Forum des auditeurs : « je pratique l’interruption de mon traitement VIH le dimanche »

, par Sandra

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Yann envisage lui aussi de ne plus prendre son traitement VIH le dimanche
Forum des auditeurs : « je pratique l’interruption de mon traitement VIH le dimanche »

Message laissé par Jean-Christophe :

J’ai eu une expérience différente, et je pense que PLEIN de gens ont essayé ICCARRE sans le dire, et plein de gens ont "oublié" aussi la parfaite observance, même sans le vouloir.

Contaminé très tôt, les diarrhées je les aie eues mais AVANT les trithérapies, à cause de la maladie seule, je ne prenais aucun traitement hormis l’Imodium , car il n’y avait rien contre le sida, juste un antibiotique qui prévenait une des maladies opportunistes. De 1987 à 1994 je n’ai jamais été à l’hôpital alors que j’avais ,été dépisté séropositif à l’armée en 1986. ne pas aller à l’hôpital m’a peut-être sauvé la vie à l’époque car on distribuait alors l’AZT qui a tué beaucoup de malades chez ceux qui ont continué à le prendre quand il ne fallait plus tellement ces effets secondaires destructeurs devenaient trop forts.

Puis il y a eu le NORVIR, dont le mauvais gout était magique. Une amertume persistante 30 heures après l’absorption . Inutile de dire que cette amertume n’avait aucune espèce d’importance , c’était le REMEDE, je savais bien que cela marchait, et je savais aussi que je n’avais rien développé comme maladie opportuniste grave malgré un an sans défenses immunitaires. la mort frappait chaque jour à la porte sans me voir, mais , rodant en permanence, le NORVIR épouvantable était le miracle. Je n’étais plus un miraculé , je devenais un DIEU sauveur, un rebelle absolu ; pas de capote , vivant, miraculé, et désormais conquérant. Tout se passe exactement comme je l’avais prévu ! ( à quelques détails près, gros détails....mais chez moi chaque épreuve imprévue devient une nécessité contingente dont une foi mystérieuse me fait triompher des dangers ). je suis porté par un but.

Je n’ai pas constaté d’effets secondaires, aucun, je les ai lus dans la presse, essentiellement les lipodystrophies, un détail, une blessure , une cicatrice, la seule chose comptant étant de survivre , de reprendre du poids et d’aller éventuellement me refaire une beauté le moment venu...tout a eu lieu, le NORVIR a perdu sa couleur orange de sirop magique pour devenir un banale pilule miniature, j’ai eu une observance de spartiate pour guérir , sans aucune difficulté. Je ne suis pas guéri par ce que je suis contagieux. Je ne fais aucune différence , le virus est sous controle : sois calme oh ma douleur, je te tiens bien en laisse . Quelques mois de vérification me font comprendre que le répit n’est pas un répit mais bien plus que cela , et renforcent ma rage contre la prévention officielle. Ma haine des médecins sida ne date pas seulement de ce moment là.

Dans la lutte contre le sida, les progrès de la science sont mon seul et unique critère .
Je prends garde uniquement à ne pas commettre les crimes de guerre tels que ceux commis par les médecins sida ou les associations contre leurs patients. Il y a quatre générations de médecins dans ma famille, Willy Rozenbaum jeune étudiant fut remplaçant de mon grand-père généraliste médaillé de la Résistance , j’ai la prétention de connaitre la grande tradition des grands noms de la tradition Française qui illustre le Panthéon médical international, et la médecine sida n’y rentrera jamais. Nous veillerons pour qu’il n’en soit jamais ainsi, en tout cas. Les francs tireurs auront leur jour de gloire, LEIBOWITCH assurément, Hirschel certainement, et quelques autres , ......

Les antibiotiques ne sont pas automatiques, les effets secondaires des lipodistrophies du ZERIT furent une réalité . mais si tous les médicaments ont des effets secondaires, les nouvelles trithérapies en ont très peu, rien qui ne permette de les distinguer d’autres médicaments de grande banalité. Mais à l’époque où j’ai testé en secret les interruptions de traitement, ce n’était pas le cas. J’ai compris bien avant Hirschel qu’on nous bourrait de médicaments non pour notre santé mais pour des raisons de contagiosité . Dès l’an 2000 je lis que les IST repartent et que le sida baisse. il n’y a pas besoin d’être une lumière pour comprendre l’effet préventif des médicaments. mais dans le même temps j’entends le discours officiel : même traité un séropo reste contaminant , alors , à quoi bon faire un effort ; je comprends que la recommandation de la santé publique relayée par mon médecin sida référent n’est en rien un discours en vue de mes intérets à moi.

J’essaye à l’aveugle une interruption très longue, 3 mois lors d’une année , entre deux tests qui ont lieu tous les 6 mois : ma charge virale est , au moment du test , à 200 environ. Je considère cela comme un succès. J’ai fonctionné comme cela 3 fois, et ma charge virale , rabaissée par la reprise des traitements avant la mesure, ne dépasse jamais 500. Qu’a-t-elle fait entre temps ? Pour le savoir, je fais l’interruption à 6 mois, après mon test, je ne prends aucun des médicaments, et 6 mois après j’ai une charge à 10000. j’invente auprès de mon médecin sida une excuse bidon, j’étais déprimé etc... ;je suis bien décidé à réagir, puis je tombe sur un article de Leibowitch et je constate mon erreur, qui n’est surement pas d’avoir réduit mes prises dans mon intéret évident, mais d’avoir pratiqué des interruptions longues au lieu d’interruptions courtes.

Mais il se trouve aussi que je ne pratique pas les interruptions courtes car entre temps j’ai lu l’avis suisse, et le scandale Hirschel . j’ai compris que non seulement j’avais mis le doigt dessus dès 2000 mais j’étais loin, très loin du compte : la charge virale basse ne réduit pas le risque de transmission, elle l’anéantit, très exactement elle réduit le risque 5 fois que le port de la capote bien mise . Cela change tout : cela signifie que depuis l’an 2000, la Science a obtenu ce que je voulais qu’elle trouve : le moyen de vaincre le sida sur les deux points : la guérison des malades ( au sens où désormais je vais vivre comme tout un chacun) et la prévention de la maladie par un traitement/ou un vaccin ( aucune importance le traitement est suffisant ).

ICCARRE :
La seule question qui m’importe c’est de connaitre la vitesse de reprise de la charge virale quand on interrompt le traitement, et de connaitre l’éventail des réponses indivuelles à ces interruptions. Combien de temps met la charge virale pour remonter d’environ 10/20 indétectable, à 1000/2000 , seuil où un petit risque de transmissibilité réapparait, puis 3000/5000 où il réapparait plus sensiblement ? Même question dans le cas d’une infection réactivant les défenses et augmentant la production des CD4 ?

Pour l’instant , je pratique l’interruption le dimanche, mais pas plus, ma priorité n’est pas mon confort déjà suffisant, mais mon intransmissibilité virale. Si le 4 sur 7 permet d’éviter d’éventuels effets secondaires à très long terme, je suis intéressé.
Je n’ai, en ce qui me concerne , pas besoin d’ICCARRE, je supporte et je prends très facilement tous les traitements , avec le repos dominical, vécu comme un rite traditionnel bienfaisant. Certains ont surement plus besoin d’ICCARRE que moi, et il y a un enjeu économique certain, donc épidémiologique tout autant.

Sandra : Qu’est-ce que tu en penses de son témoignage Yann ?

Yann  : Belle analyse, merci Jean-Christophe de nous éclairer, déjà de te dévoiler sur ta propre expérience. Et c’est toujours intéressant d’avoir comme ça le cursus de quelqu’un qui en plus était contaminé dans les années 86 et qui par chance toujours là pour pouvoir en parler. Donc big up !

Sandra : Big up mais j’insiste, je recommande aux personnes séropositives de ne pas interrompre leur traitement sans avis du médecin parce que, comme on l’a écouté à la dernière émission avec Richard Cross qui lui a fait ça, il a progressivement arrêté le dimanche, puis le samedi, puis il en prenait plus que 3 fois par semaine et après il a développé une grave maladie opportuniste qui a failli lui coûter la vie. Donc c’est vraiment très important de prendre son traitement. C’est contraignant mais surtout ne le faites pas sans avis de votre infectiologue. Et si vous souhaitez réagir à ce message, vous pouvez le faire sur le site comitedesfamilles.net.

Transcription : Sandra JEAN-PIERRE