’étais sur Paris, j’étais avec vous, dans vos locaux tout ça. J’ai quand même eu beaucoup d’informations par rapport à ça. Je vois régulièrement vos invitations, que ce soit pour les repas ou pour les réunions que vous faites avec les médecins et tout ça, c’est vrai que par rapport à ça, j’aimerai pouvoir le partager avec d’autres personnes. Toutes les choses sont intéressantes, les nouveaux traitements, si on arrête le traitement comment ça se passe, etc. Même si moi je ne suis pas pour arrêter le traitement, ça n’empêche pas d’en discuter, de parler, d’avoir l’avis d’autres personnes, etc. D’ailleurs reprendre un petit peu vous ce que vous faites de votre côté et discuter de ça entre nous après et voir ce que ça peut nous apporter, etc.

Sandra : Tu sais qu’il y a quelques années, il y a quelques correspondants qui ont réussi à organiser une soirée séromantique dans leur commune ?

Jean-François : Le problème c’est que je n’ai aucun contact. J’aimerai bien pouvoir faire ça, surtout que moi j’ai de la place où je suis. Je suis quand même dans un endroit assez discret et puis quand même assez facile d’accès par rapport au transport. C’est vrai que je pourrai faire ce genre de choses, je serai intéressé. Faudrait qu’on soit au moins une dizaine.

Sandra : Pourquoi pas lancer une invitation aujourd’hui ? Prochaine fête séromantique, il y en aura une en Saône-et-Loire, le 14 février, ça tombe un vendredi, pourquoi pas commencer dès maintenant et lancer les invitations ? Peut-être que tu auras du monde qui va venir ?

Jean-François : Pourquoi pas ! Je serai heureux de pouvoir faire quelque chose pour la Saint-Valentin. C’est la Saint-Valentin le 14 février ?

Sandra : C’est ça. Chacun amène à manger, une boisson et puis ça fait une belle fête.

Jean-François : Tout à fait.

Sandra : Et tu t’occupes de la musique ?

Jean-François : Ah bah moi je m’occuperai de la musique, il n’y a pas de problème, on fera la fête, on discutera. Ça peut être une très bonne soirée et si ça peut faire rencontrer des personnes, ce serait un plus.

Sandra : L’invitation est lancée et puis j’espère que des gens vont s’inscrire.

Jean-François : J’espère aussi, j’aimerai bien. Je serai heureux de les accueillir. En plus je pense que je pourrai répondre à pas mal de leurs questions, du fait que moi je suis marié à une femme séronégative, qu’on a des enfants. S’il y a des personnes qui se posent des questions là-dessus, ils verront que quelqu’un qui est séropositif peut vivre avec quelqu’un qui ne l’est pas, faire des enfants et puis que ça marche. C’est vrai que ce serait quelque chose de formidable.

Sandra : Je te remercie Jean-François, j’espère que l’appel va prendre, si tu veux à nouveau participer à l’émission, que ce soit pour apporter l’information, pour poser des questions, réagir sur un sujet, n’hésite pas.

Jean-François : D’accord. Si tu as des personnes qui te contactent, tu leur donnes mon contact.

Fin de l’enregistrement.

Jean-François : Vous l’avez compris, une belle fête va se faire chez Jean-François à l’occasion de la Saint-Valentin. Enfin, elle va se faire si et seulement si vous vous bougez pour participer. Ce sera le 14 février et vous pouvez déjà vous inscrire au 01 40 40 90 25. Franchement, si vous êtes dans le coin, c’est vraiment à ne pas hésiter. Jean-François c’est quelqu’un de très sympa avec une chouette famille. Vous aussi, dans l’équipe radio, vous le connaissez bien.

Yann : Oui, tout à fait. Pour y être allé plusieurs fois chez lui où il avait fait déjà un rassemblement un petit peu avec toutes les personnes de Paris, avec ceux qui voulaient venir. On devait être une dizaine de Paris. C’est vrai qu’il y a une vraie fraternité, c’est un moment très agréable. Des personnes très ouvertes, aussi bien lui que sa femme, ses enfants sont charmants donc j’espère que sur le coin il va pouvoir ramener du monde. Peut-être essayer aussi auprès d’une radio locale d’en faire mot dans sa région. Je pense que ce serait bien aussi qu’il fasse un petit courrier à la mairie, au département de la santé, je pense aussi à la jeunesse, il peut parler du fait que le Comité des familles, nous on se déplace pour faire les témoignages, on ne sait jamais, ça peut intéresser. C’est pour montrer tout le panel que le Comité des familles peut proposer.

Tina : Et puis aussi pour trouver du monde, on sait où les trouver les séropositifs, ils sont à l’hôpital. Je sais que c’est souvent compliqué de faire ce genre d’annonce, faire de la publicité pour une association mais, en général le Comité des familles est assez bien connu dans toute la France. Donc on va ensemble avec Jean-François essayer de voir si dans son hôpital ils peuvent mettre une affiche. Je pense que c’est le meilleur pour trouver du monde dans région. Et puis, même s’il y a une fête soirée séromantique pour la Saint-Valentin à Paris, je pense qu’il y a une petite délégation qui partira pour le soutenir parce que comme il dit, être seule à organiser, ce n’est jamais facile et comme on a un peu de l’expérience, lui aussi il en a, ce serait un petit groupe qui pourrait prendre en charge l’organisation.

Yann : Oui, il a toujours dit qu’il pouvait loger les personnes donc ça c’est aussi un point important.

Tina : En tout cas bravo Jean-François, ça fait plaisir d’entendre que tu es toujours actif comme toujours.

Sandra : Dans la discussion, Jean-François a parlé de la possibilité de faire un bébé quand on est concerné par le VIH. Si vous avez des questions là-dessus vous pouvez nous appeler aussi au même numéro 01 40 40 90 25, ou bien laisser un message sur le site comitedesfamilles.net. Qui dans l’équipe veut bien expliquer comment cela s’est passé pour Jean-François sachant que lui a choisi avec sa femme la manière naturelle pour concevoir leurs enfants ?

Tina : Comme je connais sa situation, on en a parlé et je sais qu’il est à l’aise d’en parler à la radio. Donc lui il est sous traitement, il prend la trithérapie, il est indétectable depuis des années. Avec sa femme qui est au courant de sa situation, qui a bien compris aussi de quoi il s’agit, elle sait qu’il prend bien ses traitements et qu’il est indétectable. Ils ont décidé de leur faire naturellement, c’est-à-dire comme tout couple et le fait qu’il soit indétectable et sous traitement et que c’est un couple stable, le risque de contamination est extrêmement faible.

Sandra : Des informations que vous retrouverez dans la rubrique sexe et sexualité du site comitedesfamilles.net.

Transcription : Sandra Jean-Pierre