A qui parler de sa séropositivité ?

, par Sandra

A qui parler de sa séropositivité ?

Sandra : AMVIE a été créée en 2004. Entre le moment où tu as appris ta séropositivité et le jour où tu es rentrée dans l’association, il s’est passé quand même pas mal d’années. Comment tu vivais, à qui tu pouvais parler de ta séropositivité ? Avais-tu besoin d’en parler ?

Carole : Pour moi, je ne sais pas comment expliquer ça mais, moi j’étais chez moi et voilà. Je ne sortais pas. Discuter de tout ça avec quelqu’un, non. J’étais juste chez moi c’est tout. Je sortais juste pour aller à l’hôpital et puis retourner chez moi.

Sandra : Tu en as parlé à tes enfants ?

Carole : Très tardivement. Ma fille, elle avait 9 ans. Entre 9 et 10 ans. Et mon fils là, c’était à ses 12 ans. Ca s’est très mal passé. Pour ma fille ça s’est très mal passé et elle a vraiment dérapé. Jusqu’à maintenant elle est toujours, entre parenthèses, sous les rails. Et mon fils, ça va quoi. Au moment où je lui ai annoncé, il a commencé à pleurer et puis 2, 3 jours après il m’a dit maman on est là, on va t’entourer et tout ça. Jusqu’à maintenant il est protecteur. C’est ce que moi je ne souhaitais pas et c’est ce qui arrive là. Il est trop rattaché, trop protecteur. Et puis lui il s’oublie. Il est plus du côté de maman, il pense plus à maman qu’à lui-même.

Sandra : Pourquoi as-tu pris la décision de leur en parler ?

Carole : Parce qu’ils en parlent à l’école. Tout jeune aussi il avait déjà commencé à faire la prévention quand on était à AMVIE avec ma fille aussi. J’aurais peut-être tendance à dire quelque chose qui rapportait à ça, mieux vaut que ce soit moi qui le dise.

Sandra : Tu les emmenais dans l’association mais eux ne savaient pas.

Carole : Non.

Transcription  : Sandra Jean-Pierre