Mc Coco, rappeuse engagée : « Stop au silence, ne pas étouffer les souffrances »

, par Sandra

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Mohamed et Mc Coco à l’émission Vivre avec le VIH
Mc Coco, rappeuse engagée : « Stop au silence, ne pas étouffer les souffrances »

Sandra : De retour à l’émission de radio Vivre avec le VIH, et là maintenant on va parler de l’actualité musicale de MC Coco mais avant, j’aimerai que tu nous dises, parce que toi aussi le VIH ce n’est pas quelque chose qui t’est inconnu, tu es une femme engagée dans ce domaine. Peux-tu raconter qu’est-ce que tu fais ? Tu disais dans ta présentation que tu es maintenant avec l’association Basiliade ?

Mc Coco : Depuis l’Afrique, je me suis toujours intéressée à cette maladie qui est le sida parce que j’ai connu, j’ai eu beaucoup d’amis qui sont tombés malades et j’ai perdu beaucoup d’amis très proches même, que j’aimais beaucoup, qui m’ont été enlevés par cette maladie, ce qui m’a motivé à m’engager pour la lutte contre le sida. C’est déjà essayer de comprendre cette maladie, essayer de comprendre comment faire pour aider, passer des messages, aider les autres à mieux se protéger de cette maladie. Donc au Cameroun je continue la lutte avec des associations là-bas en place et aussi au niveau d’ici, je mène ma lutte avec Sidaction et beaucoup plus avec Basiliade. Basiliade qui est une association, située à la rue Béranger à Paris, métro République, qui accueille des personnes malades. Après, il y a tout un suivi, une équipe médicale, les psychologues et autres. Mais nous, nous faisons des permanences allant de mardi à dimanche, tous les soirs, à partir de 19h pour accueillir des personnes malades en situation précaire, autour d’un grand diner qui se passe toujours bien. Nous accueillons 15 à 20 personnes par soir, de mardi à dimanche. Après il y a le suivi des personnes malades.

Le 2 avril, nous avons l’inter LGBT qui organise le printemps des associations, qui rassemble plus de 90 associations. Ce sera le 17ème printemps de associations. Ca va se passer dans le marais. A l’espace des blancs manteaux à Paris, entrée libre, au 48 rue du temple. Ce sera très important. C’est un salon associatif qui permet aux associations gays, lesbiens, bi, transexuelles, à vocation culturel, familiale, défense de droits, sportif, politique, de présenter leurs activités. Et le 3 avril nous aurons aussi des ateliers. Ce serait très important que vous passiez par là. Nous allons avoir un stand, Basiliade avec l’association Acceptess-T, comme il y aura beaucoup de visiteurs, ce sera pour nous l’occasion de présenter ce que nous faisons dans notre lutte contre le VIH.

Entre autres, je lutte aussi beaucoup pour l’homophobie. Je suis déjà venue ici célébrer la femme, en tant que femme. Femme qui aime les femmes. Donc femme lesbienne. Ma vie a toujours été un très grand combat depuis la jeunesse et ça continue. Je travaille avec l’association ARDHIS, qui est l’association pour la reconnaissance des droits des personnes LGBT (Lesbiennes, gays, bisexuelles, transexuelles, qui quitte leur pays pour ici. On accueille les gens et il y a un suivi pour les aider à avoir un séjour en France, parce que dans leur pays, ils fuient les menaces, d’autres sont envoyés en prison, d’autres tués. Les personnes qu’on accueille sont originaires de partout. C’est déjà cette association qui m’a accueilli moi, quand je suis arrivée en France en 2007. C’est grâce à cette association que j’ai pu m’en sortir. Et comme j’ai pu réussir à m’en sortir, je ne vais pas baisser les bras et bien vivre ma vie, je continue dans la même lancée, je continue à aider des personnes qui sont en situation, qui sont dans des mauvaises conditions parce qu’elles sont LGBT, surtout en tant que femmes, femmes en souffrance.

Donc moi je suis rappeuse engagée dans toute cette lutte et aussi je suis beaucoup plus engagée dans la lutte des violences faites aux femmes. Moi, j’ai connu beaucoup de violences mais je ne parle pas pour moi, je parle pour les autres, qui sont encore en train de subir ces violences. J’ai une pensée pour toutes les femmes qui nous ont quitté à cause des violences. J’ai une pensée pour toutes les femmes maltraitées, discriminées. J’ai une pensée pour ma maman qui nous a quitté il y a de cela 22 ans et ça n’a pas été facile pour elle parce qu’elle était une femme violentée je peux dire. Le papa ne sera pas content, ce n’est pas grave. J’ai une pensée pour elle spécialement tous les 8 mars parce que c’était une femme de valeur précieuse, une femme brave. Je mène tous ces combats avec fierté. C’est d’ailleurs pour ça que j’ai opté pour la musique parce que j’avais pour objectif de passer des messages.

Se faire entendre n’est pas facile, se faire entendre en tant que femme, se faire entendre en tant que lesbienne, tout ça n’est pas facile. Donc j’ai opté pour les écrits. J’ai écrit des chansons, je passe des messages à travers les chansons. Je lutte contre toutes les discriminations qu’on peut tous subir. J’ai une pensée pour toutes les femmes qui sont retenues par des groupes islamistes, surtout les petites filles, les Nigériennes qui ont été retenues au Nigéria. J’ai une pensée pour toutes les femmes du monde entier. J’ai un message pour elle, j’aimerai qu’on lutte ensemble pour stopper toute cette souffrance, je voudrai qu’on se fasse entendre. Et pour se faire entendre il faut dénoncer les souffrances. Stop au silence, ne pas étouffer les souffrances et surtout refuser d’être victime. Lutter pour le changement. On peut se battre pour refuser d’être victime. On peut se battre pour l’égalité, la parité. On peut dire stop aux violences, stop au mariage forcé, en prenant la parole. On doit arrêter de subir.

Sandra : Merci Mc Coco, on arrive malheureusement déjà à la fin de l’émission. On va terminer par un de tes titres.

Diffusion du titre Mc Coco.