Sâone-et-Loire : la journée mondiale de lutte contre le VIH/sida pas assez prise en considération selon Jean-François

, par Sandra

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Sâone-et-Loire : la journée mondiale de lutte contre le VIH/sida pas assez prise en considération selon Jean-François

Jean-François : Bonjour, je m’appelle Jean-François, je suis de la Saône-et-Loire. Je suis à l’association depuis maintenant à peu près une dizaine d’années. Chef de cuisine, je ne suis plus en activité. J’ai 48 ans, je suis séropositif depuis 2006. Je prends mon traitement 1 fois sur 2 suite aux conseils de mon médecin qui me suit à Mâcon. Mes résultats sont très bons et tout va bien. J’ai 3 enfants qui sont en bonne santé et voilà.

Moi sur ma région, je n’ai rien vu. Sur Mâcon je ne sais pas trop ce qui s’est fait, je n’ai rien entendu parler. La presse, je n’ai rien vu non plus mais bon, je peux dire qu’à la télé, ça a été aussi un petit peu vite vite parce qu’aux informations, c’est vrai qu’ils en parlent mais pas autant que le Téléthon, c’est vrai qu’il y a quand même une grosse différence par rapport à ça. Bon moi, par rapport aux activités du 1er décembre, on n’est pas assez sensibilisé je pense par rapport à prendre en considération plus le problème quoi.

Sandra : Tu es sorti le 1er décembre ou tu es resté chez toi ? C’est bizarre, ça m’étonne beaucoup.

Jean-François : Je suis sorti bien sûr. Je n’ai pas été jusqu’à Mâcon mais je vois les alentours où j’ai été Paray-le-Monial, Charolles, La Clayette, sur ces villes-là, il n’y avait aucune radio qui relayait quelque chose, aucune organisation, ni médecin ni les hôpitaux. Donc c’est vrai qu’on n’a pas eu beaucoup de sujets sur le 1er décembre dans la région.

Sandra : Et si tu avais un message à faire passer pour le 1er décembre, tu voudrais que ce soit lequel ?

Jean-François : Alors, j’aimerais qu’on puisse prendre peut-être la parole, essayer de se libérer parce que je sais qu’il y a quand même beaucoup de personnes qui s’isolent donc c’est vrai que du fait qu’ils sont séropositifs, ils n’en parlent pas beaucoup, à personne, ils se cachent un petit peu. Bon c’est vrai qu’il faut se mobiliser soi-même, essayer de se réunir pour faire une grande manifestation mais aussi dans les villes qu’on a. C’est un sujet à pouvoir développer. Essayer de se mobiliser.

Fin de l’enregistrement.

Sandra : Jean-François au micro de l’émission de radio Vivre avec le VIH. Lui aussi, il a besoin d’un coup de main. Il veut faire quelque chose pour les séropositifs de sa région. Il habite à Mâcon. N’hésitez pas, je rappelle le numéro 01 40 40 90 25. Yann, je vais revenir avec toi sur quelque chose qu’il a dit. Il a dit qu’il prenait son traitement une fois sur deux suite aux conseils de son infectiologue. Est-ce que ça t’étonne ou pas ?

Yann : Ça ne m’étonne pas parce que je suis au courant du projet ICCARRE, Leibowitch et tout ça. Mais voilà, ça me motive encore plus à réduire. Moi je crois que je vais en parler effectivement à mon infectiologue sur Saint-Antoine, Odile Picard, qui je pense ne va pas sauter en l’air de joie quand je vais lui proposer cette formule. Après il faut savoir qu’il faut que les médecins soient amis avec l’autre médecin pour défendre la cause souvent. Non, je taquine mais voilà. En tout cas, avec son accord ou pas, je vais stopper le dimanche et très vite trois mois…

Sandra : Comment ça avec son accord ou non ?

Yann : C’est-à-dire que je vais lui en parler. Si elle me dit Yann, moi personnellement, je ne trouve pas que ce soit une bonne idée, vous êtes très stable comme ça, vous avez un nombre de T4 très important. C’est vraiment dommage, c’est un gâchis. Bon. Je vais voir ce qu’elle me dit, là je parle à sa place donc ça n’a pas grand intérêt. Mais de toute façon je vais me soulager du dimanche en premier et ensuite faire un break sur le samedi et dimanche donc ça, ce sera dans 6 ou 1 an si tu veux, quand je verrai que mes analyses n’ont pas eu l’incidence à cet arrêt le dimanche, je rajouterai le samedi.

Sandra : Bon, alors ça c’est ton choix. Mais je rappelle aux personnes séropositives que Jacques Leibowitch a bien dit de ne pas ça tout seul. Pas d’automédication. En parler à son infectiologue et le faire sur surveillance médicale, ça ne sert à rien de le cacher.

Yann : Je vais en parler à mon infectiologue mais si elle n’est pas d’accord, je le ferai quand même et les résultats de mes analyses parleront.

Sandra : Certes, mais je n’approuve ton choix et je ne conseille pas du tout aux personnes séropositives de faire ça.

Yann : En revanche, je reprendrai mon traitement entièrement si je vois que mes résultats sont moins bons avec l’arrêt une fois par semaine ou deux fois par semaine.

Transcription : Sandra JEAN-PIERRE