Bruno, en couple sérodifférent : « Je continue à militer dans l’association parce qu’il faut continuer à vivre avec »

, par Sandra

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Bruno, en couple sérodifférent : « Je continue à militer dans l’association parce qu’il faut continuer à vivre avec »

Bruno : Bonsoir tout le monde. Je m’appelle Bruno. Je vis en couple sérodifférent. C’est moi qui suis séronégatif et ma partenaire est séropositive. J’ai entendu parler pour la première fois du VIH/Sida, j’avais 20 ans. J’ai appris ça, à l’hôpital, ma compagne était enceinte. J’ai appris qu’elle était séropositive en même temps. A l’époque, c’était compliqué, les médecins n’en savaient pas plus que nous. On s’est retrouvé avec… ils ont annoncé une grossesse extra-utérine. Donc on n’a pas pu garder l’enfant et ma compagne a eu une ablation des trompes. C’est vrai que c’était très compliqué. Malgré ça, notre amour a fait qu’on est resté ensemble 15 ans. Elle avait une fille, ça nous a permis de nous accrocher.

Au bout de 15 ans, on s’est séparé. J’habitais dans les Yvelines. Ca me fait plaisir de venir ici sur Conflans. J’ai grandi sur Mantes-la-Jolie. Je suis arrivé sur Paris, j’ai travaillé à la Courneuve, sur les 4000, je formais des personnes pour réparer des machines de photos. C’était des jeunes qui venaient de l’école de la seconde chance. Et puis j’avais du temps de libre, donc j’ai donné mon temps libre dans une association. Je voulais en savoir un peu plus sur ce qui m’était arrivé. Je n’avais pas pris trop d’informations, j’étais resté dans un petit cercle restreint. C’est vrai que l’association ça m’a permis d’en savoir plus. Ca coïncidait avec l’arrivée des trithérapies et les personnes arrêtaient de mourir. Les personnes mouraient un peu moins. J’ai continué aussi à militer dans l’association. Je me suis rendu compte que le recul de l’expérience des personnes séropositives cumulée avec celle des médecins, ils commençaient à nous dire qu’on mettait en place le TasP, c’est-à-dire qu’ils se sont rendus compte que le traitement rendait indétectable. Indétectable ça voulait dire plus contaminant. Et donc c’est vrai que dans l’association, il y avait pas mal d’activités et il y a une activité festive de rencontre, ce qu’on appelle les soirées séromantiques. Lors d’une soirée séromantique j’ai rencontré une personne et donc en même temps le désir d’enfant est revenu et donc on a eu un enfant qui est en bonne santé. Il a 6 ans. J’ai même une fille qui va bientôt avoir 2 ans. Donc je continue à militer dans l’association parce qu’il faut continuer à vivre avec.

Il y a aussi la PrEP. La PrEP c’est un médicament qui peut protéger. C’est le partenaire séronégatif qui prend le traitement pour protéger sa partenaire. Donc je trouve ça bien.

Fin de l’enregistrement.

Sandra : C’était Bruno au micro de l’émission Vivre avec le VIH qui témoignait face à des jeunes à Conflans. Il y avait aussi les parents qui étaient là, il y avait aussi des personnes plus âgées qui avaient l’âge d’être grands-parents, c’était assez intéressant comme expérience. Donc si vous à votre tour vous souhaitez le faire, on aura d’autres séances de témoignages qui vont se dérouler dans les lycées ou dans les universités, facs de médecine, n’hésitez pas à revenir vers nous, vous nous appeler au 01 40 40 90 25. Avez-vous quelque chose à dire ?

Christian : Je trouve toujours très intéressant de témoigner à visage découvert. C’est très bien pour ceux qui le font. Ils ont beaucoup de courage. C’est magnifique. Bruno a cherché des informations sur la pathologie à partir de 20 ans. C’est bien, c’est encourageant…

Sandra : Forcément, il était en couple avec une fille séropositive.

Christian : J’en viens, j’en viens. C’est exceptionnel, lui, il vit avec une femme qui est séropositive et lui n’a pas le VIH. C’est bien parce qu’il le dit devant au moins une centaine de personnes, à visage découvert. Ca fait du bien, ça remonte, ça booste l’esprit. Ca fait comprendre qu’effectivement ce n’est pas parce qu’on a cette pathologie qu’on est condamné à vivre dans la souffrance éternelle, non. Moi, j’encourage Bruno. C’est un exemple type. Une autre chose, la PrEP.

Sandra : La prophylaxie pré-exposition.

Christian : Ca aussi, de temps en temps on devrait parler de ça pour faire comprendre aux uns et aux autres que, sauf si je me trompe, tu vas me corriger, il est question que si ton partenaire est séropositif et que l’autre n’a pas de maladie, il commence à prendre le médicament des séropositifs.

Sandra : C’est pas le médicament des séropositifs. Mais effectivement, c’est le Truvada, c’est un médicament qui existe dans la trithérapie des personnes vivant avec le VIH, et donc c’est pour les personnes séronégatives qui souhaitent se protéger autrement qu’avec le préservatif même si c’est recommandé de quand même mettre le préservatif parce que la PrEP protège uniquement du VIH et pas des IST. Quelqu’un d’autre veut ajouter quelque chose ?

Mohamed : Je trouve qu’il est assez bien informé. C’est bien le message qu’il a transmis. Comme il disait avec la trithérapie maintenant, on a moins le risque de mourir. Bon, je connais Bruno. Je sais qu’il connait ICCARRE qui dit que tu peux prendre le traitement pendant 5 jours. Il a parlé de la PrEP, il sait que la prévention c’est toujours important aujourd’hui. C’est bien ce qu’il fait.

Transcription : Sandra JEAN-PIERRE