C’est quoi une co-infection VIH/hépatite ?

, par Sandra

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Sandra, Karine Lacombe et Julienne
C’est quoi une co-infection VIH/hépatite ?

Sandra : Co-infections par les virus des hépatites donc c’est un chapitre du rapport Morlat, le rapport sur la prise en charge médicale des personnes vivant avec le VIH. Karine Lacombe a participé à la rédaction de ce chapitre est avec nous à l’émission « Vivre avec VIH » pour en parler. Yann aurait beaucoup aimé être là puisqu’il a pas mal de questions en fait, car quand il se présente il le dit, il est co-infecté VIH/VHC et donc du coup il a pas mal de questions, notamment sur les nouveaux traitements et lui il dit à chaque fois qu’il n’est pas prêt pour prendre un traitement pour traiter son hépatite C parce qu’il a très peur des effets secondaires . Il a des amis qui ont pris le traitement pour l’hépatite C et parfois ça n’a pas marché. Mais avant de rentrer dans tout ce genre de détail, nous allons revenir sur les bases. Une co-infection qu’est-ce que c’est ? Une hépatite, qu’est-ce que c’est ? On en parle souvent à l’émission mais finalement, on n’a pas défini ce que c’est. Alors Karine Lacombe, une co-infection qu’est-ce que c’est ?

Karine Lacombe : Une co-infection VIH/Hépatite virale c’est l’association d’une infection par le VIH et d’une hépatite virale chronique. Je dis bien chronique parce qu’il existe des hépatites aiguës dont on guérit, par exemple l’hépatite A, l’hépatite E. L’hépatite C et l’hépatite B ont comme caractéristiques de pouvoir d’être aiguës quand on acquiert le virus et dans certains cas d’évoluer sur un mode chronique. En général quand on est infecté par le VIH, on a plus de risque d’évoluer vers la chronicité que quand on n’a pas le VIH pour l’hépatite B et l’hépatite C. En gros l’hépatite B quand on l’acquiert à l’âge adulte et qu’on n’a pas le VIH on en guérit dans 95% des cas. Il y a 5% d’évolution vers la chronicité. Et quand on est infecté par le VIH parce qu’on a des défenses du corps qui sont plus basses, on a plus de mal à se débarrasser du virus et donc dans ces cas-là, dans 25% des cas, on va devenir porteur d’une hépatite chronique. Donc 5% chez les non-VIH versus 25% chez les VIH. Et pour l’hépatite C, 20% des personnes adultes qui acquièrent l’hépatite C hors VIH vont évoluer vers la chronicité. Ce pourcentage peut monter à 80% quand on est infecté par le VIH. La co-infection VIH hépatite virale chronique est une maladie qui est relativement fréquente parce qu’en plus, que ce soit l’hépatite B, l’hépatite C ou le VIH, les modes de transmission sont très proches. Donc quand on est à risque d’avoir le VIH, on est à risque d’avoir une hépatite B ou à risque d’avoir une hépatite C.

Sandra : L’hépatite C c’est aussi une infection sexuellement transmissible ?

Karine Lacombe : L’hépatite C, le mode prédominant de transmission c’est par contact sanguin. Donc c’est surtout par toxicomanie jusqu’à présent c’était le mode prédominant de transmission. Il y a quelques transmissions de la maman à l’enfant mais c’est très faible. Mais actuellement on a effectivement l’émergence d’un nouveau mode de transmission par relations sexuelles traumatiques ou par pratique sexuelle à l’occasion d’épisode toxicomanie qu’on appelle les slams parce qu’à l’occasion de l’utilisation de drogues qu’on dit récréative, on a des comportements sexuels qui sont plus à risque, plus de risque d’attraper l’hépatite C. Donc c’est une épidémie qui se concentre beaucoup dans la communauté homosexuelle.

Sandra : Parce que l’hépatite C, quand j’ai regardé la liste des IST, elle n’était pas dedans.

Karine Lacombe : Non. Ce n’est pas une IST traditionnelle mais dans la communauté homosexuelle c’est considéré comme une IST même si c’est surtout transmis à cause de contact traumatique, de rapports sexuels traumatiques avec des objets contondants, c’est-à-dire qui peuvent entrainer des lésions en particulier au niveau de l’anus.

Transcription : Sandra Jean-Pierre